Des dégâts à l'hôpital de Tebnine, au Liban-Sud, après un bombardement israélien dans la zone, le 21 mai 2026. Photo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah
L’armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah d’avoir utilisé l’hôpital gouvernemental de Tebnine, dans le caza de Bint Jbeil (Liban-Sud), et d’y avoir « transféré ses combattants blessés », des accusations rapidement démenties par le ministère libanais de la Santé et la direction de l’hôpital, qui les ont qualifiées de « fabrications » et d’« allégations mensongères ».
Dans un communiqué, l’armée israélienne affirme que « des informations de renseignement indiquent que l’organisation terroriste Hezbollah a pris le contrôle de l’hôpital public de Tebnine pendant la guerre », ajoutant que des combattants blessés y auraient été soignés avant d’être transférés vers un autre établissement, l’hôpital Rassoul el-Aazam, dans la banlieue sud de Beyrouth.
L'armée a accusé par ailleurs le parti-milice chiite d’« exploiter les infrastructures médicales et gouvernementales libanaises à des fins militaires », une pratique qu’elle dit avoir déjà dénoncée à plusieurs reprises. S’adressant aux habitants du Liban, elle lance la mise en garde suivante : « Ne vous laissez pas leurrer : la prise de contrôle des hôpitaux et l’utilisation des infrastructures médicales par le Hezbollah mettent vos vies en danger. » Elle ajoute : « Aux combattants du Hezbollah qui continuent de se cacher sous les lits des patients dans les hôpitaux civils de l’État libanais : si vous pensez être en sécurité là-bas, sachez que vous ne l’êtes pas. »
Mercredi, le centre des opérations d’urgence du ministère de la Santé libanais a annoncé un lourd bilan des frappes israéliennes de la veille, de la nuit du lundi à mardi et jusqu’à mardi 20h, au Liban-Sud : cinq tués et 48 blessés. Il a notamment dénoncé une attaque contre l’hôpital de Tebnine mardi qui a fait 11 blessés, dont un médecin et cinq membres du personnel médical, ainsi que des dégâts importants dans le bâtiment, tout en rappelant que les frappes contre les institutions de santé sont contraires aux lois internationales.
Le ministère a rejeté les accusations de l'armée israélienne, les qualifiant de « fabrications et d’allégations mensongères » et estimant qu’elles constituent une « menace grave » contre un établissement civil. Il souligne que l’hôpital est « la seule institution hospitalière du caza de Bint Jbeil » dans une zone soumise à des frappes israéliennes répétées.
Le ministère de la Santé précise qu’un centre du Comité international de la Croix-Rouge ainsi que de la Croix-Rouge libanaise est installé au sein de l’établissement, tandis que l’armée libanaise y maintient un point fixe à l’entrée et y a transféré son dispensaire. Il met en garde contre toute attaque visant l’hôpital, tenant Israël « pleinement responsable de toute atteinte », et appelle les médias à se rendre sur place, affirmant que les lieux accueillent uniquement du personnel médical et des patients, dans un contexte qu’il décrit comme une intensification des attaques contre les infrastructures sanitaires.
De son côté, et sans citer le Hezbollah, la direction de l’hôpital public de Tebnine a également démenti toute prise de contrôle de l’établissement « par des partis politiques » ou son utilisation « à des fins non médicales », qualifiant ces accusations de « totalement fausses ».
La direction estime qu’il s’agit de « tentatives de déformation des faits et de diffusion de la peur parmi les employés et les citoyens afin de les empêcher de se rendre à l’hôpital ». L’administration rappelle que l’établissement est « une institution publique officielle relevant de l’État libanais, fondée en 1960 », et qu’il « continue d’accomplir sa mission humanitaire et nationale sans discrimination ». Elle précise enfin que l’hôpital fonctionne avec « environ 70 employés » et « 10 médecins », tandis que « 7 patients reçoivent actuellement des soins ».


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