Des déplacés dorment dans une tente dressée au bord de la route. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a averti lundi que le Liban est confronté à une urgence humanitaire qui s'aggrave, près de trois mois après le début du conflit entre Israël et le Hezbollah, et alors que les ménages les plus vulnérables rencontrent de plus en plus de difficulté à se nourrir, face aux déplacements massifs de population et à la hausse des prix.
Plus d'un million de personnes sont toujours déplacées à travers le pays, tandis que la flambée des prix des denrées alimentaires et du carburant, les revenus à la baisse et les tensions sur les marchés exacerbent l'insécurité alimentaire à l'échelle nationale, a indiqué l'agence. Selon une évaluation effectuée par le PAM, 1,24 million de personnes — soit près d'une personne sur quatre — pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë entre avril et août 2026.
« Près de trois mois après le début du conflit, le Liban est confronté à une urgence humanitaire qui s'intensifie, marquée par une combinaison critique de déplacements de population et d'insécurité alimentaire croissante », a déclaré le PAM, avertissant qu'un accès durable et un financement prévisible sont nécessaires pour maintenir l'assistance humanitaire.
Depuis le 2 mars, le PAM a indiqué avoir apporté une aide alimentaire d'urgence et une assistance en espèces à plus de 700 000 personnes touchées par le conflit à travers le Liban, soutenant en moyenne près de 150 000 personnes par jour depuis le début de l'escalade. Cette assistance a pris la forme de repas chauds, de rations prêtes à consommer et de colis alimentaires distribués aux familles déplacées hébergées dans des abris ou au sein de communautés d'accueil.
L'agence a précisé que le conflit en cours, marqué par des bombardements quotidiens et des ordres d'évacuation, continue de restreindre l'accès humanitaire, en particulier dans les zones difficiles d'accès. Sur les 24 convois humanitaires dépêchés vers le sud du Liban — notamment à Tyr, Hermel et dans les villages frontaliers — plus de la moitié ont été retardés ou annulés en raison de contraintes de sécurité et de circulation.
Le PAM a ajouté avoir fourni une aide financière d'urgence à près d'un demi-million de Libanais par le biais des systèmes en place au niveau national, parallèlement à un soutien apporté à plus de 100 000 réfugiés syriens.
« Bien que la nourriture demeure disponible dans de nombreuses zones, elle devient de plus en plus inabordable », a déclaré le PAM, notant que les prix des légumes ont augmenté de plus de 20 % et ceux du pain d'environ 15 % depuis le début de l'escalade. Les conditions du marché varient considérablement à travers le pays, a-t-il ajouté. Plus de 80 % des marchés du sud du Liban et de la région de Nabatiyé ne sont plus opérationnels, tandis que ceux de Beyrouth et d'autres régions restent en activité, mais subissent une pression croissante. Le PAM a indiqué avoir besoin de 112 millions de dollars entre mai et août 2026 pour maintenir son aide alimentaire d'urgence et son assistance en espèces, avertissant que, sans un financement prévisible, sa réponse pourrait être compromise.

