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Politique - guerre au liban 2026

« Menace inadmissible » : condamnations après une comparaison entre Aoun et Sadate par un responsable du hezbollah

Le courant du Futur a dénoncé des propos tenus par le haut conseiller iranien Ali Akbar Velayati concernant la « méthode Rafic Hariri ».

« Menace inadmissible » : condamnations après une comparaison entre Aoun et Sadate par un responsable du hezbollah

Un partisan du Hezbollah brandit le drapeau du mouvement devant des soldats de l’armée libanaise sur la route de l’aéroport de Beyrouth, le 7 février 2025. Photo d'archives AFP

Une menace à peine voilée faite par un responsable du Hezbollah, Nawaf Moussaoui, qui a comparé samedi le président libanais Joseph Aoun à Anouar Sadate, ancien président égyptien assassiné trois ans après avoir signé un accord de paix avec Israël en 1978, a provoqué plusieurs condamnations dimanche au Liban.

Dans un entretien sur la chaîne du Hezbollah al-Manar, Nawaf Moussaoui, responsable du dossier des ressources et des frontières au sein du Hezbollah et ancien membre du bureau politique du parti, a estimé que si le chef de l'État « veut prendre des décisions de manière unilatérale, il n’est pas plus important qu’Anouar el-Sadate ». L'ex-président égyptien avait brisé un tabou et accepté, le 17 septembre 1978, un accord de paix avec Israël lors de la conférence de Camp David, aux Etats-Unis. Un geste qui lui avait valu d'être mis au ban par d'autres pays arabes. Trois ans plus tard, en 1981, Anouar al-Sadate avait été assassiné par des extrémistes islamistes.

M. Moussaoui a ajouté que toute négociation ou tout accord entre Israël et l’État libanais serait « rejeté, non reconnu et jeté à la poubelle, comme l’accord du 17 mai 1983 », qui devait constituer un premier pas sur la voie d’une paix durable avec Israël, sous l'égide de l'ancien président libanais Amine Gemayel (1982-1988), avant de renoncer sous l'effet de la pression. Il a également estimé que si Joseph Aoun « se soumet à Donald Trump et rencontre Benjamin Netanyahu, il perdra sa qualité de président du pays ».

L’ancien député Farès Souhaid, une figure du camp anti-Hezbollah, a réagi sur X, dénonçant une « menace inadmissible » à l'encontre du chef de l'Etat. Selon lui, c'est « la diversité libanaise a empêché les coups d’État et les tentatives d’instaurer un régime monochrome. »

« Tout le Liban avance » derrière Aoun

Elias Hankach, député des Kataëb, a estimé de son côté que « si Téhéran négocie elle-même avec ce qu’elle appelle le « Grand Satan » (les Etats-Unis, ndlr) « le Hezbollah devrait en tirer les leçons ». Il a également jugé « injustifiées et irrecevables » les attaques visant le président Aoun. Il a souligné que celui-ci« incarne la légitimité et a pris l’initiative de négociations directes avec Israël, ce qui finira par se produire. Tout le Liban avance derrière lui, à l’exception du Hezbollah ».

Dans la même veine des critiques à l'encontre de M. Aoun, le vice-président du Conseil politique du Hezbollah, Mahmoud Comati avait dénoncé samedi « une ingratitude officielle flagrante » des autorités libanaises, estimant que M. Aoun « a remercié le criminel et l’assassin, sans remercier ceux qui nous ont sauvés, à savoir l’Iran ». Le même jour, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah avait menacé lors d’une conférence de presse à Tebnine au Liban-Sud que « quiconque voudra être un nouvel Antoine Lahad » - leader de l'Armée du Liban-Sud, ex-milice soutenue par Israël - « sera combattu comme nous avons combattu Israël ».

