Un nuage de fumée au-dessus du village de Chamaa, au Liban-Sud, le 1er mai 2026, après un dynamitage par l’armée israélienne. Kawnat Hajju/AFP
L’escalade a été le mot d’ordre au Liban-Sud ces trois derniers jours, malgré la trêve. L’armée israélienne a mené plusieurs frappes dans cette région depuis vendredi, concentrant ses attaques sur la région de Nabatiyé.
Signe de cette montée du mercure, alors que le bilan quotidien des victimes publié par le ministère de la Santé faisait état de 2 576 tués jeudi, celui-ci a grimpé à 2 679 dimanche après-midi. L’armée israélienne, elle, affirme avoir détruit des dizaines d’infrastructures du Hezbollah.
Dimanche matin, l’armée israélienne a imposé l’évacuation d’une dizaine de villages du Liban-Sud, tous situés hors de la zone tampon qu’elle établit de facto le long de la frontière. Les 11 villages concernés par ces évacuations forcées sont : Doueir, Arabsalim, Charkiyé, Jibchit, Breiqeh, Qaaqaïyet el-Jisr, Qsaybé et Kfar Sir dans le caza de Nabatiyé, ainsi que Kfar Dounine et Baraachit dans celui de Bint Jbeil, et Srifa dans le caza de Tyr. Doueir et Jibchit avaient déjà été englobés dans des menaces publiées la veille par l’armée. Les habitants de ces villages, bombardés à de nombreuses reprises ces derniers jours, avant même l’émission des ordres d’évacuation, ont été sommés de s’éloigner d’au moins un kilomètre. Quelques heures plus tard, des tirs puissants d’artillerie ont notamment atteint Charkiyé, Qsaybé et Srifa, cette dernière localité ayant été frappée à au moins quatre reprises, selon notre correspondant.
Des raids intenses ont également ciblé Jibchit, Doueir et Arabsalim. Dans ce dernier village, les frappes ont totalement démoli un restaurant et une pharmacie voisine, faisant deux morts. En raison de la présence de bonbonnes de gaz et de cuves à mazout sur les lieux, une explosion et un incendie ont suivi les raids aériens. À Breiqeh, un raid a fait deux morts. Toujours dans le même caza, des frappes de drones ont ciblé samedi la ville de Nabatiyé et ses alentours, selon notre correspondant. D’autres frappes ont touché Zebdine, Zaoutar el-Charkiyé et Adchit el-Chkif. Des obus se sont également abattus sur Zaoutar el-Charkiyé et Mayfadoun, suivis de tirs de mitrailleuses lourdes dans la vallée entre Zaoutar el-Charkiyé et Zaoutar el-Gharbiyé, après plusieurs autres bombardements sur ces localités. Outre Nabatiyé, des frappes ont aussi ciblé Kounine (Bint Jbeil), Majdel Zoun (Tyr), ainsi que des tirs d’artillerie sur Froun et Ghandouriyé (Bint Jbeil).
Toujours samedi, une personne a été tuée dans une frappe de drone visant une moto à Chaaïtiyé (Tyr). Trois personnes ont été tuées dans deux attaques distinctes ayant ciblé des deux-roues à Semmaïyé (Tyr). À Zaoutar el-Charkiyé (Nabatiyé), deux personnes ont été blessées dans un raid ayant touché une camionnette. Des blessés ont également été signalés à Cana (Tyr) après une frappe contre un véhicule utilitaire. Vendredi, les Israéliens se sont acharnés sur le village de Habbouche, dans le caza de Nabatiyé. Un immeuble résidentiel, un supermarché et plusieurs habitations ont notamment été bombardés.
Bâtiments religieux endommagés
Dans ce contexte, l’armée israélienne a reconnu samedi que ses forces avaient « endommagé un bâtiment religieux » à Yaroun, dans le caza de Bint Jbeil, après le tollé provoqué par la confirmation de la démolition d’un couvent de religieuses dans le village et d’une école attenante. Les destructions à Yaroun, de ce qu’il restait du couvent déjà lourdement détruit en 2024 et d’une école attenante, avaient été confirmées vendredi par les sources de notre correspondant au Liban-Sud. Le ministère israélien des Affaires étrangères a cependant démenti que le bâtiment, qualifié de « monastère », ait été « détruit », en accompagnant ce message d’une photo d’une maison à deux étages. La municipalité de Yaroun a également dénoncé, dans un communiqué, la destruction par l’armée israélienne d’une husseiniyé (lieu de culte chiite).
De son côté, le Hezbollah a revendiqué entre vendredi et dimanche matin une poignée de nouvelles attaques avec des obus d’artillerie ainsi que des « drones kamikazes » sur des véhicules et des soldats israéliens au Liban-Sud.
Réunion Haykal-Clearfield
Dans ce contexte, le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, et le chef du comité de supervision du cessez-le-feu de novembre 2024 (le « mécanisme »), le général américain Joseph Clearfield, ont tenu une « réunion exceptionnelle » à la base aérienne de Beyrouth samedi, a fait savoir l’armée. « La réunion exceptionnelle a suivi une brève visite du général Clearfield. Elle a porté sur la situation sécuritaire au Liban, les développements régionaux, ainsi que sur les moyens de renforcer le rôle du mécanisme et développer davantage son travail. » Le communiqué a parallèlement souligné « l’importance du rôle de l’armée et la nécessité de la soutenir durant la phase actuelle ». Le général Clearfield a quitté le territoire libanais à l’issue de la réunion. Cette rencontre intervient dans le cadre d’un cessez-le-feu fragile, négocié par les États-Unis entre le Hezbollah et Israël, et visant à mettre fin à la guerre de grande ampleur qui a éclaté le 2 mars.



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Haykal ne fera rien contre la milice. Il l'a dit et redit lui même. Il est en service commandé pour refaire vivre le mécanisme qui a été protecteur de la milice et reposant pour l'armée : Il a permis d'enfumer et de mentir aux israeliens et aux americains durant des mois tout en donnant au hezballah toute latitude pour se réarmer sous le regard bienveillant de la troupe. Tout le monde doit se rappeler de l'argument relatif á l'impossibilité de rentrer dans les propriétés privées...C'était bien trouvé comme enfumage.
15 h 21, le 04 mai 2026