Les équipes de secours s'affairant sur le site de la frappe israélienne qui a détruiot un immeuble mercredi dans le quartier résidentiel de Mazraa à Beyrouth le 9 avril 2026. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Alors qu'Israël poursuit ses bombardements indiscriminés sur le territoire libanais dans le cadre de sa guerre contre le Hezbollah et malgré la trêve conclue le 8 avril entre Téhéran et Washington, plusieurs chancelleries occidentales ont condamné les attaques israéliennes contre les civils et appelé à intégrer le Liban dans l'accord.
À noter que le Pakistan — qui a endossé le rôle de médiateur — et l'Iran ont assuré que l'accord de trêve incluait le Liban, tandis qu'Israël et les États-Unis considèrent qu'il n'en est rien.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réaffirmé mercredi sur X que l'arrêt des attaques israéliennes contre le Liban fait partie des conditions exigées par Téhéran pour l'application du cessez-le-feu, faisant écho à la position exprimée déjà par le président Massoud Pezeshkian.
Dans un déferlement de violence qui n'a pas uniquement été dirigé contre le Hezbollah, comme elle le prétend, l'armée israélienne a effectué une centaine de frappes en quelques minutes dans plusieurs régions du pays, y compris des zones résidentielles pour lesquelles aucun avertissement n'avait été émis. Le bilan des morts, toujours pas définitif à ce stade, se compte en centaines, dont une majorité à Beyrouth, tandis que des immeubles entiers ont été rasés.
Frappes « intolérables »
« Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre, mais le droit d’Israël à se défendre ne justifie pas d’infliger une destruction aussi massive », a notamment écrit la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, sur X, ajoutant que « les actions d’Israël mettent le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran sous une forte pression » et que « la trêve avec l’Iran devrait s’étendre au Liban ».
« Les frappes israéliennes ont tué des centaines de personnes la nuit dernière, ce qui rend difficile de soutenir que de telles actions musclées relèvent de la légitime défense », a-t-elle également dénoncé, avant d’appeler le Hezbollah à se désarmer « comme il s’y était engagé ». « L’Union européenne soutient les efforts du Liban pour désarmer le Hezbollah », a-t-elle conclu.
S'exprimant sur France Inter, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a jugé que les frappes israéliennes — qui se poursuivent jeudi — sont « intolérables » et assuré que la France s'associait « pleinement » à la journée de deuil national décrétée la veille par le gouvernement libanais.
« Nous condamnons fermement ces frappes massives qui, en dix minutes, ont fait plus de 250 morts, s'ajoutant aux 1 500 victimes de ce conflit initié par le Hezbollah contre Israël le 2 mars dernier », a-t-il dit. « Et ces attaques sont d'autant plus intolérables qu'elles fragilisent le cessez-le-feu temporaire trouvé hier entre les États-Unis et l'Iran », a-t-il ajouté. Si le Hezbollah a bien déclenché la reprise de la guerre avec Israël, l'État hébreu bombardait lui presque tous les jours le territoire libanais avant le 2 mars, en violation de l'accord de trêve conclu fin novembre 2024 pour mettre fin au précédent conflit entre les deux belligérants.
« Oui, l'Iran doit cesser de terroriser Israël par l'intermédiaire du Hezbollah, qui doit être impérativement désarmé et rendre ses armes à l'État libanais. Mais non, le Liban ne doit pas être la victime expiatoire d'un gouvernement contrarié parce qu'un cessez-le-feu a été trouvé entre les États-Unis et l'Iran », a-t-il également réagi. « C'est aujourd'hui une journée de deuil national au Liban et nous nous y associons pleinement », a ajouté le ministre, considérant que « ce n'est pas dans l'intérêt d'Israël de pilonner le Liban ». La veille, le président français Emmanuel Macron avait également exprimé cette même position.
En plus de la France, le Royaume-Uni a également indiqué souhaiter « fortement » que le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran soit « étendu » au Liban, selon la ministre des Affaires étrangères britannique, Yvette Cooper, qui s'est dite, dans un entretien à Sky News, « profondément préoccupée » par les attaques israéliennes meurtrières dans ce pays mercredi.
Toujours jeudi, l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad al-Thani, a lui aussi exprimé sa solidarité avec le Liban lors d'un entretien avec le président Joseph Aoun, au cours duquel il a fait part de « sa volonté d’apporter son aide pour tout ce qui pourrait contribuer à mettre fin à l’escalade militaire, notamment en ce qui concerne l’inclusion du Liban dans l’accord de cessez-le-feu entre les États-Unis d’Amérique et l’Iran », selon un communiqué de la présidence libanaise.
