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Dernières Infos - Défense

La Chine dit avoir effectué un tir d'essai de missile dans le Pacifique


Le destroyer lance-missiles de la marine de l'armée chinoise, le Nanning (162), dans le port Victoria lors de son arrivée à Hong Kong pour une visite de cinq jours, le 2 juillet 2026. Photo Peter PARKS / AFP

La Chine dit avoir effectué lundi dans le Pacifique un tir d'essai de missile, non porteur de charge nucléaire, suscitant la réprobation de plusieurs pays de la région, qui avaient toutefois été prévenus à l'avance. Ce lancement est intervenu quelques heures après la signature par l'Australie et les îles Fidji d'un important traité de défense, perçu comme une manière pour Canberra de contenir l'influence diplomatique et économique croissante de Pékin dans le Pacifique Sud. Le tir d'essai de lundi n'est pas inédit : en septembre 2024, la Chine avait déjà envoyé dans le Pacifique un missile balistique intercontinental (ICBM), là encore non porteur de charge nucléaire. Il s'agissait d'une première chinoise dans les eaux internationales en quatre décennies.

« Un sous-marin stratégique à propulsion nucléaire et lanceur d'engins » a procédé le 6 juillet à 12H01 (04H01 GMT), au tir d'un « missile stratégique équipé d'une ogive d'entraînement à charge simulée, en direction des eaux internationales du Pacifique », a indiqué la marine chinoise dans un communiqué. Elle n'a fourni aucun détail sur la localisation exacte. Le terme de « missile stratégique » désigne souvent un missile balistique intercontinental (ICBM), capable de transporter une charge nucléaire sur des milliers de kilomètres. Interrogé, le ministère chinois de la Défense n'a toutefois pas confirmé que le missile tiré lundi était bien un ICBM. « Ce tir d'essai s'inscrit dans le cadre des exercices militaires annuels de routine de la Chine. Une notification préalable a été adressée aux pays concernés (...) Ce tir ne vise aucun pays ni aucune cible particulière », a souligné la marine chinoise.

« Déstabilisant »

Le ministre néo‑zélandais des Affaires étrangères, Winston Peters, a toutefois déploré que le test avait été mené « dans les heures » qui ont suivi l'avertissement chinois adressé à son pays. « Le Pacifique est un océan de paix et nous sommes profondément préoccupés par les essais menés par la Chine d'armes à capacité nucléaire dans le Pacifique Sud », a-t-il affirmé dans un communiqué. L'Australie a qualifié le tir de « déstabilisant pour la région ». De son côté, Tokyo a indiqué avant le lancement avoir exhorté Pékin à reconsidérer son essai et avoir « exprimé de graves préoccupations face à l'intensification des activités militaires chinoises ».

Interrogé sur ces critiques, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a répondu que le tir a été « mené dans des conditions de sécurité, de manière réglementée et professionnelle ». « Nous espérons que les pays concernés ne surinterpréteront pas » le lancement, a-t-elle indiqué lors d'un point presse régulier.

La Chine a renforcé ses capacités militaires ces dernières décennies, au diapason de son développement économique et de son poids diplomatique. Selon les estimations datant de 2025 de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), la Chine comptait 600 armes nucléaires, soit 100 de plus qu'en 2024. Les Etats-Unis, qui en possèdent 3.700 selon le Sipri, accusent régulièrement l'armée chinoise de vouloir renforcer significativement son arsenal.

Exercices avec Moscou

Ce tir d'essai chinois est intervenu alors que les marines chinoise et russe entamaient lundi leurs exercices navals annuels. Ils sont organisés au large de Qingdao, grand port militaire et station balnéaire de l'est de la Chine. Rien ne permet toutefois de lier les deux événements.

Le ministre des Affaires étrangères de Papouasie-Nouvelle-Guinée et une source gouvernementale néo-zélandaise avaient déclaré lundi à l'AFP que la Chine se préparait à procéder à un tir d'essai d'un missile à capacité nucléaire dans le Pacifique. « Oui, la Chine m'en a informé. J'ai personnellement reçu un appel de l'ambassadeur de Chine », a déclaré le chef de la diplomatie papou-néo-guinéenne, Justin Tkatchenko. Une source gouvernementale néo-zélandaise a également confirmé à l'AFP que la Chine les avait avertis de la tenue prochaine d'un essai de missile balistique intercontinental.

Pékin s'emploie depuis plusieurs années à renforcer son influence dans le Pacifique, en multipliant aide humanitaire ou projets d'infrastructures dans les nations insulaires, une manière de s'imposer comme un partenaire incontournable face aux puissances occidentales. La Chine applique une politique de « non recours en premier » aux armes nucléaires. C'est-à-dire qu'elle promet de ne jamais prendre l'initiative d'employer une bombe nucléaire, mais s'autorise à répliquer si elle est attaquée par une telle arme.

La Chine dit avoir effectué lundi dans le Pacifique un tir d'essai de missile, non porteur de charge nucléaire, suscitant la réprobation de plusieurs pays de la région, qui avaient toutefois été prévenus à l'avance. Ce lancement est intervenu quelques heures après la signature par l'Australie et les îles Fidji d'un important traité de défense, perçu comme une manière pour Canberra de contenir l'influence diplomatique et économique croissante de Pékin dans le Pacifique Sud. Le tir d'essai de lundi n'est pas inédit : en septembre 2024, la Chine avait déjà envoyé dans le Pacifique un missile balistique intercontinental (ICBM), là encore non porteur de charge nucléaire. Il s'agissait d'une première chinoise dans les eaux internationales en quatre décennies.« Un sous-marin...