La réunion des députés sunnites à l'issue de laquelle un consensus a été trouvé sur la loi d'amnistie, le 30 juillet 2026. Photo Ani
Lee chef des Forces (FL) Samir Geagea a déclaré vendredi qu'il soutenait la proposition de loi d'amnistie qui a fait consensus parmi les députés sunnites réunis jeudi, après l'insertion de plusieurs modifications.
Dans un communiqué, le chef chrétien a également appelé le président du Parlement, Nabih Berry, à convoquer une séance « dans les plus brefs délais », avec à son ordre du jour cette proposition de loi d'amnistie, « afin de rétablir la justice et de mettre fin à une injustice qui perdure depuis de longues années ».
Jeudi, une réunion élargie des députés sunnites s'est tenue au Parlement, en présence des députés Bilal Abdallah, Nabil Badr, Bilal Hocheimi, Adnane Traboulsi, Abdel Rahmane Bizri, Ahmad Kheir, Imad Hout et Ihab Matar.
Le député Imad Hout a détaillé les quatre changements ayant fait consensus : modifier la proposition de loi abolissant la peine de mort afin qu'elle n'ait aucune incidence sur la loi d'amnistie générale ; limiter aux seuls homicides aggravés prévus par le Code pénal les infractions pour lesquelles l'existence d'un droit personnel fait obstacle au bénéfice d'une réduction de peine ; ordonner la remise en liberté des personnes détenues depuis plus de douze ans sans avoir fait l'objet d'un jugement définitif, tout en poursuivant leur procès en liberté ; demander au Premier ministre de veiller à l'application de l'article 108 du Code de procédure pénale, notamment par la publication d'une circulaire du parquet général près la Cour de cassation, le contrôle de sa mise en œuvre par l'Inspection judiciaire et l'obligation faite aux parquets de présenter des rapports périodiques sur les détentions prolongées.
Réuni les 15 et 16 juillet derniers, le Parlement avait échoué à adopter la loi d'amnistie générale après un défaut de quorum provoqué par le départ d'une partie des députés sunnites, suivi par les Forces libanaises.
Au moment du débat, la communauté sunnite, attachée à l'amnistie, était profondément divisée sur la législation à adopter. Une partie des députés, qui ont majoritairement boudé la séance parlementaire, plaidait pour la libération du plus grand nombre possible de détenus, dont le salafiste Ahmad el-Assir, incarcéré depuis 2015 pour avoir participé aux combats contre l'armée à Abra en 2013.
Les Forces libanaises ont réaffirmé, dans un communiqué publié la semaine dernière, leur soutien à une « loi d'amnistie faisant consensus au sein de la majorité des députés sunnites », tandis que Samir Geagea a, lui, fustigé les critiques des élus sunnites qui avaient reproché à son parti d'avoir fait échouer le vote.



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