Cette photo montre une vue générale du camp de réfugiés palestiniens de Balata, à l'est de Naplouse, en Cisjordanie occupée par Israël, le 29 juillet 2026. Photo Zain JAAFAR / AFP
Le ministre palestinien des Finances, Estaphan Salameh, a annoncé mercredi vouloir créer une compagnie pétrolière publique, pour faire face à une grave pénurie de carburant en Cisjordanie occupée. En crise financière, l'Autorité palestinienne peine à assurer le financement régulier des achats de carburant. Le problème est aggravé par le refus d'Israël de reprendre les espèces en shekels détenues par les banques palestiniennes, ainsi privées d'avoirs utilisables pour les paiements électroniques.
Depuis près de deux semaines, des files de voitures se forment devant les stations-service de Cisjordanie, qui peinent à fournir les trois millions de litres de carburant consommés quotidiennement dans le territoire palestinien. Les taxis collectifs, le principal système de transport public en Cisjordanie, ont menacé de cesser totalement leurs activités.
Le projet est de réformer l'Autorité du pétrole, l'organisme actuellement chargé à la fois de réguler le secteur, d'acheter le carburant et d'en assurer le transport, a expliqué M. Salameh à des journalistes à Ramallah. « Une entreprise publique entièrement détenue par l'Etat » pourrait être créée pour gérer l'achat et du transport du carburant, l'Autorité du pétrole conservant son rôle de régulation, a-t-il avancé. La Cisjordanie importe l'intégralité de son pétrole d'Israël.
« Il y a sûrement une certaine contrebande, mais nous ne connaissons pas encore son ampleur exacte », a relevé M. Salameh, ajoutant que la pénurie avait fait apparaître un marché noir de l'essence.
Il a aussi encouragé les Palestiniens à payer leur carburant par voie électronique plutôt qu'en espèces. Outre son refus, ces derniers mois, de reprendre les espèces en shekels provenant de Cisjordanie, Israël a suspendu depuis plus d'un an le transfert à l'Autorité palestinienne des recettes fiscales qu'il collecte pour son compte, et représentent environ deux tiers de ses revenus.
Pour l'homme d'affaires palestinien Samir Hullileh, le « gouvernement a utilisé les fonds de l'organisme chargé d'acheter le carburant pour financer ses propres dépenses ». Selon lui, une compagnie pétrolière publique ne permettrait pas de résoudre la crise actuelle ni d'éviter de futures pénuries.


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