Le gouvernement israélien a déclaré dimanche qu'il ne se conformerait pas à une décision de la Cour suprême concernant une autorité de régulation de l'audiovisuel, suscitant des critiques de l'opposition et du président.
Le mois dernier, la Cour suprême avait estimé que le régulateur qui supervise les chaînes de télévision et les stations de radio commerciales privées pouvait continuer à opérer, même après la démission de sept des 15 membres du conseil d'administration qui le privait du quorum légal normalement requis pour prendre des décisions. Selon des médias israéliens, certaines de ces démissions faisaient suite à des pressions politiques, alors que le régulateur examine actuellement le projet de rachat de la chaîne 13, l'une des principales en Israël, par un groupe d'investisseurs considérés comme critiques à l'égard du gouvernement.
Le ministre des Communications, Shlomo Karhi, et le ministre de la Justice, Yariv Levin, ont rejeté la décision de la Cour. « Une décision qui contredit la loi ne sera pas reconnue et les décisions prises sous son autorité sont nulles et non avenues », ont-ils écrit dans une lettre adressée à la Cour dimanche. Sur X, M. Karhi a qualifié les juges de « hors-la-loi » et salué « une étape historique pour rendre l'Etat juif et démocratique des juifs à ses propriétaires : le peuple ».
Le Syndicat des journalistes en Israël, affirmant représenter 80 % des travailleurs du secteur, a estimé que la position du gouvernement visait « de toute évidence à faire échouer l'accord de reprise de la chaîne 13 par des hommes d'affaires de la high-tech, tout en piétinant la Cour suprême et l'état de droit de manière inédite ».
« Je l'ai déjà expliqué et je le répéterai encore et encore : la non-application d'une décision de justice est une ligne rouge qu'il ne faut franchir sous aucun prétexte », a alerté, pour sa part, le président Isaac Herzog, sur X. « Le gouvernement israélien attaque la démocratie israélienne », s'est également alarmé Gadi Eisenkot, membre de l'opposition du centre et rival majeur du Premier ministre Benjamin Netanyahu en vue des législatives de l'automne.

