Un nuage de poussière de silice recouvrant les collines des secteurs d'Arnoun et du Chqif, près du château de Beaufort, après une série de dynamitages menés par les forces israéliennes, le 31 juillet 2026. Photo Marjeyoun / AFP
La destruction, le 31 juillet dernier par Israël, d'un réseau de tunnels souterrains du Hezbollah dans la région du château de Beaufort (Chqif), au Liban-Sud, ainsi que d'autres infrastructures dans la zone de Ali Taher, au moyen de centaines de tonnes d'explosifs, a porté un coup stratégique majeur au mouvement, selon des informations présentées dimanche au ministre israélien de la Défense, Israël Katz, et relayées par des sources militaires israéliennes au Jerusalem Post.
Selon de hauts responsables du commandement Nord de l'armée israélienne, contactés par le quotidien, Israël connaissait depuis des années l'existence des tunnels souterrains construits par l'Iran et le Hezbollah dans cette région. Ils ont ajouté que leur principale préoccupation est désormais que des infrastructures souterraines similaires existent encore dans le sud du Liban sans avoir été localisées ni détruites par l'armée israélienne. « Notre évaluation est que l'armée libanaise n'est pas en mesure de traiter ces sites. Si l'armée israélienne ne reçoit pas l'autorisation des responsables politiques en raison des restrictions américaines, le Hezbollah continuera de disposer d'actifs stratégiques », ont affirmé ces sources au quotidien, qui n'a fourni aucun élément concret pour étayer ces affirmations.
Un responsable sécuritaire israélien a indiqué que les services du renseignement militaire et le commandement Nord avaient acquis une compréhension beaucoup plus approfondie de l'ampleur de ce projet. « Ils ont compris le projet mené par les Iraniens dans le sud du Liban, son importance pour le plan opérationnel du Hezbollah visant à s'emparer de la Galilée et à y maintenir une présence, ainsi que ses liens avec d'autres sites souterrains », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, les responsables du commandement Nord ont affirmé que l'armée israélienne avait renforcé son contrôle opérationnel sur les principaux foyers d'activité du Hezbollah dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu.
Israël et le Liban négocient actuellement à Rome la poursuite des mesures prévues par l'accord-cadre conclu en juin dernier afin de pérenniser le cessez-le-feu et de désarmer le Hezbollah. Si cet accord est rejeté par le mouvement chiite, Israël a fait savoir à plusieurs reprises qu'il n'avait pas l'intention de se retirer du Liban-Sud, contrairement à ce qu'espèrent les autorités libanaises.


