L'avocate franco-palestinienne, fondatrice de l'Observatoire des Camps de Réfugiés (OCR) et députée européenne du parti de gauche dure La France insoumise (LFI), Rima Hassan, pose lors d'une séance photo à Paris, le 6 mai 2024. Photo d'archives AFP / JOEL SAGET
Des centaines de personnes se sont rassemblées sur le parvis du tribunal correctionnel de Paris pour soutenir l'eurodéputée LFI Rima Hassan, dont le procès pour apologie du terrorisme se tient mardi après-midi.
La justice reproche à la militante pour la Palestine, élue eurodéputée en 2024, qui s'est présentée à son procès avec un keffieh sur les épaules, un post publié sur son compte X fin mars dans lequel elle mentionnait le Japonais Kōzō Okamoto, l'un des auteurs de l'attaque perpétrée à l'aéroport de Tel-Aviv en 1972, qui avait tué 26 personnes. Ce tweet, ensuite supprimé, avait été signalé au parquet par le ministre de l'Intérieur, puis l'Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.
Devant une petite foule compacte agitant des drapeaux palestiniens et des pancartes à l'effigie de Rima Hassan, selon une journaliste de l'AFP, l'élue insoumise a dénoncé mardi la « répression » subie par les défenseurs de la cause palestinienne et appelé « à faire bloc », « pour la démocratie, pour l'Etat de droit et pour la liberté d'expression ».
Avant l'ouverture du procès, plusieurs centaines de personnes se sont regroupées autour de la banderole « défendre la Palestine n'est pas un crime », dont plusieurs députés LFI, le leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon ou encore le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko.
Brigitte, architecte de 63 ans, explique à l'AFP s'être déplacée pour « soutenir une femme courageuse et travailleuse », mais surtout pour protester contre « ces anathèmes qui essayent de flinguer la gauche ».
Plus de 200 personnalités avaient signé une tribune publiée dimanche dans L'Humanité en soutien à l'eurodéputée, dont la Prix Nobel de littérature Annie Ernaux, l'ex-ministre Christiane Taubira, le chanteur Benjamin Biolay ou encore le réalisateur Xavier Dolan et l'écrivaine Virginie Despentes.
Interrogé par l'AFP, son avocat, Me Vincent Brengarth, a dénoncé « la criminalisation d'une voix propalestinienne parce qu'elle est forte et qu'elle dérange » et a anticipé un procès « majeur du point de vue de la liberté d'expression ». Le placement en garde à vue de Rima Hassan le 2 avril avait eu un fort retentissement politico-médiatique.
Me Brengarth avait fustigé une garde à vue « parfaitement illégale » en raison d' »un dévoiement de la procédure en flagrance par le parquet » pour « contourner » son immunité parlementaire. Par ailleurs, des fuites dans la presse avaient fait état de la présence de drogue de synthèse dans son sac. Mais l'enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants l'avait démentie par la suite.
L'élue franco-palestinienne a porté plainte, dénonçant une violation du secret de l'enquête, et a saisi le Défenseur des droits pour dénoncer de « graves manquements déontologiques » de la part des policiers, notamment des recherches « disproportionnées » de sa géolocalisation. Dans le cadre de deux autres procédures, Rima Hassan doit également comparaître le 16 septembre pour les chefs d' »apologie publique de crime ou délit » et « provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit ».

