Une voiture électrique Xiaomi SU7 Ultra est exposée lors du Mobile World Congress à Barcelone, le 3 mars 2025. Photo d'archives de Manaure QUINTERO / AFP
Le constructeur chinois de véhicules électriques Xiaomi, concurrent direct de la marque Tesla malgré son arrivée tardive sur le marché automobile, a déposé auprès des autorités réglementaires une demande visant à ajouter un véhicule électrique à autonomie prolongée (EREV), selon un avis publié mercredi par le ministère de l’Industrie et relayé par Reuters ainsi que la presse chinoise spécialisée.
Cette nouvelle motorisation a donc été soumise à l’approbation des régulateurs à l’issue d’une période de consultation publique qui se poursuivra jusqu’au 17 juin. Arrivé tardivement sur le marché des véhicules électriques, Xiaomi s’est néanmoins rapidement imposé comme un concurrent sérieux de marques bien établies, dont Tesla.
Xiaomi propose actuellement une berline et un SUV électriques qui se situent dans les mêmes catégories que deux modèles phares de la firme d’Elon Musk, tous deux entièrement alimentés par batterie (on parle alors de BEV, ou battery electric vehicles). Or, le fait que la société ait déposé cette demande d’autorisation indique que son projet de diversification vers les motorisations à autonomie prolongée est désormais entré dans sa phase de mise en œuvre, rapporte le média spécialisé chinois CnEVPost.
Fondée en 2010, Xiaomi est rapidement devenue un géant du secteur des smartphones — où elle prévoit d’investir au moins 8,7 milliards de dollars pour renforcer l’intelligence artificielle au cours des trois prochaines années — avant de se lancer dans la construction et la commercialisation de véhicules électriques en 2024.
Nouveau modèle en gestation
Lors de la présentation des résultats du premier trimestre de Xiaomi EV, son président, Lu Weibing, a indiqué que la marque lancerait un tout nouveau modèle de taille moyenne à grande au cours du second semestre de cette année. Plusieurs médias automobiles chinois — dont CarNewsChina — ont rapporté au cours des dernières semaines que Xiaomi pourrait lancer une deuxième marque baptisée Sky Nomad, ciblant le marché des EREV, où elle entrerait en concurrence avec Li Auto et Aito (filiale de Huawei).
Les EREV sont des véhicules dont la motricité est 100 % électrique, mais qui sont néanmoins équipés d’un petit moteur thermique dont la fonction est de recharger la batterie — et qui agit donc comme un générateur d’électricité. Ils se distinguent ainsi des véhicules hybrides rechargeables, où le moteur thermique sert également à entraîner les roues. La batterie d’un EREV est généralement plus petite que dans un véhicule 100 % électrique, tandis que le réservoir d’essence est plus proche de celui d’une voiture thermique. Autre avantage mis en avant par leurs promoteurs : les EREV ont moins besoin d’être rechargés et peuvent potentiellement bénéficier d’une autonomie substantiellement plus longue que les meilleurs véhicules électriques à batterie.
Les EREV sont particulièrement populaires sur le marché chinois des grands SUV familiaux, souligne encore CnEVPost. Selon un autre média spécialisé, CarNewsChina, un propriétaire de Tesla résidant en Chine a transformé en 2025 sa voiture électrique en EREV artisanale en installant un générateur à essence de 8 kilowatts à l’arrière de sa Tesla afin d’effectuer un trajet jusqu’à une plateforme d’observation du mont Everest, où il n’y avait pas suffisamment de bornes de recharge.
Selon le rapport Global EV Outlook 2026 de l’Agence internationale de l’énergie, les ventes de voitures électriques à batterie ont repris du poil de la bête après deux années en demi-teinte et représentent 65 % des ventes dans un marché global qui a progressé de 20 % en un an pour dépasser 20 millions de véhicules vendus. Les EREV, qui avaient enregistré une forte croissance en 2024, ont vu leur élan se réduire et représentent 7 % du total des ventes, contre 7,5 % en 2024.



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