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Politique - Décryptage

Trump et les contacts avec le Hezbollah : suite sans fin...


Donald Trump persiste et signe. Pour la troisième fois en quelques jours, il évoque des contacts avec le Hezbollah, allant même jusqu’à laisser entendre que ce dernier souhaitait un accord avec les Israéliens et que c’est donc lui qui l’aurait sollicité. La possibilité de tels contacts continue de secouer le Liban, dans toutes ses composantes politiques et populaires, tant ce scénario semble improbable dans un paysage politique et populaire polarisé et tendu.

Pour cette raison, beaucoup attendaient jeudi les commentaires du Hezbollah à ce sujet, mais dans son dernier communiqué, le secrétaire général de la formation, Naïm Kassem, n’a pas évoqué ce dossier. Pour les proches du Hezbollah, ce silence est en lui-même un message qui consiste à montrer que les propos de Trump « ne méritent pas une réponse ». Mais d'une certaine manière, c’est flatteur pour cette formation d’être ainsi évoquée par le président de la première puissance mondiale.

Mais pour le Hezbollah, les propos de Trump sont une « leçon » pour ceux qui l’ont rapidement enterré pour leur montrer non seulement qu’il existe encore, mais aussi que le président des États-Unis tient compte de ses positions. Cela s’adresse ainsi à certaines parties internes, ainsi qu’aux autorités qui mènent les négociations avec les Israéliens sans tenir compte des positions du parti.

Il n’empêche que, pour certains, ces propos s’inscrivent dans le cadre de l’image que le président américain veut donner de lui-même, un homme d’ouverture qui ne craint pas de briser les murs et les tabous. D'autant qu'il aspire à obtenir le prix Nobel de la paix. Pour d’autres, Trump a voulu montrer qu’il a réussi à dompter le Hezbollah. Il pourrait également chercher à créer un problème au sein du Hezbollah, où certains cadres pourraient se demander si celui-ci ne mènerait pas en secret des négociations avec les Américains. Ces déclarations de Trump pourraient également semer la confusion au sein de l'environnement populaire du parti.

Mais la question la plus importante reste la suivante : y a-t-il réellement des contacts secrets entre le Hezbollah et la présidence américaine ? Officiellement, le Hezbollah garde le silence sur ce sujet, mais plusieurs sources proches de la formation nient tout contact direct avec les Américains. Ces mêmes sources sont catégoriques sur le fait que depuis que les contacts se sont refroidis entre le Hezbollah et la présidence de la République, c’est surtout le président de la Chambre Nabih Berry qui est chargé de parler au nom de la formation. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles Berry avait depuis le début annoncé qu’il était opposé aux négociations directes entre le Liban et Israël, en harmonie avec la position du Hezbollah. Celui-ci utilise le flou comme une tactique politique, et celle-ci lui permet de laisser toutes les parties concernées dans le doute et de se donner une certaine marge de manœuvre.

Enfin, toujours selon les sources précitées, le Hezbollah estime que l’insistance de Trump à évoquer de prétendus contacts viserait aussi à montrer que cette formation n’est plus sous la houlette de l’Iran. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé Kassem à rendre, dans son communiqué de jeudi, un hommage aux autorités iraniennes. Au final, ce qui ressort de ces éléments, c’est que la lutte entre l’Iran et les États-Unis se poursuit sous toutes les formes possibles, y compris dans le langage médiatique où le Hezbollah est désormais impliqué. Que les contacts aient eu lieu ou non, la polémique continue et la clé reste entre Téhéran et Washington.

Donald Trump persiste et signe. Pour la troisième fois en quelques jours, il évoque des contacts avec le Hezbollah, allant même jusqu’à laisser entendre que ce dernier souhaitait un accord avec les Israéliens et que c’est donc lui qui l’aurait sollicité. La possibilité de tels contacts continue de secouer le Liban, dans toutes ses composantes politiques et populaires, tant ce scénario semble improbable dans un paysage politique et populaire polarisé et tendu.Pour cette raison, beaucoup attendaient jeudi les commentaires du Hezbollah à ce sujet, mais dans son dernier communiqué, le secrétaire général de la formation, Naïm Kassem, n’a pas évoqué ce dossier. Pour les proches du Hezbollah, ce silence est en lui-même un message qui consiste à montrer que les propos de Trump « ne méritent pas une réponse ». Mais...
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