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Affaire Lyhanna : une procureure générale veut « aller plus loin » que ce que demande Darmanin


La tour Eiffel lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 à Paris, le 26 juillet 2024. AFP

La procureure générale près la cour d'appel de Paris a indiqué jeudi avoir demandé d' »aller plus loin » que la revue d'ici mi-juillet des 70.000 plaintes déposées pour des violences sexuelles sur des mineurs exigée par le Garde des Sceaux après le décès de Lyhanna.

« J'ai demandé d'aller plus loin que ce que le garde (des Sceaux) nous a demandé de faire », dans le sillage de la mort de la collégienne de 11 ans dans le Gers, affaire dans laquelle le principal suspect avait déjà fait l'objet de plusieurs plaintes pour viols, a déclaré Marie-Suzanne Le Quéau sur BFMTV.

« Nous allons procéder non seulement au recensement des affaires que nous connaissons déjà, c'est-à-dire qui sont arrivées chez nous et qui sont reparties avec des instructions auprès des services d'enquête », a poursuivi la magistrate.

« Pour la cour d'appel de Paris, nous avons déjà immédiatement procédé à un recensement et nous avons environ, pour l'ensemble des neuf parquets qui sont placés sous ma responsabilité, (...) 7.000 procédures à examiner », selon elle.

Mais « nous allons examiner aussi toutes les affaires dont nous ne sommes pas informés, c'est-à-dire la plainte qui vient d'être déposée, qui n'a pas encore commencé à être traitée par les services de police et de gendarmerie », a-t-elle expliqué.

« Mais nous allons aussi regarder ce qui se passe dans la maison justice (...): est-ce que toutes les procédures qui nous ont été transmises sont enregistrées rapidement par un service qui s'appelle le bureau d'ordre avant d'être données aux magistrats ? Est-ce que les magistrats qui ont ces procédures les regardent en priorité avec beaucoup de rapidité ? On doit aussi s'en assurer », a énuméré Mme Le Quéau.

Dans l'affaire Lyhanna, la plainte qui concentre les critiques avait été déposée le 22 août 2025 par la mère d'une fillette de 11 ans pour des faits de viols commis entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile du suspect, Jérôme B.

Mme Le Quéau entend par ailleurs « regarder le bout de la chaîne pour bien (s)'assurer que » pour « toutes les personnes qui ont été condamnées pour des faits d'agression sexuelle ou d'atteinte, leurs condamnations sont effectivement mises à exécution » et qu'elles « sont inscrites au casier judiciaire ».

« Si nous voulons recréer le lien de confiance qui est très altéré, entre les Français et la justice, nous devons effectivement rendre des comptes aux Français sur la manière dont ce dossier a été traité », estime-t-elle.

Il faut aussi selon elle régler « la question des fichiers », de leur « mise à jour » et de leur « interconnexion », notamment entre le TAJ (traitement d'antécédents judiciaires, utilisé par la police judiciaire) et le logiciel Cassiopée introduit depuis 2009 pour informatiser l'ensemble de la chaîne judiciaire mais qui selon de nombreux professionnels tombe régulièrement en panne et n'est pas mis à jour en temps réel.

La procureure générale près la cour d'appel de Paris a indiqué jeudi avoir demandé d' »aller plus loin » que la revue d'ici mi-juillet des 70.000 plaintes déposées pour des violences sexuelles sur des mineurs exigée par le Garde des Sceaux après le décès de Lyhanna.« J'ai demandé d'aller plus loin que ce que le garde (des Sceaux) nous a demandé de faire », dans le sillage de la mort de la collégienne de 11 ans dans le Gers, affaire dans laquelle le principal suspect avait déjà fait l'objet de plusieurs plaintes pour viols, a déclaré Marie-Suzanne Le Quéau sur BFMTV.« Nous allons procéder non seulement au recensement des affaires que nous connaissons déjà, c'est-à-dire qui sont arrivées chez nous et qui sont reparties avec des instructions auprès des services d'enquête », a...