Le mufti de la République, Abdellatif Deriane. Photo ANI
Le mufti de la République, Abdellatif Deriane, a appelé lundi à favoriser la diplomatie dans le règlement du conflit qui ravage le Liban depuis le 2 mars dernier et ce, au lendemain de l'annonce d'un cessez-le-feu irano-américain incluant le Liban, mais qui semble déjà fragile.
« La dévastation se propage et s'étend à travers le pays. Par conséquent, les autorités ont opté pour les négociations afin de sortir de cette impasse, faute d'autre solution pour mettre fin aux massacres, aux sabotages, aux destructions et aux déplacements forcés », a déclaré le dignitaire, dans un message à l'occasion de la fête de l'Hégire, célébrée mardi.
« L'Etat et la population sont confrontés à des défis majeurs. Nous souffrons depuis longtemps de la présence de groupes armés et politiques et de la domination des armes. Le défi représenté par ces armes pour l'État et sa stabilité s'est intensifié », a mis en garde le mufti, ajoutant que le pays fait également face aux défis du conflit israélo-iranien et des atteintes à la souveraineté. Il a par ailleurs remercié l'Arabie saoudite qui est, selon lui, attachée « à la sécurité et à la stabilité du Liban, au développement de l’État et de ses institutions, et au renforcement de l’unité du peuple libanais ».
« Dans ce climat explosif, Beyrouth n'a pas besoin de davantage d'armes de discorde ou d'armes échappant au contrôle de l'État », a déclaré Abdellatif Deriane. « Ce qui s'est passé à Aïcha Bakkar, près de Dar al-Fatwa, est inacceptable », a-t-il ajouté, en référence à un incident dans ce quartier de Beyrouth-ouest, début juin, entre des membres de la Jamaa Islamiya, un parti politique islamiste sunnite de la mouvance des Frères musulmans, et des proches des Brigades de la Résistance, une milice sunnite proche du Hezbollah.
Le mufti a par ailleurs évoqué le déplacement forcé de milliers de familles en raison de la guerre. « Nos villes regorgent de familles déplacées, et certains commencent à se lasser de leur sort (...) Un quart de la population du pays est déplacé, et un autre quart souffre de la faim », a souligné le religieux, tout en appelant à favoriser la solidarité entre Libanais pour sortir de la crise.

