Le patriarche maronite Béchara Raï présidant une messe en la basilique Notre-Dame du Liban à Harissa le 3 mai 2026. Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï a condamné, sans y référer explicitement, la campagne de dénigrement dont il a été la cible sur les réseaux sociaux ces derniers jours, et qui avait suscité samedi une vive indignation chez nombre de figures politiques et religieuses. Dans son homélie dominicale en la basilique Notre-Dame de Harissa, Mgr Raï a dénoncé une « atteinte à la dignité des personnes » dans les campagnes en ligne, assurant toutefois que le Liban était « au-dessus » de ce genre de querelles.
« La guerre des mots qui sévit sur les réseaux sociaux n'entre pas dans la liberté d’expression », mais représente « une atteinte à la dignité des personnes », a déclaré le patriarche lors de cette messe d'ouverture du mois de mai consacré à la Vierge Marie. Il a évoqué une « dégradation préoccupante des standards de la langue et des valeurs, ainsi qu’une atteinte à la dignité, qui ne devrait jamais être ciblée, quelle que soit la source ou l'identité » de la personne visée.
Les Libanais entre la guerre et les « divisions intestines »
Au Liban, « nous faisons aujourd’hui face à une réalité oscillant entre une guerre imposée et que nous refusons, la destruction, le déplacement et la mort. Notre peuple attend dans l’angoisse quotidienne, s’accrochant au peu d’espoir qui subsiste », a estimé le patriarche. Il a regretté que, dans cette situation « d'attente », les Libanais doivent de surcroît faire face aux « divisions intestines, tensions et sensibilités exacerbées — comme si nous avions perdu la capacité de tolérer l’autre. »
« En un instant, des conflits éclatent, et d’un seul mot la confiance vacillante s’effondre », a-t-il déploré, estimant toutefois que « le Liban est plus grand que des querelles éphémères. » « Ce qui est bâti sur l’amour n’est pas détruit par les tempêtes de l’injure », a-t-il lancé.
La LBCI obligée de supprimer une vidéo critique du Hezbollah
Au cours du week-end, des images manipulées ont circulé en ligne, dans lesquelles la tête du patriarche maronite était remplacée par une chaussure — une symbolique fréquemment associée aux publications pro-Hezbollah en ligne —, ou par un cochon ou une tête d’oiseau, inspirés du célèbre jeu mobile Angry Birds. Des images qui se voulaient une réaction à une vidéo, inspirée du même jeu pour critiquer le Hezbollah, qui avait été publiée par la chaîne LBCI. La chaîne a finalement supprimé la vidéo, sur directive du nouveau procureur général près la Cour de Cassation, Ahmad Hajj. « Suite à une directive du procureur général, le juge Ahmad Rami Hajj, et après avoir comparu devant le bureau de lutte contre la cybercriminalité, nous avons supprimé le contenu numérique qui présentait une caricature du secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, dans une vidéo inspirée des personnages du jeu « Angry Birds » » , a annoncé la LBCI dimanche sur son site.



Accord États-Unis-Iran : Aoun et Salam saluent un « facteur positif pour la réduction des tensions dans la région »
À l’occasion du Nouvel An de l’Hégire, Joseph Aoun appelle à « renforcer l’unité nationale » et l’État
toute une salade merci OLJ
20 h 10, le 04 mai 2026