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Économie - guerre au liban 2026

La guerre a finalement fait craquer l’indice mesurant le moral du secteur privé au Liban


La guerre a finalement fait craquer l’indice mesurant le moral du secteur privé au Liban

La zone portuaire de Beyrouth le 25 mars 2026. Photo Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour

Alors qu’il avait résisté aux mauvaises nouvelles, aux incertitudes et aux déceptions pendant plusieurs mois, l’indice PMI, qui mesure le moral du secteur privé, est finalement passé en dessous de son point d’équilibre en mars, sous l’effet de la nouvelle escalade guerrière entre le Hezbollah et Israël, dans le sillage du conflit régional déclenché par les États-Unis et leur allié israélien contre Téhéran.

Avec 47,4 points en mars contre 51,2 points avant les hostilités en février, la chute du PMI est nette sans être spectaculaire et reflète ce que nous avons pu constater sur le terrain : un ralentissement de l’activité lié à la situation sécuritaire, mais avec certains secteurs qui ont pu continuer à travailler dans les régions dites sûres. C'est surtout une belle série de 7 mois au-dessus des 50 points qui s'achève et dont rien ne garantit qu'elle pourra reprendre rapidement après le cessez-le-feu conclu mercredi entre Téhéran et Washington.

Un PMI en dessous de 50 points reflète une contraction de l’activité et, inversement, un PMI supérieur à 50 points traduit une expansion. Plus la valeur du PMI augmente ou diminue d’un mois sur l’autre, plus la croissance ou la contraction qu’il reflète est forte.

« En pleine guerre à ses portes, le PMI du Liban est tombé à 47,4 en mars 2026, contre 51,2 en février 2026, soit son plus bas niveau depuis 17 mois. Bien que cette baisse ait été attendue, ce qui rend ce déclin particulièrement intéressant, c’est qu’il reflète presque parfaitement le niveau observé en octobre 2024 », souligne Ali Bolbol, responsable du département de recherche économique chez BlomInvest, qui publie l'indice réalisé via des enquêtes auprès des directeurs d’achat de 400 entreprises locales.

À cette période, Israël venait de lancer une offensive contre le Hezbollah, au terme d’un an d’escalade progressive à la frontière dans le sillage de la guerre de Gaza. Le conflit avait duré jusqu’en novembre, avec un cessez-le-feu imparfait marqué par des milliers de violations israéliennes et définitivement rompu avec la reprise des hostilités le 2 mars dernier.

« Tous les principaux sous-indicateurs ont suivi la même tendance, notamment les exportations qui ont chuté de manière plus marquée, à 41,8, principalement en raison de la guerre déchaînée dans la région. La seule note positive est que l’emploi et les salaires sont restés stables jusqu’à présent. Ces résultats montrent, une fois de plus, que ce dont le Liban a besoin, avant tout, pour assurer sa pleine stabilité et sa souveraineté, c’est d’un État fort qui détient entre ses mains, et seulement entre ses mains, toutes les décisions concernant la guerre et la paix dans le pays » a encore analysé Ali Bolbol.

Le sous-indice mesurant le niveau de la production est tombé de 51,8 à 44,9 points, une trajectoire presque similaire à celui des nouvelles commandes, passé de 51,7 à 44,9 points. Celui des nouvelles commandes à l'exportation s'est effondré de 49,6 à 41,8 points. Le sous-indice mesurant les attentes sur les 12 prochains mois a aussi nettement décroché, passant de 42,9 à 25,2 points.

Alors qu’il avait résisté aux mauvaises nouvelles, aux incertitudes et aux déceptions pendant plusieurs mois, l’indice PMI, qui mesure le moral du secteur privé, est finalement passé en dessous de son point d’équilibre en mars, sous l’effet de la nouvelle escalade guerrière entre le Hezbollah et Israël, dans le sillage du conflit régional déclenché par les États-Unis et leur allié israélien contre Téhéran.Avec 47,4 points en mars contre 51,2 points avant les hostilités en février, la chute du PMI est nette sans être spectaculaire et reflète ce que nous avons pu constater sur le terrain : un ralentissement de l’activité lié à la situation sécuritaire, mais avec certains secteurs qui ont pu continuer à travailler dans les régions dites sûres. C'est surtout une belle série de 7 mois au-dessus des 50...
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