Critiques du Futur à l'encontre de Velayati

Par ailleurs, le Courant du Futur, parti fondé par l'ancien Premier ministre assassiné en 2005 Rafic Hariri, a, lui, condamné des menaces d'Ali Akbar Velayati, haut conseiller du guide suprême iranien. Dans un entretien accordé vendredi à l’agence iranienne Fars, il a estimé que « chaque fois qu’un gouvernement libanais s’allie à la résistance, la stabilité et la dignité nationale ont été préservées. Mais chaque fois que des mouvements comme celui de Rafic Hariri ou certaines personnalités, comme Nawaf Salam, ont choisi la voie de la dépendance envers la France et l’Arabie saoudite », cela a conduit à « l’affaiblissement de la souveraineté ». M. Velayati a également estimé que « l’extrémisme actuel contre la résistance (le Hezbollah) constitue un jeu sur le terrain de l’ennemi (Israël) et peut conduire le pays au bord de la désintégration ». Il a également affirmé que la « force de dissuasion » du Hezbollah constituait « la seule garantie » de l’intégrité territoriale du Liban.

Dans un communiqué dimanche, le courant du Futur a dénoncé des « tentatives iraniennes répétées de confisquer la décision libanaise et de semer le chaos dans les sociétés arabes. » « M. Velayati a révélé l’esprit de haine latent au sein de la direction iranienne à l’égard des pays arabes, du courant de Hariri et du Liban, qui paie le prix élevé de l’ingérence iranienne dans ses affaires », a ajouté le parti, qui estime que la position du conseiller iranien « reflète le mécontentement des autorités iraniennes face au rétablissement par l’État libanais de sa décision souveraine dans les négociations. »

Le député joumblattiste du Chouf Bilal Abdallah a quant à lui dénoncé « une nouvelle sortie déplacée » de Ali Akbar Velayati, fustigeant son « ingérence dans les affaires libanaises et ses attaques contre les symboles de l’État et ses présidents, ainsi que contre Rafic Hariri ». « Quelles que soient les tentatives de ces déclarations de semer la discorde entre les Libanais, notre unité nationale restera préservée », a souligné M. Abdallah.

Ces polémiques ont éclaté au troisième jour du cessez-le-feu de dix jours instauré au Liban, après un mois et demi de guerre entre le Hezbollah et Israël. Dès le début du conflit, le président Aoun avait proposé des négociations directes avec Israël en vue de mettre fin à ce cercle vicieux de guerres, mais cette proposition ne s’est matérialisée que le 14 avril, lors d’une réunion inédite des ambassadeurs des deux pays à Washington.

Une menace à peine voilée faite par un responsable du Hezbollah, Nawaf Moussaoui, qui a comparé samedi le président libanais Joseph Aoun à Anouar Sadate, ancien président égyptien assassiné trois ans après avoir signé un accord de paix avec Israël en 1978, a provoqué plusieurs condamnations dimanche au Liban.Dans un entretien sur la chaîne du Hezbollah al-Manar, Nawaf Moussaoui, responsable du dossier des ressources et des frontières au sein du Hezbollah et ancien membre du bureau politique du parti, a estimé que si le chef de l'État « veut prendre des décisions de manière unilatérale, il n’est pas plus important qu’Anouar el-Sadate ». L'ex-président égyptien avait brisé un tabou et accepté, le 17 septembre 1978, un accord de paix avec Israël lors de la conférence de Camp David, aux Etats-Unis. Un...
commentaires (9)

S’ils comptent combattre ceux qui les combattent comme ils ont combattu Israël alors notre président a de quoi se réjouir. Il peut d’ores et déjà les combattre puisqu’on connaît leur puissance de résister. Le Liban est occupé et ils crient victoire. Alors qu’attendons-nous pour leur permettre de crier victoire sur les ruines de leurs tunnels et leurs trous à rats bondés d’armes et de munitions. Vaincus ils seront, mais heureux de mourir pour rejoindre leurs leaders avec leurs vierges réservées d’avance.

Sissi zayyat

13 h 05, le 20 avril 2026

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Commentaires (9)

  • S’ils comptent combattre ceux qui les combattent comme ils ont combattu Israël alors notre président a de quoi se réjouir. Il peut d’ores et déjà les combattre puisqu’on connaît leur puissance de résister. Le Liban est occupé et ils crient victoire. Alors qu’attendons-nous pour leur permettre de crier victoire sur les ruines de leurs tunnels et leurs trous à rats bondés d’armes et de munitions. Vaincus ils seront, mais heureux de mourir pour rejoindre leurs leaders avec leurs vierges réservées d’avance.

