De la fumée s'élève d'une installation de Bapco sur l'île de Sitra, à Bahreïn, le 5 avril 2026, comme le montre cette capture d'écran extraite d'une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Photo Reuters
Le ministère de l'Intérieur de Bahreïn a annoncé déchoir de leur nationalité 69 personnes, accusées d'avoir soutenu l'Iran malgré les attaques iraniennes répétées contre des infrastructures des pays du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Dans un communiqué, le ministère a publié la liste des individus concernés - précisant que la mesure concernait également des personnes à leur charge - leur imputant d'avoir « soutenu des actes iraniens hostiles, parfois en connivence avec des entités étrangères ».
L'Institut bahreïni pour les droits et la démocratie (BIRD), une ONG basée au Royaume-Uni, a décrit cette mesure comme « la première vague massive de déchéances de nationalité depuis 2019 ». Elle a indiqué ne pas pouvoir spécifier si ces individus avaient été arrêtés, s'ils étaient encore à Bahreïn ou s'ils disposaient également d'autres nationalités. L'Iran a lancé des attaques de drones et de missiles contre les pays du Golfe, dont Bahreïn, en réponse à l'offensive israélo-américaine contre la République islamique entamée le 28 février.
Téhéran a notamment reproché à ces voisins d'autoriser les Etats-Unis à utiliser leurs territoires comme base de lancement pour des frappes.
Les attaques iraniennes, qui ont visé aussi bien des sites militaires américains dans la région que des infrastructures industrielles et énergétiques, ont cessé depuis le 8 avril et le cessez-le-feu annoncé par Téhéran et Washington. Mais les pays du Golfe sont en alerte quant à de possibles infiltrations iraniennes sur leurs territoires. Le Qatar, le Koweït et les Emirats arabes unis ont durci leur répression de réseaux qu'ils estiment liés à l'Iran.
La guerre contre l'Iran, plus grand voisin chiite de Bahreïn, a eu un profond impact sur le royaume, dirigé par une dynastie sunnite mais dont une large partie de la population est chiite et se plaint de longue date de marginalisation. L'ONG Human Rights Watch avait alerté en mars sur l'arrestation depuis le début de la guerre de « dizaines de personnes », accusées de trahison ou d'avoir pris part à des manifestations.

