Des combattantes des Unités de protection des femmes (YPJ) se tiennent debout, armes à la main, alors que le soleil se couche sur Hassaké, en Syrie, le 22 août 2026. REUTERS/Orhan Qereman
Des violences ont éclaté à Kobané, ville à majorité kurde située dans le nord de la Syrie, alors que des habitants protestaient contre le meurtre d'un ancien combattant kurde, a affirmé vendredi un média d'Etat syrien.
Des « hors-la-loi » s'en sont pris à des voitures de police et mené une « attaque contre le bâtiment de la Direction de la sécurité intérieure », a déclaré la télévision d'Etat syrienne.
L'homme en question, Sami Sheikhmous Hiso, également connu sous le nom de Sepan, aurait été enlevé avant que son corps ne soit rendu, criblé de balles, jeudi, dans la province de Hasakhe, dans le nord-est du pays.
Des Kurdes se sont rassemblés dans plusieurs lieux du nord et du nord-est de la Syrie pour protester contre son meurtre.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, a avancé que les forces de sécurité avaient imposé un couvre-feu à Kobané.
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté le crime odieux qui a coûté la vie au jeune homme, Sami Sheikhmous Hiso, lors d'un incident répréhensible qui bafoue les valeurs humaines, morales et juridiques et constitue une atteinte à la sécurité de la société et au caractère sacré de la vie des citoyens », a déclaré le gouverneur de la province de Hasakeh, Noureddine Ahmed Eissa.
Vendredi matin, Sipan Hamo, vice-ministre régional de la Défense et ancien haut responsable militaire kurde, a rendu hommage à M. Hiso et déclaré qu'un certain nombre de personnes avaient déjà été arrêtées dans le cadre de cette affaire.
« Je condamne toute rhétorique médiatique incendiaire qui incite à la violence et au meurtre, et j'appelle notre peuple à faire preuve de patience et de retenue et à ne pas se laisser entraîner dans des tentatives pour attiser la discorde », a-t-il déclaré.
En janvier, le gouvernement syrien et les Kurdes, qui contrôlaient autrefois de vastes régions du nord et du nord-est de la Syrie, ont conclu un accord d'intégration à la suite d'affrontements entre les combattants kurdes syriens et les forces des nouvelles autorités, au cours desquels les Kurdes ont perdu de larges portions de territoire.
En août, le dirigeant kurde Mazloum Abdi a déclaré que l'intégration des institutions civiles et militaires des Kurdes au sein de l'Etat syrien était achevée, et a annoncé quelques jours plus tard la dissolution des Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes.
Mazloum Abdi a été nommé conseiller du président syrien Ahmad el-Chareh fin août.
Kobané a une valeur symbolique pour les Kurdes, car c'est là que des combattants kurdes ont repoussé et vaincu les djihadistes du groupe Etat islamique en 2015.
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