Le Palais de justice de Beyrouth. Photo d'archives Philippe HAGE BOUTROS / L'Orient-Le Jour
Le Parquet général près la Cour de cassation a rejeté la plainte déposée en 2025 contre Kulluna Irada (KI), a annoncé mercredi le Think tank selon lequel l’enquête a conclu que la procédure manquait de fondement et que ses motifs n’étaient pas valables.
« La plainte comportait un ensemble d’accusations et d’allégations mensongères, notamment le dépassement par l’association de ses objectifs statutaires, la pratique d’activités illégales, ainsi que des accusations liées au blanchiment d’argent et à une atteinte à l’économie nationale. Cependant, les enquêtes ont démontré de manière catégorique l’absence de toute base à l’ensemble de ces accusations et allégations », a expliqué KI, qui se réjouit que « la justice lui a donné raison ». Le signalement avait été déposé par les avocats Bachir Aazan, Charles Assaad et Jocelyne Karam, agissant à titre privé, un procédé ne permettant pas d’identifier un probable mandataire.
Dans un communiqué distribué à la presse, Kulluna Irada a réaffirmé son « plein respect du pouvoir judiciaire libanais et renouvelé (son) engagement ferme à poursuivre son action en faveur de l’établissement d’une République libanaise moderne, fondée sur la souveraineté, la transparence et l’État de droit ».
Kulluna Irada, qui réclame depuis 2019 une restructuration financière permettant une sortie de la crise dans laquelle le pays était plongé bien avant les guerres successives en 2023 et 2025, avait fait l’objet d’un signalement judiciaire pour « tentative de déstabilisation du système financier libanais », entre autres griefs. Le procureur de la République, Jamal Hajjar — qui a depuis pris sa retraite — avait alors transféré au procureur près la cour d’appel de Beyrouth, Ziad Abi Haïdar, le dossier du signalement concernant KI, ainsi que ceux de procédures similaires lancées à l’encontre des médias Daraj et Megaphone, accusés de « tentative de déstabilisation du système financier ».
L’ONG et les deux médias étaient également visés par des campagnes de dénigrement véhiculées par des relais d’opinion proches du lobby bancaire. Les auteurs du signalement contre Kulluna Irada lui reprochaient en outre de ne pas avoir rendu publics ses comptes financiers lors de sa création, alors que plusieurs documents à ce sujet ont été exposés dans une conférence de presse tenue par KI début avril. Kulluna Irada a systématiquement rejeté toutes les accusations portées contre elle.



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