L’histoire est morte et l’encre se répand sur un bureau, devant une fenêtre ouverte sur la Méditerranée, face aux vagues, aux conquêtes et aux histoires idylliques. Les aventures, le vécu, l’enseignement et tous les lieux visités… tout est histoire.
Les troglodytes se prosternent, les colonnes doriques s’interrogent et les pyramides tremblent.
Les mosaïques, les parchemins, les manuscrits, les inscriptions, les remparts et les ruines… tout se tait. Silence !
L’historien ne raconte pas seulement les faits, il ne se contente pas de les analyser… C’est un témoin qui donne vie aux faits, la mémoire, les transformations, les récits et l’aventure humaine.
Toi, l’historien qui ne savait pas vieillir, tu as refermé ton livre en silence… et tu as signé là où personne n’osa.
Tes cahiers, bercés par une enfance inachevée et une guerre prématurée, sortiront un jour des tiroirs de cette longue mémoire collective, individuelle, hystérique, boulimique, fracassée, meurtrie.
Quand les mots saignent et que les batailles tremblent, tes doigts d’homme, de demi-dieu, de philosophe reviendront corriger le détail, tous les détails… avec un rire de gamin et des yeux pétillants.
Toi, un être qui n’était pas de passage, pas comme les autres, un chêne millénaire qui ne pouvait vieillir.
L’histoire, cyclique, se refait, se recrée avec chaque tic-tac, chaque danse, chaque réincarnation, chaque trahison et chaque conflit.
Toi, l’albatros, avec tes ailes de géant qui t’empêchaient de voler, tu as enfin pris ton envol, après avoir fait plusieurs révolutions. Toi, le révolutionnaire et le révolté, qui as connu l’histoire de ce pays non seulement dans les livres, mais aussi au-delà des barricades et des sifflements d’obus.
Aujourd’hui, Atatürk, Alexandre le Grand, Arjuna, Lawrence d’Arabie et le roi Arthur t’accueillent à un banquet céleste, parmi les trolls et les valkyries… un banquet de retrouvailles.
Toi qui les as immortalisés, c’est désormais à eux de te rendre la pareille.
Les kalachnikovs de tes guerres tirent vers le ciel des pétales de toutes les couleurs. Les murs des salles de classe se prosternent et des milliers d’étudiants t’ovationnent.
Eddy Tohmé. Un homme. Une histoire.


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