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Société - Liban

4-Août : Aoun réclame l’acte d’accusation, « une nécessité qui ne souffre plus aucun délai »

Le chef de l’État appelle le pouvoir judiciaire à « prouver son indépendance et sa capacité à rendre justice aux victimes ».

4-Août : Aoun réclame l’acte d’accusation, « une nécessité qui ne souffre plus aucun délai »

« Le peuple, l’armée et la justice », peut-on lire devant les silos du port de Beyrouth, ravagé par la double explosion du 4 août 2020. Photo d’archives Matthieu Karam / L'OLJ

Six ans après l’explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, le président Joseph Aoun a appelé lundi le juge d’instruction chargé du dossier à publier l’acte d’accusation, estimant que cette étape est devenue « une nécessité qui ne souffre plus aucun délai supplémentaire ».

Dans un communiqué publié à cette occasion, le chef de l’État a rendu hommage aux victimes de l’explosion qui a ravagé de nombreux quartiers de Beyrouth, et insisté sur la nécessité d’aboutir à « la vérité, la justice et la reddition des comptes ». Plus de 235 personnes ont été tuées, plus de 6 500 blessées et des quartiers entiers de la capitale ont été ravagés par cette effroyable explosion, survenue après la combustion de centaines de tonnes de nitrate d’ammonium stockées dans le port.

« En ce jour, chaque année, tout le Liban se tient devant une blessure qui n’a pas guéri et une mémoire qui ne s’est pas éteinte », a déclaré le chef de l’État, ajoutant que le pays se remémore « l’horreur de cet instant où Beyrouth a tremblé dans ses profondeurs ». Le président a qualifié l’explosion au port de « tragédie dont notre histoire moderne n’a jamais connu d’équivalent », estimant qu’elle avait « changé le visage de la capitale, emporté des vies innocentes, laissé des centaines de blessés et provoqué des destructions qui ont touché les pierres avant d’atteindre les cœurs ».

Rendant hommage aux familles des victimes, Joseph Aoun a affirmé que cette commémoration ne constituait pas uniquement « une étape de deuil », mais « un rappel permanent d’un devoir qui ne tombe pas avec le temps : le devoir de vérité, de justice et de reddition des comptes ». « La blessure ne se refermera pas, et la nation ne retrouvera pas sa confiance dans ses institutions, tant que le processus de justice ne sera pas mené à son terme », a-t-il poursuivi.

Dans son communiqué, le président a particulièrement insisté sur la publication de l’acte d’accusation, un document toujours attendu dans une enquête qui a été marquée par de multiples recours et blocages judiciaires depuis son lancement. « J’affirme que la publication de l’acte d’accusation par le juge d’instruction chargé du dossier est devenue une nécessité qui ne souffre plus aucun délai supplémentaire », a-t-il déclaré.

Pour le chef de l’État, « la justice ne signifie pas la vengeance, mais l’établissement du droit, la révélation de la vérité complète, sans omission, et la sanction de tous ceux qui ont fait preuve de négligence, manqué à leur devoir ou causé cette catastrophe, quel que soit leur poste ou leur statut ». « La justice ne se divise pas, et la loi n’exclut personne de son autorité », a-t-il poursuivi. Il a également appelé le pouvoir judiciaire à « prouver son indépendance et sa capacité à rendre justice aux victimes », estimant que l’acte d’accusation constituait « un droit des martyrs envers les vivants » ainsi qu’« un droit pour leurs familles qui ont attendu longtemps ».

« La reddition des comptes n’épargnera personne »

Alors que les familles des victimes réclament depuis six ans que les responsabilités soient établies, Joseph Aoun a réaffirmé que « l’État de droit est la seule garantie pour empêcher la répétition de cette tragédie ». « Le Liban, qui a connu la résilience dans les circonstances les plus sombres, est capable de sortir de son épreuve plus fort, lorsque la justice sera pleinement rendue », a-t-il conclu.

De son côté, le Premier ministre Nawaf Salam a insisté lundi sur la nécessité de faire aboutir le processus judiciaire. « Aucun compromis ne se fera au détriment de la justice, même si celle-ci prend parfois du retard », a-t-il écrit sur son compte X. Affirmant qu’« il n’existe aucune protection pour quelque responsable que ce soit, quel que soit sa fonction », M. Salam a assuré que « la reddition des comptes n’épargnera personne ». Il a également rendu hommage à la mobilisation populaire qui avait eu lieu au lendemain du drame, appelant à faire du 4-Août « le jour de Beyrouth, du relèvement, de la solidarité et de l’unité entre les Libanais ».

Pour sa part, le ministre de la Culture Ghassan Salamé a indiqué sur X avoir rencontré un groupe de familles de victimes. Il a dit avoir écouté leurs « revendications légitimes » et leur a exprimé son « entière solidarité avec leur cause, jusqu’à l’aboutissement du processus judiciaire, afin que toute la vérité soit faite » et que les responsables de cette tragédie soient poursuivis. »

Six ans après l’explosion au port de Beyrouth, l’acte d’accusation dans l’enquête menée par le juge Tarek Bitar se fait toujours attendre. Le dossier est néanmoins entré dans sa phase finale : après avoir achevé son instruction, le magistrat a transmis le dossier au parquet général près la Cour de cassation fin mars afin que le ministère public formule son réquisitoire, une étape obligatoire avant la publication de l’acte d’accusation.

Six ans après l’explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, le président Joseph Aoun a appelé lundi le juge d’instruction chargé du dossier à publier l’acte d’accusation, estimant que cette étape est devenue « une nécessité qui ne souffre plus aucun délai supplémentaire ».Dans un communiqué publié à cette occasion, le chef de l’État a rendu hommage aux victimes de l’explosion qui a ravagé de nombreux quartiers de Beyrouth, et insisté sur la nécessité d’aboutir à « la vérité, la justice et la reddition des comptes ». Plus de 235 personnes ont été tuées, plus de 6 500 blessées et des quartiers entiers de la capitale ont été ravagés par cette effroyable explosion, survenue après la combustion de centaines de tonnes de nitrate d’ammonium stockées dans le port.« En ce jour, chaque année,...
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