Des réfugiées soudanaises marchent dans le camp de réfugiés de Tulum, en pleine guerre civile au Soudan entre les Forces de soutien rapide (FSR) et l'armée soudanaise, dans la province de Wadi Fira, à l'est du Tchad, le 30 novembre 2025. REUTERS/Amr Abdallah Dalsh
Le Conseil des droits de l'homme va se réunir vendredi en urgence pour débattre du risque d'escalade de violences à El-Obeid, grande ville du Soudan assiégée où l'ONU craint une attaque des paramilitaires.
Le Conseil a annoncé mardi dans un communiqué la tenue d'un débat urgent pour « aborder la situation des droits de l'homme à El-Obeid et dans ses environs, au Kordofan du Nord, dans le contexte du conflit en cours au Soudan ».
Ce débat a été réclamé par courrier à la présidence du Conseil, en session jusqu'à la semaine prochaine, par le Royaume-Uni avec le soutien de l'Allemagne, de l'Irlande, des Pays-Bas et de la Norvège, qui présenteront aux 47 pays membres un projet de résolution pour réclamer une « désescalade immédiate ».
Selon ces pays, « environ 500.000 civils risquent d'être ciblés dans des atrocités à grande échelle », alors que cette ville du Kordofan fait l'objet depuis plusieurs mois d'un siège des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l'armée régulière depuis avril 2023.
Les FSR sont accusées d'avoir commis de multiples exactions lors de la prise en octobre d'El-Facher, dernière grande ville du Darfour qui leur résistait encore. En février, une mission d'enquête de l'ONU a même fait état d'actes de « génocide ».
Depuis quelques jours, l'ONU, des ONG et divers gouvernements se sont inquiétés au sujet de la situation à El-Obeid.
« L'augmentation des frappes de drones a détruit des infrastructures civiles, entraînant de graves pénuries de carburant et d'eau, ainsi que la perte de vies civiles, alors que des conditions de type siège ont vu des milliers de personnes piégées dans la ville d'El-Obeid, coupées des services de base », affirme le Royaume-Uni dans son courrier au Conseil.
« Il doit y avoir une désescalade immédiate et un respect total du droit humanitaire international et du droit international des droits de l'homme », a-t-il encore exhorté.
El-Obeid se trouve à un carrefour stratégique reliant des régions du centre et de l'est du Soudan contrôlées par l'armée, dont Khartoum, au Darfour sous contrôle des FSR à l'ouest.
Selon des analystes, sa prise consoliderait le contrôle des FSR sur l'ouest du Soudan et pourrait ouvrir la voie à une avancée vers la capitale.
Le conflit au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts et forcé, au plus fort du conflit, plus de 12 millions de personnes à fuir leur foyer, notamment au Tchad voisin, selon l'ONU. Il s'agira du 13e débat urgent du Conseil des droits de l'homme depuis sa création en 2006.