Le ministère russe des Affaires étrangères a, lui, fermement condamné jeudi les frappes israéliennes et a appelé à un cessez-le-feu immédiat, selon Reuters. Il a ajouté craindre que ces actions agressives risquent de faire dérailler le processus de négociation en cours et d’entraîner une nouvelle escalade dans la région.
Lors d’une conférence de presse, le ministre turc des Affaires étrangères a déclaré que la Turquie « souhaitait que le cessez-le-feu » entre les États-Unis et l’Iran « soit durable sur le terrain et qu’il inclue également le Liban ». Il s’exprimait lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien, le ministre des Affaires étrangères Assad el-Chibani, diffusée par des médias turcs. Le ministre syrien a, de son côté, condamné les bombardements israéliens sur le Liban et a appelé à ce que les autorités libanaises puissent s’occuper du désarmement du Hezbollah « sans aucune ingérence extérieure ».
Le président chypriote Nikos Christodoulides a, lui aussi, contacté Joseph Aoun pour « condamner » les attaques israéliennes incessantes contre le Liban, exprimer sa « solidarité », ainsi que sa volonté de contribuer à mettre fin à l'escalade et à soulager les souffrances du peuple libanais ami en fournissant une aide médicale, humanitaire et d’urgence.
Dans la soirée, le chancelier allemand a estimé jeudi que le « processus de paix » américano-iranien visant à mettre fin aux tensions au Moyen-Orient pourrait échouer en raison de l’offensive israélienne au Liban, dans une intervention faite avant l’annonce de Benjamin Netanyahu sur les négociations entre Israël et le Liban. Friedrich Merz a également souligné avoir demandé mercredi, comme d’autres dirigeants, au « gouvernement israélien de mettre fin à l’intensification de ses attaques ».
La ministre des Affaires étrangères irlandaise, Helen McEntee, a assuré à son homologue libanais, Joe Raggi que son pays allait « mettre tout son poids au sein de l’Union européenne afin de mettre fin à l’escalade israélienne continue sur le territoire libanais ». Elle a également exprimé sa vive indignation face aux victimes civiles innocentes causées par les bombardements israéliens de mercredi, selon un communiqué relayé par l’Agence nationale d’information.
« Cela doit cesser »
Mercredi soir, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, avait déjà dénoncé le pilonnage de Beyrouth par l'armée israélienne, dont il a été témoin mercredi, à l'occasion d'une visite de soutien aux plus hauts responsables politiques libanais.
« Nous étions à l'ambassade avec ma délégation, à quelques centaines de mètres seulement de l'endroit où les missiles ont frappé. Cela doit cesser. Le cessez-le-feu entre les États-Unis, Israël et l'Iran doit inclure le Liban ! », a écrit M. Prévot sur le réseau X. Il a accusé Israël d'avoir lancé sur le Liban, « sans aucun avertissement préalable, l'une des frappes les plus massives depuis le début des hostilités » le 28 février. « Beyrouth ne peut pas devenir un nouveau Gaza », avait-il indiqué plus tôt, ajoutant que « l'avancée terrestre israélienne – couplée à la destruction systématique de villages, de ponts et d'infrastructures – dessine de facto une zone tampon qui menace la souveraineté du Liban ».
Toujours mercredi, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a jugé « inacceptable » qu'Israël poursuive les combats au Liban. « Il est inacceptable que la guerre d'Israël, l'invasion par Israël d'un pays souverain comme le Liban, se poursuivent », a déclaré M. Albares à la radio RNE, tandis que le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a qualifié la trêve en Iran de « bonne nouvelle » sur X. « Les cessez-le-feu constituent toujours une bonne nouvelle », mais « le gouvernement d'Espagne ne va pas applaudir ceux qui incendient le monde parce qu'ils se présentent avec un seau », a ajouté le dirigeant socialiste.
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, avait lui directement contacté le président Joseph Aoun pour condamner les attaques. Moins catégorique, l'Allemagne a, elle, appelé Israël à limiter son offensive au Liban à la « légitime défense », selon un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.




L'Iran renoncera à respecter le protocole d'accord si les États-Unis ne tiennent pas leurs engagements
Ils feraient mieux ces interesses d,envoyer des troupes pour aider l,Etat Libanais a desarmer le tandem chiite dirige par les GDLR iraniens et qui attaquent nos voisins de chez nous. LA PAIX REGNERA.
16 h 20, le 09 avril 2026