Le sultan d'Oman, Haitham bin Tarik (C), recevant le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi (L), et le négociateur en chef de l'Iran, Mohammad Bagher Ghalibaf, à Mascate le 23 juin 2026. Photo l'Agence de presse omanaise / AFP
Le protocole d'accord conclu entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre est « la déclaration de défaite de l'Amérique », a estimé mercredi le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf.
« Le mémorandum d'entente d'Islamabad n'est pas le fruit de pressions ou de la coercition, mais plutôt celui de la résistance et de la détermination de la courageuse nation iranienne », a-t-il déclaré en référence au texte signé la semaine dernière grâce à la médiation du Pakistan.
« C'est pourquoi (cet accord) a pris la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique », a souligné l'influent M. Ghalibaf, ajoutant que la sécurité au Moyen-Orient devait dorénavant être assurée par les pays de la région. « Nous considérons le retrait des forces étrangères de la région comme un objectif stratégique » car « loin de créer une sécurité durable, elles constituent une source d'instabilité », a insisté celui qui est aussi le président du Parlement.
Il s'exprimait depuis Bakou en Azerbaïdjan à l'occasion d'une conférence retransmise à la télévision iranienne.
Les Etats-Unis comptent de nombreuses bases militaires au Moyen-Orient. Les pays qui les hébergent ont été la cible d'attaques de drones et de missiles iraniens durant la guerre en représailles au bombardement de l'Iran par les armées américaine et israélienne.
« Nous voyons l'avenir de la région non pas dans la confrontation, mais dans l'interaction », a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf dans ce qui ressemble à une main tendue aux pays voisins du Golfe. Le négociateur en chef pour les pourparlers avec les Etats-Unis a par ailleurs réitéré que la paix au Liban constituait un point fondamental en vue d'un accord définitif avec Washington. « Pour nous, le cessez-le-feu au Liban a été et reste aussi important que le cessez-le-feu en Iran, et la fin de la guerre au Liban a été aussi importante que la fin de la guerre en Iran », a-t-il insisté.

