Et si le passé devenait un refuge ?
Partout dans le monde, le culte du passé s’impose. À mesure que le présent déçoit et que l’avenir semble incertain, la tentation est grande de regarder en arrière, vers un « âge d’or » souvent idéalisé. Une nostalgie qui déborde du registre intime pour s’installer au cœur du débat public.
Au Liban, ce phénomène prend une dimension singulière. Les générations plus âgées évoquent un pays qui aurait disparu : celui d’avant-guerre, d’avant-crise, d’avant l’effondrement. Les lieux changent, les repères s’effacent, et avec eux, une certaine idée du Liban. Entre mémoire et mythe, certains se réfugient dans un Liban « carte postale », figé dans le souvenir.
Mais ce repli sur le passé peut aussi ressembler à une fuite en avant, un artefact nous détournant des véritables questions qui comptent.
Que se cache-t-il derrière ce « Liban carte postale » ? De quelle vérité historique nous détourne-t-il ? Et pourquoi y avons-nous recours, alors même que des pans entiers de notre histoire demeurent tus ?
Car au Liban, un paradoxe persiste. La mémoire est à la fois omniprésente et parfaitement absente.
Pour ce huitième épisode, Anthony Samrani et Stéphanie Khouri reçoivent l’historien Charles Hayek et l’ancien ministre et journaliste Marwan Hamadé. Ensemble, ils interrogent cette « politique de la nostalgie » : que dit-elle de notre rapport au temps, à l’histoire et à l’avenir ? Et surtout, que révèle-t-elle de nos impasses présentes ?
Envoyez-nous vos questions et vos témoignages (par message vocal sur Whatsapp au +961 70 288 171) : que regrettez-vous du Liban d’hier ? Et que reste-t-il à inventer pour demain ?
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