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Dernières Infos - Cisjordanie Occupée

Des banques israéliennes menacent de couper un lien vital avec les banques palestiniennes


Des Palestiniens devant un distributeur automatique d'une banque à Ramallah, en Cisjordanie occupée par Israël, le 23 juillet 2026 Photo Zain JAAFAR / AFP

Des banques israéliennes ont informé leurs homologues palestiniennes de leur intention de mettre fin prochainement à des services essentiels, ont affirmé jeudi des responsables israéliens et palestiniens, faisant craindre une crise économique en Cisjordanie occupée.

Ces établissements invoquent le risque croissant d'être exposés à des poursuites liées à leurs opérations de correspondance bancaire avec leurs homologues palestiniens, mais plusieurs responsables du secteur pointent également l'instabilité croissante de ce dispositif, conçu à l'origine pour être temporaire. Ces services sont indispensables pour financer les importations israéliennes vers le territoire occupé, notamment d'électricité et alimentaires, ainsi que pour verser les salaires des Palestiniens travaillant en Israël.

« Il ne s'agit pas simplement d'une question bancaire d'ordre technique », a réagi jeudi le gouverneur de l'Autorité monétaire palestinienne, Yahya Shunnar, devant la presse, prévenant qu'une rupture de ces services perturberait fortement le système financier, le commerce et le quotidien de millions de Palestiniens. Cinq établissements bancaires palestiniens en lien avec la banque israélienne Hapoalim perdront leur accès le 1er octobre, et celles travaillant avec Discount Bank le 1er septembre, a affirmé le gouverneur.

Chaque année, ces deux établissements, qui servent d'intermédiaires, traitent un volume de transactions palestiniennes s'élevant à 51 milliards de shekels (14,5 milliards d'euros), selon M. Shunnar. A échéances plus ou moins régulières, le gouvernement israélien délivre une décharge aux banques du pays, censée les protéger en cas d'éventuelles poursuites liées à ces transactions.

« Compte tenu du niveau global de risque et des inquiétudes croissantes concernant d'éventuelles poursuites civiles (...) les banques israéliennes ont récemment annoncé leur intention de cesser de fournir des services de correspondance bancaire », a toutefois indiqué le ministère israélien des Finances mercredi. Celui-ci a précisé être en discussions avec Discount Bank et Hapoalim pour tenter de « poursuivre les activités de correspondance bancaire de manière sûre et responsable, tout en préservant les intérêts » israéliens.

« Les risques ont augmenté au fil des années et cette garantie ne suffit plus, les banques veulent désormais que l'Etat assume cette responsabilité », a affirmé à l'AFP un responsable du secteur bancaire israélien. Selon plusieurs experts, une rupture de ces relations pourrait accroître les transactions en liquide, avec un risque accru de crise bancaire et de développement de l'économie informelle.

« Si les banques s'effondrent, c'est l'Autorité qui s'effondre », prévient un homme d'affaires palestinien, expliquant qu'elle « est le principal débiteur des banques locales » pour « financer les salaires publics et ses déficits ». L'Autorité palestinienne traverse déjà une grave crise financière, Israël ayant suspendu depuis plus d'un an le transfert des recettes fiscales qu'il collecte pour son compte et qui représentent environ deux tiers de ses revenus.

Le gouverneur de la Banque centrale de Jordanie, Adel al-Sharkas, a déclaré jeudi que les banques de son pays, qui exercent des activités dans les territoires palestiniens, étaient également exposées. « Si ce lien (entre les banques israéliennes et palestiniennes) venait à être rompu (…) nos banques se retrouveraient avec un important solde en shekels qu'il serait impossible de transférer ou de vendre », a-t-il déclaré.

Des banques israéliennes ont informé leurs homologues palestiniennes de leur intention de mettre fin prochainement à des services essentiels, ont affirmé jeudi des responsables israéliens et palestiniens, faisant craindre une crise économique en Cisjordanie occupée.Ces établissements invoquent le risque croissant d'être exposés à des poursuites liées à leurs opérations de correspondance bancaire avec leurs homologues palestiniens, mais plusieurs responsables du secteur pointent également l'instabilité croissante de ce dispositif, conçu à l'origine pour être temporaire. Ces services sont indispensables pour financer les importations israéliennes vers le territoire occupé, notamment d'électricité et alimentaires, ainsi que pour verser les salaires des Palestiniens travaillant en Israël.« Il ne...