Le pois chiche bientôt sur la Lune ? Photo d'illustration bigstock
Rien à voir avec les exploits de Tintin, ceci est bien réel ! Deux chercheuses de l’Université du Texas à Austin, Sara Oliveira Santos et Jessica Atkin, ont réussi l’exploit de faire pousser des pois chiches sur le sol de la Lune, inspiré des échantillons récupérés lors des missions Apollo de la NASA il y a plus d’un demi-siècle. Ceci pour améliorer l’alimentation des astronautes (œuvrant de plus en plus dans l’espace), qui longtemps se sont nourris de produits déshydratés avalés à même des tubes en aluminium.
Le processus de ces chercheuses a été publié dans la revue Scientific Reports. Elles expliquent : « Nous devrons apprendre à cultiver des aliments sur la Lune, car il ne sera pas possible d’en transporter régulièrement par vaisseaux spatiaux. De plus, ces envois de marchandises dans l’espace restent très coûteux, et la survie des astronautes sur la Lune ne peut pas dépendre de l’acheminement ponctuel de provisions. »
S’adapter
D’où la nécessité de produire l’alimentation sur place, car il est prévu que dans un avenir proche les astronautes fassent de longs séjours sur la Lune. Dans ce contexte, le but des chercheuses est de maximiser les ressources in situ et d’utiliser le terreau local pour fournir un support durable pour l’horticulture.
Quant à savoir pourquoi le houmous sera une première lunaire... D’abord, il a été choisi comme plante modèle en raison de sa valeur nutritive. De plus, il possède une grande capacité à accueillir une symbiose d’autres matières propres à sa croissance. Enfin, cette légumineuse est riche en protéines, glucides, fer, phosphore, calcium, vitamine B et autres nutriments, et ne nécessite que de faibles apports en eau et en azote. Elle est consommée dans le monde entier comme substitut protéique nutritif à la viande et a été utilisée dans des études évaluant son caractère réparateur des sols contaminés par la radioactivité et les métaux.
Certes, ces nouvelles recherches constituent une avancée majeure dans la compréhension des conditions nécessaires à la culture de nourriture sur la surface lunaire. Néanmoins, personne n’a encore goûté à ces pois chiches lunaires. L’équipe cherche actuellement à déterminer s’ils contiennent trop de métal pour être consommés. « Nous voulons évaluer leur potentiel en tant que source alimentaire. Sont-ils sains ? Contiennent-ils les nutriments nécessaires aux astronautes ? S’ils ne sont pas encore comestibles, combien faudra-t-il avant qu’ils le soient ? » précise l’équipe.
Sur toutes les tables de la terre depuis des millénaires
En attendant et comme on le sait, les plats préparés à base de pois chiches ont envahi toutes les tables de la planète Terre avec une existence remontant à la nuit des temps. Originaire de Turquie et du Proche-Orient, le pois chiche a été domestiqué vers 5 000 ans avant J-C, puis s’est répandu dans le sud de l’Europe, l’Afrique du Nord, l’Asie et plus tardivement dans le reste du monde. Cependant, il est plus plébiscité dans les pays du Sud. Ainsi, le sud de la France a sa « capitale » du pois chiche. Elle se nomme Rougiers, une commune de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui célèbre chaque 13 septembre cette denrée typique de la région. Au programme de cette fête des défilés, un marché de producteurs et diverses animations. Cette année le point d’orgue en sera le restaurant Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, qui a mis au point un menu « Spécial pois chiche » en trois spécialités sur le même thème : « Entrée, trilogie de pois chiches : houmous, panisse et velouté de pois chiches, et carottes ». Plat chaud : « Curry de poulet aux pois chiches et au lait de coco ». Dessert : « Gâteau chocolat aux pois chiches. Quart de vin et café »...
On trinque à la bonne santé du houmous sur la terre comme au laboratoire de l’Université du Texas, qui a planté ses racines dans le cosmos. À noter enfin que ce projet, qui a été initialement financé par le duo des chercheuses Santos et Atkin, est désormais subventionné par la NASA.



Bahreïn soutient Joseph Aoun et rejette toute ingérence étrangère au Liban