De la fumée après une frappe israélienne sur Bint Jbeil, au Liban-Sud, le 8 avril 2026. Photo REUTERS / Ayal Margolin
La nouvelle bataille de Bint Jbeil a commencé. Pour la première fois jeudi, depuis le début de l'invasion terrestre par Israël au Liban, des combats ont opposé les miliciens du Hezbollah à une force israélienne dans le centre de la principale ville du secteur central du Sud, qui porte une importance symbolique pour le parti-milice. Ces combats ont commencé dans la ville alors que le Liban-Sud est resté soumis à des frappes israéliennes qui n'ont pas discontinué tout au long de la journée, faisant plusieurs dizaines de morts.
Dans un communiqué, la formation chiite a fait état « d’affrontements directs » avec des soldats israéliens qui tentent d’avancer vers le souk de Bint Jbeil, tandis que des « positions militaires israéliennes » autour de la ville sont attaquées avec des tirs de roquettes et d’artillerie parallèlement aux combats. Des affrontements confirmés par les sources de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, et dont les détonations sont entendues dans la zone. Depuis des jours, l'armée israélienne tentait d'encercler cette place forte située à cinq kilomètres de la frontière, en avançant et renforçant ses positions dans les villages environnants de Debel, Aïnata et Rchaf, notamment.
Lors de la guerre de 2006, le Hezbollah avait repoussé les Israéliens de cette ville à l'issue d'une bataille acharnée. Cette localité revêt aussi une importance symbolique pour le Hezbollah allié de Téhéran, pour avoir accueilli en l'an 2000 un discours de son ancien dirigeant, Hassan Nasrallah, célébrant le retrait israélien du sud du Liban après deux décennies d'occupation. Nasrallah a été éliminé par Israël dans un bombardement en 2024.
Israël n'envisage pas de faire du Litani sa nouvelle frontière
Outre ce développement sur le terrain à Bint Jbeil, le Hezbollah a indiqué avoir attaqué « avec des drones kamikazes » une pelleteuse de l'armée israélienne à Taybé, dans le secteur est.
Et malgré son projet de zone tampon dans le Sud, Israël n’envisagerait pas de faire du Litani sa nouvelle frontière avec le Liban, contrairement à ce qu’avait affirmé dernièrement Bezalel Smotrich, le ministre des Finances issu de l'ultra-droite, selon un responsable militaire israélien s’exprimant sous anonymat à l'agence Reuters. D'après ce haut gradé, l’armée israélienne prévoit de surveiller la zone tampon avec des troupes au sol et d'effectuer des raids selon les besoins, sans nécessairement tenir de positions le long du fleuve.
Jnah, dans le sud de Beyrouth, ajouté à la liste des quartiers à évacuer
Dans un communiqué publié jeudi, l'armée israélienne a par ailleurs ajouté Jnah, situé dans le sud de Beyrouth, à la liste des quartiers de la banlieue sud qui doivent être évacués par les habitants en prévision de frappes. Dans son message, qu'il publie quasiment tous les jours, appelant à l'évacuation de quartiers de la banlieue sud de la capitale, le porte-parole arabophone Avichay Adraee a ajouté Jnah aux sept zones habituellement mentionnées, à savoir Haret Hreik, Ghobeiri, Laylaki, Hadath, Bourj el-Brajné, Chiyah et Tahouitat el-Ghadir.
L'armée libanaise rouvre le pont de Qasmiyé, près de Tyr
Pour sa part, dans un communiqué publié sur X, l’armée libanaise a précisé jeudi avoir partiellement rouvert le pont de Qasmiyé, situé sur la route maritime, un des points de liaison entre cette région du sud du Liban et le reste du pays. Le pont avait été bombardé la veille par Israël dans le cadre de sa guerre contre le Hezbollah, afin de tenter d’isoler le mouvement militant actif dans les zones frontalières.
L’armée a affirmé avoir coopéré avec la Défense civile et des associations civiles pour dégager le pont, et a indiqué avoir stationné des soldats à proximité. Un important mouvement de déplacement de populations depuis la région de Tyr a été enregistré au niveau de ce pont, en direction de zones sûres.
Des secouristes visés par Israël
L'armée israélienne a par ailleurs poursuivi ses frappes jeudi au Liban-Sud, attaquant de nombreuses localités et ne manquant pas de viser des équipes de secouristes. Lors d'une frappe de drone sur Toul (Nabatiyé), au cours de laquelle cinq missiles ont été tirés, les secouristes arrivés sur les lieux ont été pris pour cible par un autre engin. Aucun blessé n’est à déplorer, mais une ambulance de l’association des Scouts de la mission islamique (al-Rissala, affiliée au mouvement Amal) a été endommagée dans cette attaque. Par ailleurs, deux frappes ont visé un centre de secouristes du Comité sanitaire islamique (affilié au Hezbollah) à Bourj Qalaouiyé, près d’une position des Casques bleus de la Finul, sur la route principale du village. La seconde attaque a fait au moins quatre morts. À Jebchit, dans le caza de Nabatiyé, une frappe a détruit une mosquée et fait au moins trois morts.
Dans la matinée, des raids en série, notamment sur Abbassiyé et Zrariyé, avaient tué respectivement sept et 11 personnes selon les informations de notre correspondant.
Ces attaques se sont enchaînées alors que le Hezbollah a lancé des dizaines de roquettes depuis la nuit sur le nord d'Israël, après les avoir suspendues pendant 24 heures mercredi en raison du cessez-le-feu régional. Dans la soirée, l'armée israélienne a dit s'attendre à des tirs de roquettes plus soutenus « dans les prochaines heures », peu après que Tel-Aviv a finalement accepté le lancement de négociations directes avec Beyrouth.


OLJ, faut dorenavant specifier et dire les GDLR iraniens commandant le hezbo, et pas le hezbo, ont attaque ou attaquent etc...
10 h 26, le 10 avril 2026