Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, s'exprime lors d'une conférence de presse à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, le 2 juin 2026. Photo Amr Alfiky/Reuters
L'attaque de drone du 17 mai contre la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis, « a gravement compromis la sûreté nucléaire », a déclaré vendredi le directeur général de l'AIEA Rafael Grossi, ajoutant que s'attaquer à une installation nucléaire était « un interdit absolu, un tabou ».
« Cette attaque a provoqué un incendie dans un générateur électrique situé à l'extérieur du site, rendant nécessaire le recours à des générateurs de secours », a-t-il expliqué à l'ouverture d'une réunion spéciale du conseil des gouverneurs au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne.
Cette réunion a été convoquée à la suite d’une demande de l'Égypte, de la Jordanie, du Maroc et de l'Arabie saoudite.
Les Emirats arabes unis ont réagi « rapidement et efficacement à l'impensable : un impact direct provoqué par un drone chargé d’explosifs », a ajouté M. Grossi, qui a visité la centrale et apporté l'assistance de l'AIEA.
La frappe aurait pu « entraîner l'arrêt du réacteur en raison de la perte de l'alimentation électrique externe », a-t-il dit sur place mardi à des journalistes.
« Cela signifie que les personnes à l'origine de cette attaque savaient exactement ce qu'elles faisaient. C'est extrêmement grave ».
Construite par un consortium sud-coréen mené par le fournisseur d'énergie Kepco, la centrale de Barakah, entrée en service en 2020, couvre jusqu'à 25% des besoins en électricité des Emirats, qui ont attribué cette attaque à des milices irakiennes pro-iraniennes.
L'incident est survenu après plusieurs semaines d'attaques de drones et de missiles iraniens depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran.
Rafael Grossi a « réitéré solennellement ses appels aux parties à ce conflit, ainsi qu’à toutes les parties à tous les conflits, pour qu’elles respectent les piliers indispensables garantissant la sûreté et la sécurité nucléaires en période de conflit ».

