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Agenda - Hommage

Dr Bahige Tabbarah, ministre de la Justice engagé en faveur des droits des femmes

Docteur Bahige Tabbarah vient de nous quitter, après avoir profondément marqué plusieurs générations par son savoir, son intégrité, sa modestie et son indéfectible attachement au service de la loi, de la justice et de l’État.

Éminent juriste, professeur d’université, collaborateur et conseiller juridique de l’ancien président du Conseil des ministres, il a exercé les fonctions de ministre de la Justice de 1992 à 1998.

Tout au long de son parcours, il est demeuré fidèle à ses principes, à ses valeurs et à sa profonde conviction que la liberté, l’égalité et la dignité humaine constituent les fondements de tout État de droit.

Son mandat a constitué l’âge d’or de la lutte en faveur de l’abrogation des dispositions discriminatoires à l’égard des femmes, pour le plus grand bonheur des militantes engagées pour cette cause au Liban.

C’est en effet au cours de ces années qu’ont été adoptées plusieurs réformes législatives fondamentales, rendues possibles grâce à la mobilisation constante des organisations féministes, dont la détermination et la persévérance ont largement contribué à l’aboutissement de ces réformes.

Ces avancées ont été réalisées en étroite collaboration avec le ministre Tabbarah, qui s’est investi activement dans l’adoption de projets de loi, présentés en conformité avec les conventions internationales et étayés par des motifs sérieux et convaincants.

Une dizaine de lois ont ainsi été promulguées, parmi lesquelles figurent notamment les suivantes :

– En 1993, la femme a acquis la pleine capacité de témoigner devant toutes les instances, alors qu’avant cette date, il fallait la présence de deux femmes pour valider un témoignage.

– Parallèlement, la disposition imposant le témoignage exclusif d’hommes pour les contrats relatifs aux transactions immobilières a été abrogée.

– En 1994, la femme mariée a été autorisée à exercer le commerce sans l’autorisation préalable de son époux, évolution conforme au régime matrimonial de droit commun libanais fondé sur la séparation des biens.

– Cette même année, les femmes diplomates ont obtenu le droit de poursuivre leur carrière indépendamment de leur situation matrimoniale.

– En 1995, la femme mariée a acquis le droit de souscrire un contrat d’assurance-vie sans le consentement de son époux.

– En 1996, le Liban a ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw). Si cette ratification a été assortie de trois réserves relatives à la nationalité, au statut personnel et au mécanisme de règlement des différends, limitant ainsi la portée de certains de ses effets, elle a néanmoins constitué une étape essentielle vers une plus grande égalité entre les femmes et les hommes.

– Enfin, en 1998, a été créée la Commission nationale de la femme libanaise (National Commission for Lebanese Women – NCLW), première institution officielle rattachée à la présidence du Conseil des ministres, dédiée à la promotion de la parité homme/femme et à l’intégration de la dimension du genre (gender) dans tous les domaines publics et officiels.

À travers son engagement, sa rigueur intellectuelle et sa vision, le ministre Tabbarah a contribué à faire progresser l’État de droit et à ouvrir la voie à des réformes qui ont durablement marqué l’évolution du droit libanais.

Son œuvre demeure une source d’inspiration pour tous ceux qui poursuivent le combat en faveur de la justice, de l’égalité et du respect des droits fondamentaux.

Docteur Bahige Tabbarah vient de nous quitter, après avoir profondément marqué plusieurs générations par son savoir, son intégrité, sa modestie et son indéfectible attachement au service de la loi, de la justice et de l’État.Éminent juriste, professeur d’université, collaborateur et conseiller juridique de l’ancien président du Conseil des ministres, il a exercé les fonctions de ministre de la Justice de 1992 à 1998.Tout au long de son parcours, il est demeuré fidèle à ses principes, à ses valeurs et à sa profonde conviction que la liberté, l’égalité et la dignité humaine constituent les fondements de tout État de droit.Son mandat a constitué l’âge d’or de la lutte en faveur de l’abrogation des dispositions discriminatoires à l’égard des femmes, pour le plus grand bonheur des militantes...