Le président américain Donald Trump écoute le secrétaire d'État Marco Rubio lors d'une réunion du cabinet à Camp David, à Thurmont (Maryland), le 31 juillet 2026. Photo Daniel Heuer/Reuters
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que la campagne menée par les États-Unis pour démanteler la Cour pénale internationale visait à protéger le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et d’autres responsables contre d’éventuelles poursuites, et non à le défendre personnellement.
Le chef d'État américain a tenu ces propos après que le secrétaire d’État Marco Rubio a affirmé, lors d’une réunion du cabinet à Camp David, que cinq pays avaient annoncé leur intention de quitter la Cour depuis le lancement, au début du mois, d’une campagne américaine contre ce que Washington considère comme une menace pour la souveraineté des États-Unis.
« Rien n’indique qu’ils s’en prennent à moi », a déclaré Trump.
« Cela pourrait arriver, mais sachez-le : il [Rubio] n’essaie pas de me défendre. Il essaie de défendre Bibi et plusieurs autres personnes », a-t-il ajouté, en utilisant le surnom de Netanyahu. « Beaucoup de personnes ne devraient pas être traitées de cette manière. Mais, pour le moment, rien n’indique que je fasse partie des personnes visées. »
Rubio a répondu que les personnes les plus menacées étaient les militaires américains, qui pourraient selon lui être poursuivis plusieurs années plus tard pour des actes commis en temps de guerre.
La CPI a été créée en 2002 par la communauté internationale afin de poursuivre les auteurs de crimes de guerre, de génocides et de crimes contre l’humanité. Elle n’exerce sa compétence que lorsqu’un État membre est dans l’incapacité ou refuse de poursuivre lui-même les auteurs d’atrocités.
Les États-Unis n’ont jamais été membres de la Cour.
Le Statut de la CPI lui permet néanmoins de poursuivre des ressortissants d’États non membres pour des crimes commis sur le territoire d’un État partie.
L’opposition de Trump à la Cour remonte à son premier mandat. Elle est revenue sur le devant de la scène avec un projet visant à sanctionner des responsables de la CPI, élaboré en novembre 2024, après sa réélection et l’émission par la Cour d’un mandat d’arrêt contre Netanyahu pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés dans le cadre de la guerre à Gaza.
Plus tôt ce mois-ci, Rubio avait dénoncé la Cour basée à La Haye, en invoquant notamment les appels de militants demandant à la CPI d’enquêter sur des personnels américains pour des actes tels que l’expulsion de migrants ou les frappes américaines contre des embarcations que les autorités accusent de transporter des stupéfiants.
L’administration Trump a annoncé qu’elle ferait pression sur d’autres pays afin qu’ils quittent la Cour et qu’elle recourrait à des interdictions de voyage ainsi qu’à de nouvelles sanctions contre la CPI et les organisations qui lui sont affiliées, dans le but d’affaiblir l’institution. Cette campagne est contestée devant les tribunaux par des juges de la CPI et des groupes américains de défense des droits, qui accusent l’administration de porter atteinte à leur liberté d’expression.


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