    Sissi zayyat

    13 h 05, le 20 avril 2026

  • Hassan fadlallah dit « quiconque sera combattu comme nous avons combattu Israël ». non monsieur pas combattu mais plutôt con battu ! Inutile d’écouter la haine de ces abrutis champions du déni ridicule. Leur public est jeté à la rue, leurs chefs décapités ou au mieux cachés comme des rats, leurs villages détruits, leurs hommes massacrés, et ils insultent et menacent ceux qui veulent sauver la peau qui leur reste. Aoun et Salam doivent bien regretter leur compassion. Ces hyènes hurlantes ne méritent aucune pitié.

    NG

    08 h 35, le 20 avril 2026

  • "La « force de dissuasion » du Hezbollah constituait « la seule garantie » de l’intégrité territoriale du Liban". Il me semblait que, au lieu de "dissuader", cette force a, plutôt provoqué l'intervention israélienne et que l'établissement d'un no man's land (délimité par la "ligne jaune") constituait une perte de "l' intégrité territoriale". Mon esprit, prisonnier du cartésianisme occidental n'a, sans doute, pas encore ssimilé la logique orwellienne en usage dans les milieux iro-hezbollahis ("La guerrem c'est la paix". "L'ignorance, c'est la force". "La liberté, c'est l'esclavage").

    Yves Prevost

    08 h 15, le 20 avril 2026

  • "Aoun « a remercié le criminel et l’assassin, sans remercier ceux qui nous ont sauvés, à savoir l’Iran »". J'avoue avoir quelque difficulté à distinguer le "salut" apporté au Liban par l'Iran qui y a déclenché cette guerre dont je ne perçois pas très bien le bénéfice pour notre pays. Je supplie Larijani (ou Qassem, oi Comati) d'avoir la charité et la patience d;expliquer à mon esprit obtus les avantages, obtenus au prix du sang de ses miliciens ( et de quelques milliers de civils libanis) que constituent l'établissement de la "ligne jaune" et le déplacement sans espoir de retour du quart de l

    Yves Prevost

    07 h 53, le 20 avril 2026

  • Drones drones drones

    Robert Moumdjian

    05 h 37, le 20 avril 2026

  • Le hezbollah lâche ses chiens puis nous envoi le petit Naïm, barbu et vendu à l'Iran nous déclarer qu'il veut bien travailler avec l'état ... Un nous ne croyons certainement pas à ses déclarations mensongères où il essaye d'endormir tout le monde avec une apparente volonté de je ne sais pas quoi et de deux ils méritent d'être jetés en prison sans aucune forme de procès.

    Zeidan

    21 h 28, le 19 avril 2026

  • Il faut dissoudre ce parti félon y compris sa branche politique, nous avons tous compris que pour eux un Velayati sera toujours plus important et respecté qu'un président élu ou un premier ministre et un gouvernement nommé dans le pays où ils sont résidents. Si cela n'est pas de la trahison je veux bien qu'on la définisse. Quel toupet. VOUS AVEZ ÉTÉ BRISÉ ET LE TEMPS DE VOTRE JOUG COMME CELUI D'ASSAD TERMINÉ le plus rapidement vous le comprendrez le mieux ce sera pour tous mais surtout pour VOTRE population qui n'en finit pas de payer les pots cassés de votre aveuglement béat.

    Liban Libre

    20 h 42, le 19 avril 2026

  • Mais il faudrait quoi de plus pour émettre un mandat d'arrêt ?

    Ata

    20 h 41, le 19 avril 2026

  • Le Velayati ferait mieux de s’occuper de l’opposition qui menace le régime de ces barbus qui ont fait reculer l’Iran au XI e siècle et qui simulent l’égalité de leur régime alors que 90% de la population le honnissent et demandent sa chute par tous les moyens. Ça n’est pas en tuant son propre peuple qu’on devient porteur de messages de paix et de démocratie. Il parle du HB comme un stabilisateur du Liban? Il n’y a qu’à comparer le Liban d’avant cette milice vendue et celui d’aujourd’hui. Ila le droit de parler lorsque le peuple libanais lui donne l’autorisation et jamais avant. La ferme.

    Sissi zayyat

    20 h 30, le 19 avril 2026

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