Un portrait de l’ancien chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le 22 avril 2026 dans un garage à Tyr, au Liban-Sud. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Après la décision gouvernementale de considérer illégales les activités sécuritaires du Hezbollah début mars, les deux derniers partisans du parti chiite arrêtés à un barrage de l'armée pour port d’armes, transport d’artillerie lourde et inculpés à ce titre par le commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire, Claude Ghanem, ont été remis en liberté par la première juge d’instruction militaire Ghada Abou Alouane, devant laquelle ils avaient été déférés.
Le 24 mars, après avoir interrogé les deux individus, la magistrate avait émis des mandats d’arrêt à leur encontre, avant d’ordonner leur libération un mois plus tard, mardi dernier, selon une source judiciaire. Le montant de leur caution avait été fixé à 100 millions de livres libanaises, soit quelque 1.120 dollars au taux officiel.
Il semble qu’il ne reste plus de détenus dans les rangs du parti chiite après la libération des ces partisans. Plusieurs autres personnes avaient été arrêtées dans le sillage de la décision du gouvernement, le 2 mars, de considérer illégales les activités militaires du Hezbollah. Quatre d’entre eux avaient été remis en liberté par le Tribunal militaire présidé par Wassim Fayad contre une caution symbolique de 21 dollars après six jours de détention pour port d’armes illicite. La juge Abou Alouane avait, de son côté, ordonné la libération d’un autre partisan armé, avant qu’un autre juge d’instruction militaire, Rayan Nasr, en avait fait de même pour un sixième.
Un partisan du mouvement chiite Amal, arrêté pour le même motif de port d'armes, et qui avait en sa possession notamment plusieurs fusils de chasse et un fusil d'assaut Kalashnikov, a également été arrêté pendant une cinquantaine de jours puis libéré.
Ces remises en liberté interviennent dans un contexte dans lequel le Hezbollah continue de soutenir que ses armes sont une nécessité pour la « résistance » contre Israël, affirmant que la Constitution garantit le droit de se défendre contre les agressions extérieures. Lors d’un sit-in organisé le 24 mars devant le tribunal militaire, en concomitance avec l’interrogatoire mené par la juge Abou Alouane des deux partisans aujourd’hui libérés, un groupe d’avocats proches du Hezbollah, les « Juristes nationaux » (al-Houqouqiyoun al-Wataniyoun), avait clamé que « les résistants se sacrifient pour le Liban et son peuple ».


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Si le port s'armes légères est un simple délit, le transport d'armes lourdes constitue, selon la loi, un CRIME. Leurs auteurs n'auraient jamais dû être remis en liberté. Encore une preuve de la scandaleuse connivence entre la "justice" militaire et les criminels.
07 h 26, le 25 avril 2026