Une des voitures visées par des frappes israéliennes, dans la nuit de mardi à mercredi, sur le quartier de Khaldé, au sud de Beyrouth. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Les trois missiles tirés dans la nuit de mardi à mercredi par la marine israélienne sur le quartier de Jnah dans le sud de Beyrouth ont fait sept morts, plus de 20 blessés et ont tué, selon l'armée israélienne, le « commandant du Front Sud » du Hezbollah. Elles ont également tué, selon des messages de condoléances circulant en ligne, un combattant du parti chiite issu de la famille Naboulsi, un neveu de l'ancien chef du bureau des médias assassiné en 2024.
Le bilan de ces attaques, initialement de cinq morts, a été revu à la hausse en début d'après-midi et est passé à sept morts et 26 blessés, selon le ministère de la Santé.
Selon l'armée israélienne, ce raid a éliminé « le commandant du front Sud du Hezbollah », Youssef Ismaïl Hachem. Le front Sud est considéré comme « l’unité du Hezbollah chargée de mener des opérations contre Israël et de combattre les forces israéliennes dans le sud du Liban », selon un communiqué publié par le porte-parole arabophone de l'armée Avichay Adraee. Dans ce contexte, Youssef Hachem « supervisait le tir de roquettes et de drones vers le territoire israélien et dirigeait les efforts de reconstruction » des capacités du Hezbollah, a-t-il ajouté. Youssef Hachem aurait, selon le texte « plus de 40 ans d’expérience » dans les rangs du parti, notamment à la tête des différentes unités régionales du Sud (les unités Nasr, Aziz et Badr) et aurait « pris la tête du front Sud après la mort de Ali Karaki », tué dans la banlieue sud de Beyrouth le 27 septembre 2024 qui ont tué Hassan Nasrallah. Selon les informations de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, Youssef Hachem était surnommé « al-Sayed Sadeq », et était originaire de Marouaniyé, un village du caza de Saïda.
Réunion du Hezbollah « dans une tente » à Jnah
Une source sécuritaire à l'AFP et une autre proche du Hezbollah, qui présentent également Hachem comme le responsable militaire pour l'Irak au sein du Hezbollah, ont indiqué qu'il « a été tué alors qu'il était en réunion avec d'autres membres du Hezbollah dans une tente ». Une autre source sécuritaire avait préalablement indiqué que les frappes avaient visé quatre voitures garées dans une rue. Ce secteur est situé à proximité d'ambassades, notamment chinoise et iranienne, et de l'hôpital Zahraa.
Selon un message de condoléances circulant sur des groupes pro-Hezbollah, un autre des combattants tués à Jnah est un combattant du Hezbollah, Mohammad Baqer Baha' Naboulsi, fils du journaliste Baha' Naboulsi, petit-fils de l'ouléma Afif Naboulsi, une autorité religieuse chiite décédée en 2023. Il était également le neveu de Mohmammad Afif Naboulsi, ancien responsable du bureau de presse du parti chiite, assassiné dans une frappe israélienne en novembre 2024. Le texte de condoléances précise que ses funérailles seront célébrées dans la journée à Saïda. On ignore pour le moment quel poste Mohammad Naboulsi occupait au sein du mouvement.
Israël évoque des frappes contre un « haut commandant » du Hezbollah ainsi qu'un « terroriste de haut rang »
Le ministère de la Santé a également indiqué qu'une frappe israélienne « visant un véhicule dans la région de Khaldé, au sud de Beyrouth, a fait deux morts et trois blessés parmi la population civile ». Plusieurs missiles ont été tirés par un drone de l'armée israélienne sur une voiture sur l'autoroute principale au sud de Beyrouth. Le véhicule avait pris feu et, selon l'Ani, l'un des projectiles n'avait pas explosé.
Dans la nuit, l'armée israélienne avait revendiqué ces deux frappes distinctes sur « la région de Beyrouth », disant avoir frappé un « haut commandant » du Hezbollah ainsi qu'un « terroriste de haut rang », sans plus de détails.
Un autre bombardement, sur le quartier de Hadath, a également visé la banlieue sud de Beyrouth vers 3h du matin, selon l'Ani. Dans la journée, Israël avait notamment visé un immeuble sur la route de l'aéroport de Beyrouth et frappé sans avertissement Dekouané, sur les hauteurs au nord de la capitale, selon l'Ani. L'aviation israélienne a également visé mardi matin, après avertissement, la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, désertée par une grande partie de ses habitants.
Les frappes israéliennes ne cessent pas dans ce pays embarqué dans la guerre depuis le 2 mars par une attaque du Hezbollah contre Israël. Elles ont causé au total plus de 1.200 morts, selon le ministère de la Santé libanais.



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11 h 34, le 02 avril 2026