Des soldats de l'armée libanaise en train d'installer un poste de contrôle dans le sud du Liban. Photo diffusée le 15 juillet 2026 par le service de presse de l'armée libanaise / AFP
Le chargé d’affaires par intérim du Bureau de la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban Jean Arnault, et le secrétaire général adjoint aux opérations de paix de l’ONU Jean-Pierre Lacroix ont présenté jeudi au Conseil de sécurité un point sur la mise en œuvre de la résolution 1701, adoptée en 2006 après la guerre entre Israël et le Hezbollah. Alors que le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) expire dans moins de six mois, M. Arnault a insisté sur le rôle central de l’État libanais dans la stabilisation du pays, qualifiant l’armée libanaise d’« institution nationale jouissant d’une large confiance » et de « pilier essentiel » de ce processus.
Évoquant « l’escalade des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars » ainsi que « la poursuite de la présence israélienne et des activités militaires sur le territoire libanais », M. Arnault a souligné « l’ampleur des destructions, des déplacements de population et des besoins humanitaires », appelant la communauté internationale à contribuer à relever « les défis de la reconstruction ». Le diplomate a aussi mentionné « les efforts diplomatiques en cours, notamment l'accord-cadre tripartite conclu entre le Liban, Israël et les États-Unis le 26 juin, » affirmant le soutien de l’ONU aux initiatives visant à « réduire les tensions » et à aider les parties à parvenir à des arrangements mettant fin à « des décennies de conflit ».
Le cadre tripartite évoqué par M. Arnault intervient après plusieurs cycles de discussions entre Beyrouth, Tel-Aviv et Washington. En vertu de cet accord, Israël doit se retirer progressivement des secteurs du Liban-Sud qu'il occupe depuis sa dernière guerre contre le Hezbollah.
Jean Arnault a par ailleurs salué « les efforts du gouvernement libanais pour étendre et renforcer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire », estimant que leur réussite dépendra de « la capacité de l’État à assurer la sécurité et les services aux populations ». Dans ce cadre, il a affirmé que « L’armée libanaise, en tant qu’institution nationale jouissant d’une large confiance, constituera un pilier essentiel de ce processus. » Il a enfin insisté sur « l’engagement des Nations unies à soutenir la mise en œuvre de la résolution 1701 et a poursuite leur soutien à la sécurité, la stabilité et l’intégrité territoriale du Liban ».
Ces démarches diplomatiques interviennent alors que le cessez-le-feu entré en vigueur après la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël reste fragile. Le groupe chiite pro-iranien avait ouvert un nouveau front le 2 mars en reprenant ses tirs contre Israël en soutien à l’Iran, entraînant une nouvelle escalade. L’armée israélienne poursuit depuis des frappes limitées au Liban-Sud et des opérations de destruction dans les villages qu’elle occupe.
Sur un autre plan, le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a proposé jeudi l’envoi d’une mission de l’Union européenne pour remplacer la Finul après l’expiration de son mandat. Selon des déclarations rapportées par le réseau de presse Deutschland, M. Wadephul a appelé à examiner un mandat européen afin d’éviter un vide sécuritaire après la fin de la mission de l’ONU. Il a estimé qu’une telle initiative pourrait créer les conditions permettant un retrait de l’armée israélienne « sans retour du Hezbollah » dans les zones frontalières. Le ministre allemand a également souligné que la stabilité du gouvernement libanais représentait une opportunité qu’il fallait soutenir, estimant que l’Union européenne devrait jouer un rôle accru dans le maintien de la trajectoire sécuritaire et politique du pays.
Cette proposition intervient alors que le site israélien Ynet a rapporté l’existence de discussions autour de ce qu’il a appelé « l’initiative italienne », prévoyant le déploiement de forces italiennes au Liban-Sud afin de superviser le désarmement et d’empêcher le retour d’éléments du Hezbollah dans la région, en remplacement de la Finul.


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