L’Association libanaise pour les droits civils (LACR), qui a soumis au Parlement le 7 octobre 2025 une proposition de loi visant à abolir la peine de mort signée par sept députés, se félicite aujourd’hui des avancées décisives enregistrées dans le processus législatif.
Cette proposition a été intégralement soutenue par le Conseil des ministres dans une décision officielle adoptée le 20 novembre 2025. Elle a été ensuite approuvée par la commission parlementaire des Droits de l’homme le 23 février 2026, puis par la commission de l’Administration et de la Justice le 2 juin 2026.
L’Association libanaise pour les droits civils considère que cette volonté politique et législative, portée par des responsables issus de différentes sensibilités politiques, constitue une avancée majeure pour l’image démocratique et humaniste du Liban. Elle appelle dès lors à franchir l’ultime étape en adoptant définitivement la loi en séance plénière au Parlement.
Cette avancée représente l’aboutissement d’un long combat lancé en 1997 par les pionniers de l’abolition de la peine de mort au Liban, Walid Slaybi et Ogarit Younan. Le texte actuellement examiné a été élaboré par Ogarit Younan. Nombreux sont ceux qui ont proposé qu’il porte le nom de « Loi Walid Slaybi », en hommage à celui qui nous a quittés il y a trois ans sans pouvoir assister à l’aboutissement de son engagement.
Afin de préserver la mémoire de cette mobilisation citoyenne et de rendre hommage à celles et ceux qui l’ont portée, nous rappelons aujourd’hui le rôle fondamental de la Campagne nationale pour l’abolition de la peine de mort au Liban, lancée en 1997. Cette initiative pionnière dans le monde arabe a permis d’obtenir des avancées significatives à tous les niveaux de la société.
Pour notre part, nous affirmons que l’abolition de la peine de mort ne représente pas seulement une réforme juridique. Elle constitue un choix de civilisation fondé sur l’humanisation de la justice pénale et sur le respect de la dignité humaine. La justice ne se mesure pas à la capacité de l’État de prononcer la mort, mais à sa capacité de protéger la vie, de prévenir les causes de la criminalité, de garantir les droits des victimes et de favoriser la réinsertion des auteurs des crimes dans une logique de restauration de la justice.

