Une statue renversée après des actes de vandalisme dans un sanctuaire chrétien du Akkar, au Liban-Nord, le 3 mai 2026. Photo relayée par Michel Hallak
Des individus non identifiés ont vandalisé, dans la nuit de samedi à dimanche, le monastère de Saint Challita, un lieu de pèlerinage situé dans la vallée de Helesban, près de Qobeyate, au Akkar (Liban-Nord), un incident qui a provoqué la condamnation de figures politiques de la région, rapporte notre correspondant dans la région, Michel Hallak.
Selon des images obtenues par L'Orient-Le Jour, plusieurs statues de saints ont été brisées dans l'enceinte du monastère et des objets incendiés. C’est la première fois que ce site historique, qui reste toujours ouvert au public, fait l'objet de tels actes de vandalisme.
Ce sanctuaire est un ancien monastère dédié à Saint Challita, également appelé Saint Artémius. Bâti sur les ruines d'un ancien temple romain, il a été transformé en église et monastère sous l'empire byzantin, avant d'être abandonné. Il reste toutefois un lieu de pèlerinage prisé dans la région.
Éviter toute spéculation
Les forces de sécurité et les autorités religieuses locales ont été alertées et une enquête a été ouverte pour élucider les circonstances de l’incident. Cet acte a suscité une vive condamnation de la part des habitants de Qobeyate et de responsables locaux. Le député Jimmy Jabbour s'est notamment rendu sur les lieux et a appelé à « ne pas lancer d'accusations précipitées et attendre les résultats de l'enquête. » Le monastère restera ouvert aux visiteurs, a-t-il assuré, affirmant ne pas craindre pour la sécurité des habitants de Qobeyate. De son côté, l'ancien député Hadi Hobeiche a dénoncé les destructions commises, un « acte de discorde condamnable », selon lui. Il a toutefois également appelé à éviter toute « spéculation ».
Ces appels au calme ont été lancés alors que les sensibilités sont à vif au Liban depuis plusieurs semaines, marquées par des incidents communautaires, et au lendemain d'une campagne à l'encontre du patriarche maronite Béchara Raï, menée sur les réseaux sociaux par des partisans et des proches du Hezbollah après une vidéo critique à l'encontre du parti-milice.
En juin 2025, une statue de la Vierge Marie avait déjà été vandalisée à Chadra, sur la route menant au monastère Saint Jacques (Mar Yaacoub) dans le Akkar également. Ce type d’incident n’est pas rare au Liban. Des statues religieuses sont parfois vandalisées dans différentes régions du pays, suscitant l’émotion des fidèles.


Attention à la banalisation de propos racistes, xénophobes, et de la haine de l'Autre, y compris dans le débat médiatique, évoquant le SOUHAIT DE GUERRE CIVILE Ce pour préserver la démocratie…. Merci
17 h 17, le 04 mai 2026