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Dernières Infos - République Démocratique Du Congo

Quinze migrants expulsés des États-Unis sont arrivés à Kinshasa

Les personnes concernées ne sont pas des ressortissants congolais, Washington ayant passé des accords avec des pays tiers pour expulser des migrants illégaux.

Un agent de ICE (Immigration and Customs Enforcement) dans l'aéroport d'Atlanta Hartsfield-Jackson, le 24 mars 2026. Alyssa Pointer/Reuters

Quinze migrants expulsés des États-Unis sont arrivés par avion dans la nuit de jeudi à vendredi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre d'un dispositif américain controversé d'envoi de ressortissants étrangers en situation irrégulière vers des pays tiers. Il s'agit du premier envoi de migrants vers la RDC dans ce cadre.

Le vaste pays d'Afrique centrale rejoint ainsi la liste des pays africains qui ont accepté au cours des derniers mois d'accueillir des personnes expulsées par les États-Unis, dont la Guinée équatoriale, le Ghana, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Cameroun ou encore l'Eswatini. Ces accords ont souvent été assortis d'un appui financier ou logistique américain. En général, peu d'informations sont fournies par les autorités des pays d'accueil sur le sort, une fois arrivés sur leur sol, de ces migrants souvent originaires d'autres continents, comme l'Amérique du Sud ou l'Asie.

« Le gouvernement de la RDC a demandé à l'OIM (Organisation internationale pour les migrations) d'apporter une aide humanitaire à 15 migrants renvoyés par les États-Unis vers la RDC le 17 avril », a déclaré à l'AFP l'OIM, l'agence onusienne précisant qu'elle pourra proposer « un retour volontaire assisté aux migrants qui en font la demande ». Au total, sept femmes et huit hommes ont été débarqués d'un vol en provenance des États-Unis, qui a atterri jeudi à 23h55 GMT à l'aéroport de Ndjili dans la capitale de la RDC, selon une source proche de la présidence congolaise. Il s'agit de personnes originaires du Pérou et d’Équateur, selon la même source.

D'autres migrants expulsés du sol américain doivent arriver prochainement à Kinshasa, au rythme d'une cinquantaine par mois environ, selon des sources proches du dossier. Le nombre total de personnes qui seront accueillies par la RDC n'est pas connu à ce stade. Le dispositif négocié entre Washington et plusieurs pays africains vise à faire partir rapidement les migrants du sol américain, avant de les renvoyer vers leur pays d'origine, a expliqué une de ces sources. Sa mise en œuvre en RDC intervient après un accord ouvrant à Washington un accès aux ressources minières stratégiques dont le sous-sol congolais regorge, et qui sont cruciales pour l'industrie électronique mondiale. Washington s'est en contrepartie impliqué, sans résultat concret sur le terrain, dans les pourparlers visant à stabiliser l'Est congolais, en proie à des conflits depuis plus de 30 ans.

« Accords opaques »

Sollicitées par l'AFP, les autorités congolaises n'ont pas confirmé à ce stade l'arrivée des premiers migrants. En RDC, l'annonce de ce dispositif « a surpris l'opinion car il a été géré dans l'opacité », explique Albert Malukisa, directeur de recherche à l'institut congolais Ebuteli. « Qu'est-ce que la RDC gagne en contrepartie sur le plan financier ? Ce n'est pas clair ». Le spécialiste en gouvernance estime que Kinshasa se pose en tout cas ainsi « en bon élève pour continuer à bénéficier du soutien de Washington ».

Le ministère de la Communication congolais avait annoncé début avril la mise en œuvre d'« un dispositif d'accueil temporaire de ressortissants de pays tiers relevant des mécanismes migratoires des États-Unis ». « Aucune charge financière ne sera supportée par le Trésor public » congolais, avait précisé le ministère. « La prise en charge logistique et technique du dispositif sera assurée par le gouvernement américain ». La RDC avait déclaré que les dispositions avaient déjà été prises concernant « les infrastructures d'accueil et les modalités d'encadrement ». Plusieurs sites d'accueil potentiels ont été envisagés, selon une source proche du dossier, mais aucune précision n'a été donnée à ce stade.

Vendredi, des policiers étaient postés devant un des sites d'accueil évoqués, situé à quelques kilomètres de l'aéroport de Kinshasa, a constaté un journaliste de l'AFP. Un des policiers a déclaré, sous couvert de l'anonymat, que des migrants pourraient être logés là mais qu'aucun d'entre eux n'était encore arrivé sur les lieux. Les infrastructures de Kinshasa, mégapole surpeuplée de plus de 17 millions d'habitants, sont gravement insuffisantes pour la population dont la majorité n'a accès ni à l'eau courante, ni à l'électricité. Près des trois quarts des Congolais vivent sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.

L'ONG Human Rights Watch a estimé en septembre que ces expulsions par les États-Unis dans le cadre « d'accords opaques » violaient le droit international et devaient être rejetées.

Quinze migrants expulsés des États-Unis sont arrivés par avion dans la nuit de jeudi à vendredi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre d'un dispositif américain controversé d'envoi de ressortissants étrangers en situation irrégulière vers des pays tiers. Il s'agit du premier envoi de migrants vers la RDC dans ce cadre.Le vaste pays d'Afrique centrale rejoint ainsi la liste des pays africains qui ont accepté au cours des derniers mois d'accueillir des personnes expulsées par les États-Unis, dont la Guinée équatoriale, le Ghana, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Cameroun ou encore l'Eswatini. Ces accords ont souvent été assortis d'un appui financier ou logistique américain. En général, peu d'informations sont fournies par les autorités des pays...