Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem. Capture d'écran de son allocution télévisée retransmise par Al Manar
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem a appelé lundi soir les autorités libanaises à annuler les négociations avec Israël, dénonçant « une soumission et une capitulation », à la veille de la première réunion préparatoire qui doit se tenir mardi à Washington entre l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Yechiel Leiter et l’ambassadrice du Liban, Nada Mouawad. Israël a accepté le 9 avril d’entrer dans des négociations directes avec le Liban à la demande de ce dernier, soumis à un déluge de feu de l'armée israélienne.
« Nous refusons les négociations avec l’entité occupante », a martelé le chef du Hezbollah, estimant que celles-ci « sont vaines ». Il a dénoncé une « série de concessions gratuites », estimant que les autorités libanaises ne disposent d'aucune carte entre leurs mains. « C'est une soumission et une capitulation, et nous appelons à une position héroïque pour annuler ces négociations », a lancé Naïm Kassem dans un discours télévisé apparemment enregistré et retransmis par la chaîne du parti, al-Manar, contrairement à ses dernières interventions qui avaient été diffusées par le biais de communiqués écrits.
Le chef du parti chiite pro-iranien a affirmé que le Hezbollah a pour sa part « choisi la confrontation pour défendre le Liban et son peuple ». « Nous sommes engagés dans ce combat parce que nous sommes visés sur le plan existentiel, que notre pays est ciblé par le projet de Grand Israël, et que notre indépendance est menacée. Nous avons donc décidé d'opter pour la confrontation et la résistance pour défendre le Liban et son peuple », a-t-il scandé, assurant que l’agression israélienne en cours n’est « pas une simple bataille pour la sécurité du Nord (d’Israël), mais une agression visant à avaler le Liban, à anéantir sa force, son peuple et sa résistance ».
Une situation durant laquelle « l’État libanais est censé se défendre et charger son armée et ses forces de faire face à l’attaque, car tout le Liban est visé », a-t-il estimé, accusant les autorités de n'être qu'« un outil au service d’Israël ».
Réagissant à ce discours, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a rétorqué : « Ce que Hassan Nasrallah a compris à sa dernière heure, Naïm Kassem le comprendra bientôt », en référence à l’assassinat de l’ancien secrétaire général du Hezbollah, tué le 27 septembre 2024 par des frappes massives israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth.
Jusqu'au dernier souffle
Naïm Kassem a assuré que le Hezbollah « restera sur le terrain jusqu’au dernier souffle », écartant toute reddition. « Que les responsables réfléchissent à la manière de faire face à l’agression par divers moyens », a-t-il signifié. « Si quelqu’un pense à la reddition, qu’il aille se rendre seul ; nou s ne nous rendrons pas et nous resterons sur le terrain jusqu’au dernier souffle ». « Nous affronterons et présenterons au monde un modèle montrant que le Liban, par son armée, son peuple et sa résistance, est intouchable face à l’ennemi », a-t-il insisté, indiquant qu'il s'agit bien d'« une guerre du Liban contre l’ennemi israélo-américain, pas des guerres des autres ».
Des propos moqués sur X par le porte-arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, qui a diffusé la vidéo d’un présumé combattant du Hezbollah tué par une frappe de drone.
Le leader du Hezbollah a par ailleurs interpellé le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, dénonçant « les pressions (américano-israéliennes) exercées sur eux pour affronter leur propre peuple ». « Faisons face ensemble à l’agression, puis nous discuterons de l’avenir et de tout le reste, leur a-t-il dit, leur signifiant toutefois que « la résistance a choisi de ne pas se rendre, le terrain décidera. »
Naïm Kassem a de plus accusé le gouvernement libanais de « poignarder la résistance dans le dos ». Revenant sur la décision du Conseil des ministres le 2 mars dernier de déclarer illégales les activités militaires du Hezbollah, il a observé que « cette criminalisation est une faute grave », et appelé le gouvernement à « revenir sur cette décision qui nécessitait un consensus national ». « Vous ne combattez pas et ne laissez personne combattre », a-t-il lancé aux autorités libanaises, dénonçant « un désengagement vis-à-vis de la résistance et leur hostilité à son égard, alors qu’elles devraient la soutenir et bénéficier de ses capacités ».
Evoquant l’armée qui avait été chargée par le gouvernement de Nawaf Salam de désarmer le Hezbollah, il a indiqué que celle-ci « est consciente, et ne peut pas être entraînée dans une logique de discorde, tout comme la résistance ne peut pas être entraînée dans une logique de discorde ».
Menacé de se voir retirer son arsenal, le Hezbollah a brandi à plusieurs reprises le spectre de la discorde et de la guerre civile. Lundi, le Liban commémorait le 51ème anniversaire du début de la guerre civile, le 13 avril 1975, qui a ensanglanté le pays durant quinze ans et divisé les Libanais.
Dans son discours, Naïm Kassem a également fustigé Israël et les États-Unis. Ils ont « clairement déclaré vouloir renforcer l’armée pour désarmer le Hezbollah et le combattre, et vouloir que l’État supprime les institutions du parti et mette fin à la résistance et à ses partisans », a-t-il poursuivi, dénonçant la volonté israélo-américaine de « soutenir l’armée dans la mesure où elle serait capable de combattre son propre peuple, ce que l’armée ne peut pas faire ».
Le 2 mars dernier, le Hezbollah a fait basculer le Liban dans une nouvelle escalade, dans la foulée de l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, en tirant des roquettes sur l'Etat hébreu. La riposte israélienne ne s'est pas fait attendre. Le pays compte aujourd'hui plus de 2089 morts et 6762 blessés, parmi lesquels 166 enfants morts et 648 blessés. On dénombre aussi 88 morts et 195 blessés parmi le personnel médical, selon les derniers chiffres publiés lundi par le ministère de la Santé.



Le brave n'a pas tort. Ouvrez les yeux. De tout manière, ne vous faites aucune illusion sur le sort du Liban. Si l'on refuse de signer, c'est la destruction de ce qui reste du Liban et pas seulement du hzb qui n'est qu'un prétexte pour détruire notre pays. Et si l'on signe, notre gouvernement devient l'AL, l'autorité libanaise, identique à l'AP, l'autorité palestinienne dans les territoires occupés, avec tout ce que ça implique. Voilà, de toute manière, plus de lIban.
18 h 53, le 14 avril 2026