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Société - guerre au liban 2026

Les déplacés appelés à ne pas retourner au Liban-Sud avant l'annonce d'un « cessez-le-feu officiel »

L'armée libanaise appelle les déplacés à repousser leur retour et à la vigilance, alors que les frappes israéliennes se poursuivent sur le Sud.

Les déplacés appelés à ne pas retourner au Liban-Sud avant l'annonce d'un « cessez-le-feu officiel »

Des enfants déplacés par la guerre contre Israël, joue dans une cour de l'école Makassed du quartier de Béchara el-Khoury à Beyrouth, le 4 mars 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

L'annonce du Pakistan d'un cessez-le-feu entre Téhéran et Washington qui inclut, normalement, toute la région, y compris le Liban, avait apporté un vent d'espoir pour les Libanais déplacés des zones lourdement frappées du Sud, vite douché par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et les bombardements incessants de l'armée israélienne. Des messages contradictoires qui ont poussé l'armée libanaise, le mouvement chiite Amal et le Hezbollah, ainsi que leurs associations de secouristes, à ne pas retourner dans leurs villages du Sud, tandis que plusieurs personnes ont été tuées ou portées disparues depuis ce matin après avoir tenu à regagner leurs maisons.

Dans un communiqué, l'armée a appelé les habitants du Sud à « faire preuve de retenue quant à leur retour dans les villages et localités du Liban-Sud », et à « éviter de s’approcher des zones où les forces israéliennes ont progressé », dans la bande frontalière, afin de préserver leur sécurité, d’autant que leur vie pourrait être mise en danger par la poursuite des attaques israéliennes. L’institution militaire a également exhorté les habitants à se « conformer aux instructions des unités militaires déployées » et à « faire preuve de vigilance face aux munitions non explosées et aux objets suspects laissés par l’agression israélienne », en signalant leur présence au centre de l’armée ou des forces de sécurité le plus proche. L'armée s'est, quant à elle, redéployée au niveau du poste de Aamiriyé, au sud de Tyr, où un bombardement israélien avait fait tué un soldat le 30 mars.

Attente d'une « annonce officielle »

« Par souci pour votre sécurité et de celle de vos familles, il est recommandé de rester dans des lieux sûrs et éloignés des zones de tension jusqu’à l’annonce officielle d’un cessez-le-feu incluant le Liban », a pour sa part écrit le mouvement Amal dans un communiqué, alors que des appels similaires ont été lancés par les scouts de la Mission islamique (Rissala) et le Comité sanitaire islamique.

Le Hezbollah a encore officiellement sa base à ne pas retourner vers le Liban-Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth qui restent « ciblées », et ce jusqu'à ce qu'un cessez-le-feu soit officiellement annoncé au Liban. « Nous nous tenons aujourd’hui aux portes d’une grande victoire historique, qui se réalisera grâce aux sacrifices des combattants, au sang des martyrs, mais aussi grâce à votre fermeté et votre patience sans égales », a indiqué le parti chiite dans un communiqué. « Nous vous appelons, en ce moment décisif, à davantage de patience », a ajouté le texte, appelant les habitants des villages et zones « ciblées du Sud, de la Békaa et de la banlieue sud de Beyrouth à ne pas y retourner « avant l’annonce officielle et finale d'un cessez-le-feu au Liban ». Plus tôt, le parti avait envoyé par ses responsables chargés de la communication au niveau local, des consignes pour un « retour honorable » en cas d'annonce officielle d'un cessez-le-feu, et a mis en garde contre la présence de l'armée israélienne le long de la bande frontalière. Dans un communiqué, le parti-milice, qui mène des combats contre les soldats israéliens dans plusieurs zones, a appelé, en ce qui concerne le secteur ouest, à ne pas se rendre dans les villages de Bayada, Naqoura, Tayr Harfa, Jibbein et Chihine « sans consulter les autorités compétentes ». Dans le centre de la bande frontalière, ce texte souligne qu'il ne faut pas se rendre à Srebbine, Rchaf et Haddatha, où « les forces ennemies sont présentes », tout comme sur la route reliant Beit Yahoun à Bint Jbeil. Il est également recommandé de ne pas se rendre dans les vallées de Houjeir et Slouki, dont les routes sont « fermées ». Plusieurs municipalités ont en outre exhorté leurs habitants à ne pas se précipiter pour rentrer, notamment la municipalité de Kfar Rouman, dans le caza de Nabatiyé. Des annonces similaires ont été faites par les municipalités des villages frontaliers de Bint Jbeil et Adaïssé.

Massacre d'une famille de déplacés rentrés à Srifa

Au nord du Litani, un habitant de Sarafand déplacé à Saïda a indiqué à notre correspondant Mountasser Abdallah qu'il n'entend pas y retourner dans l'immédiat. « Je vais vérifier ma maison et revenir rapidement », a-t-il affirmé avec prudence. Une autre habitante a indiqué qu'elle ne veut pas retourner à Nabatiyé « où la situation reste dangereuse ». « J'attends les consignes de l'État », a-t-elle précisé.

La prudence est de mise, alors qu'une famille de Srifa, qui était rentrée chez elle dès l'annonce du cessez-le-feu et recevait des voisins, a été tuée dans une frappe sur sa maison. Selon le moukhtar Ali Moussa à L'Orient-Le Jour, neuf personnes ont été tuées dans ce bombardement, dont un enfant. Selon lui, la plupart des victimes appartenaient à une même famille, et l'on compte parmi elles des femmes et des enfants.

Une dizaine d'habitants de Mansouri, dont le moukhtar Abbas Mdeihly, sont en outre portés disparus après qu'ils se soient rendus dans le village dans la matinée, selon le fils du moukhtar. L'armée israélienne est présente à quelques kilomètres seulement au sud de Mansouri, dans les villages de Bayada et Chamaa. Selon M. Mdeihly, contacté par notre correspondant, le village a été ciblé par des tirs d'artillerie et des frappes aériennes depuis ce matin.

L'annonce du Pakistan d'un cessez-le-feu entre Téhéran et Washington qui inclut, normalement, toute la région, y compris le Liban, avait apporté un vent d'espoir pour les Libanais déplacés des zones lourdement frappées du Sud, vite douché par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et les bombardements incessants de l'armée israélienne. Des messages contradictoires qui ont poussé l'armée libanaise, le mouvement chiite Amal et le Hezbollah, ainsi que leurs associations de secouristes, à ne pas retourner dans leurs villages du Sud, tandis que plusieurs personnes ont été tuées ou portées disparues depuis ce matin après avoir tenu à regagner leurs maisons.Dans un communiqué, l'armée a appelé les habitants du Sud à « faire preuve de retenue quant à leur retour dans les villages et...
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