Le chef des Forces libanaises Samir Geagea. Photo d'archives Ani
Les Forces libanaises (FL) ont réaffirmé, dans un communiqué publié jeudi, leur soutien à une « loi d'amnistie faisant consensus au sein de la majorité des députés sunnites », moins d'une semaine après que les députés de leur bloc parlementaire, République forte, ont quitté le Parlement au moment des discussions autour du texte, obligeant le président de la Chambre à y mettre fin à la séance, faute de quorum.
Le parti chrétien a également critiqué ceux qui « ont pris l'habitude de déformer les faits, de falsifier la réalité, d'extraire des déclarations de leur contexte afin de mener des campagnes sans aucun lien avec la vérité, au service d'objectifs politiques bien connus », en réponse aux critiques formulées au lendemain d'une interview de son leader, Samir Geagea, à Radio Free Lebanon, dans laquelle il avait abordé le sujet.
« La majorité des députés sunnites ont boycotté la séance dans l'attente d'une réponse du président de la Chambre, Nabih Berry (au sujet des modifications à apporter à la loi d'amnistie générale). Ils ont d'ailleurs boycotté la plupart des séances, refusant de participer à des débats sur une loi d'amnistie qu'ils jugent inappropriée. Si le bloc République forte s'est effectivement retiré de la séance, c'était pour empêcher l'adoption d'une loi d'amnistie ne répondant pas aux critères requis », avait déclaré Samir Geagea.
Au moment du débat, la communauté sunnite, attachée à l'amnistie, était profondément divisée autour de la législation à adopter, une situation qui n'a pas évolué depuis. Une partie des députés sunnites, qui ont majoritairement boudé la séance parlementaire, plaide pour la libération du plus grand nombre possible de détenus, dont le salafiste Ahmad el-Assir, incarcéré depuis 2015 pour avoir participé aux combats contre l'armée à Abra en 2013.
De l'autre côté, des députés sunnites pressent pour l'adoption rapide de la loi d'amnistie et ont donc vivement critiqué le retrait des FL. Dans cette catégorie figurent notamment Nabil Badre (Beyrouth), Walid Baarini (Akkar) et Bilal Hocheimi (Zahlé), qui avaient fait acte de présence à la Chambre.
Pendant la séance, le Hezbollah semblait, lui, disposé à passer outre certaines réserves afin de ne pas entraver l'adoption du texte.
Dans leur communiqué, les FL ont assuré que « le véritable objectif de certains députés était de faire adopter une version partielle de la loi d'amnistie, qui ne bénéficiait pas du soutien de l'ensemble des députés sunnites et se limitait à exclure une catégorie spécifique de détenus, au service des intérêts du Hezbollah (...). Ces mêmes parties tentent aujourd'hui d'inverser les faits et d'induire l'opinion publique en erreur afin de masquer cette réalité. »


