Des véhicules de l’armée libanaise lors d’une descente dans le quartier de Kafa’at dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 mai 2026. Photo X/LebarmyOfficial
Le président libanais, Joseph Aoun, a déclaré mardi qu’il est « grand temps que l’armée libanaise assume à nouveau sa mission et soit la seule responsable de la sécurité au Liban-Sud », invitant toutes les parties à se rassembler autour de la troupe et des forces de sécurité, faute de quoi tous les Libanais seront perdants.
« Il est grand temps que l’armée assume de nouveau sa mission et qu’elle soit la seule responsable de la sécurité dans le Sud. Tout le monde doit se rassembler autour d’elle et des forces de sécurité, sinon la perte sera générale », a-t-il souligné dans des propos diffusés par la présidence, faisant référence aux « souffrances des habitants du sud », alors qu’il recevait dans la matinée au palais de Baabda des représentants des municipalités de Marjeyoun, Qleyaa, Bourj el-Moulouk, Ebl es-Saqi, Deir Mimas et Kawkaba, élus locaux, membres de l’Eglise et religieux musulmans.
Le chef de l’Etat a constaté que le Sud du pays est épuisé, et que la totalité du Liban est également affectée. « Il est temps que le Sud - et avec lui le Liban - retrouve le calme », a-t-il observé, assurant qu’il « poursuit ses efforts pour mettre fin à l’état de guerre, afin qu’une paix durable - et non temporaire - s’installe ». Il a précisé que ses actions visent « l’intérêt de tous les Libanais et non d’une seule catégorie » et réaffirmé que « la voie des négociations (directes avec Israël sous l'égide des Etats-Unis) est désormais la seule option après épuisement des autres solutions, la guerre notamment ».
Le président libanais avait plus tôt affirmé qu'une troisième réunion devait avoir lieu à Washington « dans les prochains jours », de nouveau au niveau des ambassadeurs libanais et israélien aux États-Unis. Ces derniers se sont déjà rencontrés à deux reprises courant avril dans des séances préparatoires directes, qui devaient permettre de définir le cadre des négociations entre Beyrouth et Tel-Aviv. Mais le Hezbollah refuse catégoriquement le principe de négociations directes entre le Liban et l'Etat hébreu, lui préférant plutôt des pourparlers indirects, comme cela avait été le cas lors des négociations sur la frontière maritime entre les deux pays, en 2022.
« La haine ne construit pas les États ni les nations » et les Libanais n’ont « d’autre choix que de vivre ensemble », a encore souligné le président libanais. Il faisait ainsi référence à la montée des discours haineux sur les réseaux sociaux et dans la rue, liés à la profonde division dans le pays entre le camp du Hezbollah pro-iranien qui a engagé le Liban dans une lutte armée contre Israël, et les Libanais pro-occidentaux qui soutiennent les chefs de l’Etat et du gouvernement pour le monopole étatique des armes et les négociations directes avec Israël. Le bilan actualisé des victimes au Liban depuis le 2 mars, date de l'entrée du Hezbollah dans la guerre régionale aux côtés de l'Iran, s'élève à 2 696 morts et 8 264 blessés.
« Ceux qui attisent les tensions confessionnelles et communautaires n’y parviendront pas, et quiconque agit ainsi offre un cadeau gratuit à Israël », a martelé Joseph Aoun, assurant que la paix civile est une ligne rouge et que le peuple et la majorité des responsables sont suffisamment conscients de la question. Joseph Aoun n’a pas manqué d’apporter son soutien aux habitants du Sud, saluant « leur résilience » malgré les conditions difficiles, de même que leur attachement à leurs terres.
Aoun condamne l’attaque de drone contre les Emirats
M. Aoun a par ailleurs condamné le bombardement des Émirats arabes unis, « pays frère », qualifiant cette attaque de « grave violation de sa souveraineté, de sa sécurité et de sa stabilité, et d'affront aux valeurs humaines et au droit international », au lendemain de frappes de drones imputées à l’Iran contre le site pétrolier de Fujaïrah qui ont fait trois blessés, tous des ressortissants indiens. « Le président Aoun a affirmé la pleine solidarité du Liban avec les Émirats arabes unis, leurs dirigeants et leur peuple face à ces défis, réitérant son soutien à toutes les mesures prises par les Émirats arabes unis pour protéger leur sécurité et préserver leur souveraineté », a souligné le communiqué de la présidence libanaise.
Le président, qui n’a pas mentionné l’Iran, a souligné « les relations fraternelles profondes et historiques qui unissent le Liban et les Émirats arabes unis, des relations fondées sur le respect mutuel et une étroite coopération, exprimant son engagement indéfectible à renforcer ces liens pour le bien et l'intérêt des deux nations sœurs ».
Alors qu’il recevait les familles des cinq secouristes de la Défense civile tués au Liban-Sud lors d’attaques israéliennes en présence du directeur général de l’institution, le général Imad Khreiss, M. Aoun a condamné les attaques israéliennes continues contre le Liban, déplorant qu’elles visent désormais les civils et les secouristes, en violation flagrante des lois et conventions internationales.


Ne prêchez pas des convaincus cher président. Les libanais vous le demande depuis votre accession au pouvoir et espéraient beaucoup, suite à votre discours mémorable qui est resté encre sur papier. Au lieu de conditionner vos interventions qui vont dans le sens des fossoyeurs de votre pays, vous ferez mieux de parcourir le monde comme le fait Zelensky, ce courageux président, pour sauver votre pays et vous montrer digne de la tâche qui vous attend. Pour cela il faut vous montrer serein et courageux et arrêter de demander l’autorisation pour sauver notre pays.
12 h 45, le 06 mai 2026