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Guerre au Liban 2026 : Histoires de vies fauchées - histoires de vies fauchées par la guerre au liban

Ghada Dayekh, « l’âme » de Sawt el-Farah à Tyr, tuée par une frappe israélienne sur son immeuble


Ghada Dayekh, « l’âme » de Sawt el-Farah à Tyr, tuée par une frappe israélienne sur son immeuble

Ghada Dayekh, au micro de la station Sawt el-Farah. Photo fournie par Alwane Charafeddine, propriétaire et directeur de la station. Montage Céline Bejjani

Sa voix était instantanément reconnaissable par des générations d’auditeurs dans la ville de Tyr, au Liban-Sud. Présentatrice radio depuis 37 ans, Ghada Dayekh, née en 1966, était une journaliste chevronnée, qui a consacré sa carrière à la station locale Sawt el-Farah (littéralement la Voix de la joie), qu’elle a contribué à lancer dans les années 1980. « Je me demande comment peut-on encore parler de joie », lâche Alwane Charafeddine, propriétaire et directeur de la station, vice-président du conseil municipal de Tyr.

En ce funeste 8 avril 2026, Ghada Dayekh se trouvait seule dans son appartement à Tyr, d’où elle travaillait aussi depuis la destruction du siège de la radio au début de ce conflit entre le Hezbollah et Israël, en mars. « Un missile israélien s’est abattu sur l’immeuble, qui s’est effondré. Ghada fait partie des multiples victimes civiles innocentes tombées lors de cette frappe », se désole son patron. Cette journée de folie meurtrière israélienne a fait plus de 350 victimes dans tout le Liban, notamment à Beyrouth.

Ghada aimait profondément sa belle ville portuaire, qu’elle n’a jamais désertée, pas plus durant ce conflit que les précédents. Ses auditeurs vont regretter son émission du matin, où elle parlait d’actualité. Elle était toujours au fait des événements sportifs, culturels ou sociaux. Durant sa longue carrière, elle a connu tous les progrès qui ont marqué le monde de la radio, et s’y est adaptée.

Elle « respirait la joie de vivre »

Sur ses photos, la journaliste sourit souvent, conformément à sa personnalité, selon Alwane Charafeddine. « Elle était pleine de vie et aimait plaisanter », dit-il. « Elle respirait la joie de vivre, ne jurait que par le rire et l’humour, même quand les épreuves de la vie étaient au rendez-vous », se souvient avec émotion une consœur, qui a préféré rester anonyme. Elle poursuit : « Son credo, l’art, le spectacle, les chansons, la danse… Ironie du sort, alors qu’elle travaillait pour Sawt el-Farah, elle a été victime de la haine et de la violence. »

Ghada avait aussi une vocation humanitaire. « En marge de Sawt el-Farah, nous avons fondé une association humanitaire, et elle faisait partie de son comité d’administration », raconte Alwane Charafeddine. Il n’était pas rare que la journaliste accompagne des personnes âgées, ou qu’elle s’occupe d’enfants de familles défavorisées, à qui elle distribuait des jeux et qu’elle emmenait en promenade sur la corniche de Tyr.

À son enterrement jeudi à Tyr, ils étaient nombreux à la pleurer. Et sa consœur comprend bien pourquoi : « Elle aimait les gens et les gens le lui rendaient bien. Aujourd’hui, c’est une profonde tristesse, doublée d’une grande colère, qui nous submerge. »

Quant à Alwane Charafeddine, il a de la difficulté à imaginer l’avenir de la radio dont l’âme a été si profondément touchée. « À la fin de la guerre, nous devrions penser à reconstruire le siège de la radio. Mais comment recommencer quand nous avons perdu un de ses piliers ? »

Sa voix était instantanément reconnaissable par des générations d’auditeurs dans la ville de Tyr, au Liban-Sud. Présentatrice radio depuis 37 ans, Ghada Dayekh, née en 1966, était une journaliste chevronnée, qui a consacré sa carrière à la station locale Sawt el-Farah (littéralement la Voix de la joie), qu’elle a contribué à lancer dans les années 1980. « Je me demande comment peut-on encore parler de joie », lâche Alwane Charafeddine, propriétaire et directeur de la station, vice-président du conseil municipal de Tyr.En ce funeste 8 avril 2026, Ghada Dayekh se trouvait seule dans son appartement à Tyr, d’où elle travaillait aussi depuis la destruction du siège de la radio au début de ce conflit entre le Hezbollah et Israël, en mars. « Un missile israélien s’est abattu sur l’immeuble, qui s’est...