Une fresque murale dépeint le prisonnier palestinien Marwan Barghouti, le long du mur de séparation à Bethléem, en Cisjordanie occupée, le 24 décembre 2024. Photo d'archives Ahmad Gharabli/AFP
« Ce ne sont pas des incidents isolés. Ils s’inscrivent dans une tendance claire d’aggravation des abus : violence, négligence médicale, et traitements qui l’exposent à un danger immédiat. » Après une visite en prison, Ben Marmarelli, l’avocat de Marwan Barghouti, surnommé le « Nelson Mandela palestinien », a décrit sur X trois épisodes de maltraitance subie par son client depuis fin mars, dénonçant ses conditions de détention. « Le 8 avril, à la prison de Ganot, il a été violemment passé à tabac et laissé en sang pendant plus de deux heures. Il a demandé à recevoir des soins médicaux, mais on lui a refusé tout traitement. Le 25 mars, il a été agressé lors de son transfert de Megiddo à Ganot. Le 24 mars, à la prison de Megiddo, des gardiens sont entrés dans sa cellule avec un chien, l’ont plaqué au sol et le chien l’a attaqué à plusieurs reprises. »
Des traitements auxquels le plus célèbre prisonnier palestinien en Israël a déjà été soumis par le passé, notamment depuis le 7-Octobre. Depuis la guerre à Gaza, il aurait été transféré à plusieurs reprises d’une geôle à l’autre et placé à l’isolement. L’ultranationaliste ministre israélien à la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, lui avait dans ce cadre rendu visite en août 2025 pour l’humilier dans sa cellule. De quoi marquer la première apparition publique de Marwan Barghouti en une décennie, amaigri, menotté, alors que sa famille elle-même n’avait pas pu le voir ces dernières années. Son fils, Arab Barghouti, avait par la suite déclaré craindre pour sa vie, après des rapports selon lesquels il avait été battu jusqu'à en perdre connaissance par huit gardiens de prison israéliens. Des informations confirmées par d'anciens détenus.
Si le Hamas a demandé sa libération lors des échanges prisonniers-otages prévus dans le cadre des trêves dans l’enclave, l’État hébreu a toujours refusé. Pour Tel-Aviv, l’homme est d’abord une figure du « terrorisme » palestinien, accusé d’avoir commandité plusieurs attentats suicides meurtriers durant la première intifada et condamné à cinq peines de prison à vie, dans ce que de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme considèrent comme des procès politiques. Marwan Barghouti représente en outre une menace politique pour Israël, étant la figure palestinienne la plus appréciée et consensuelle, susceptible d’unifier les différents mouvements nationaux.
Les attaques rapportées par son avocat interviennent en outre après l’annonce par Arab Barghouti il y a deux mois que les écrits de son père, 66 ans, seraient publiés dans un recueil en fin d’année. Le livre intitulé « INÉBRANLABLE : en quête de liberté pour la Palestine » devrait être publié en novembre, a rapporté l’AFP. Après vingt-quatre ans passés dans les geôles israéliennes, l’esprit de Marwan Barghouti « reste vif, concentré et profondément attentif à tout ce qui se passe au-delà des murs de la prison », a souligné son avocat, qui lui aurait donné des nouvelles de sa famille et de ce qu’il se passait sur la scène israélo-palestinienne, malgré une conversation perturbée par des téléphones dysfonctionnels.



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'terroriste" est le terme utilisé par les Israéliens pour désigner tout prisonnier palestinien, y compris un enfant qui tenait une pierre à la main quand des soldats israéliens passaient dans son village. Il est à craindre que Barghouti soit exécuté en vertu de la nouvelle loi raciste . Pour qu'on cesse de parler de lui. Parce qu'il dérange.
07 h 39, le 18 avril 2026