Des secouristes cherchant des survivants après une frappe israélienne à Aïn Baal, au Liban-Sud, le 1e mai 2026. Photo d'illustration Kawnat HAJU / AFP
L'armée israélienne a confirmé samedi que ses forces avaient « endommagé un bâtiment religieux » à Yaroun, dans le sud du Liban, après le tollé provoqué par la confirmation de la démolition d'un couvent de religieuses dans le village et d'une école attenante.
L'armée a indiqué que des forces opérant dans le village de Yaroun avaient endommagé une structure sur un site religieux, alors qu'elles démantelaient ce qu'elle a décrit comme une « infrastructure terroriste » dans la zone. « Il a été noté que, lors des opérations menées (...) pour détruire l'infrastructure terroriste, l'une des maisons situées sur un site religieux avait été endommagée », a déclaré sur X un porte-parole de l'armée en langue arabe, le colonel Avichay Adraee. « Il n'y avait aucun signe visible indiquant qu'il s'agissait d'un bâtiment religieux. Dès que des signes distinctifs clairs ont été observés sur un autre bâtiment du site, les forces (israéliennes) ont agi pour empêcher tout dommage supplémentaire au site », a-t-il ajouté. Le colonel Adraee a justifié la présence de l'armée dans le secteur en disant que le Hezbollah avait tiré de nombreuses roquettes vers Israël depuis ce site.
Les destructions à Yaroun, de ce qu'il restait du couvent déjà lourdement détruit en 2024 et d'une école attenante, avaient été confirmées vendredi par les sources de notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, et notamment après un contact avec le curé de la paroisse de Yaroun, le père Charbel Naddaf. L'annonce de ces démolitions a provoqué de nombreuses condamnations.
Parmi elles, celle de L'Œuvre d'Orient, association catholique française, qui a indiqué dans un communiqué que l'armée avait « détruit » à Yaroun un couvent qui appartenait aux sœurs du Saint Sauveur, « un ordre religieux grec-catholique que L'Œuvre d'Orient (...) soutient ». Et de dénoncer un « acte volontaire de destruction d'un lieu de culte et la destruction systématique des habitations du visant à empêcher le retour des populations civiles ». L'Œuvre d'Orient a notamment acheminé, avec d'autres associations et avec la nonciature apostolique, de nombreux convois d'aides humanitaires pour des villages chrétiens de la zone frontalière avec Israël, toujours peuplés malgré l'avis d'évacuation général dans la région imposé par l'armée israélienne.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a cependant démenti que le bâtiment, qualifié de « monastère », ait été « détruit », accompagnant ce message d'une photo d'une maison à deux étages.
L'incident survient quelques jours après que l'armée israélienne a annoncé une peine d'un mois de prison pour deux de ses soldats ayant vandalisé une statue de Jésus-Christ dans un autre village du sud du Liban.
Israël poursuit ses frappes meurtrières au Liban et le Hezbollah continue de revendiquer des attaques contre des cibles israéliennes malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril qui visait à mettre fin à plus de six semaines de guerre. Des soldats israéliens opèrent dans le sud dans une zone qui s'étend sur quelque 10 kilomètres depuis la frontière, où ils procèdent notamment à des démolitions systématiques de bâtiments et infrastructures, à coup d'explosif ou de bulldozers.

