Vue sur la localité de Rmeich, caza de Bint Jbeil, au Liban-Sud, le 16 novembre 2025. Photo Téa ZIADE/L'Orient-Le Jour archives
L’armée libanaise s'est retirée mardi des localités frontalières de Rmeich, Aïn Ebel et Baraachit, dans le caza de Bint Jbeil, ainsi que de Beit Yahoun, dans le caza de Nabatiyé, selon des informations de notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Ces retraits font suite à une décision annoncée plus tôt par la troupe de quitter ces zones, à l'heure où l'armée israélienne continue d'avancer au Liban-Sud. Des vidéos circulant en ligne montrent des soldats en train de se retirer des localités chrétiennes de Rmeich et Aïn Ebel.
« L’armée s’est effectivement retirée de la Rmeich, et nous aurions préféré qu’elle reste, mais nous, en tant qu’habitants de la localité, y resterons malgré les risques », a déclaré le président du conseil municipal de Rmeich, Hanna el-Amil, à la chaîne al-Jadeed. « Nous comprenons les raisons de l’armée pour l’évacuation, mais notre décision est de rester dans la localité », a indiqué dans le même sens le président du conseil municipal de Aïn Ebel, Ayoub Khreish. Un membre du conseil municipal de Aïn Ebel a indiqué à notre correspondant qu’environ 340 habitants de la localité y sont restés.
Mardi soir, le président du Conseil municipal de Beit Yahoun, Moustafa Makki, a indiqué à L’Orient-Le Jour que l’armée libanaise avait évacué ses positions dans la localité pour se replier vers d’autres sites. La localité est désormais entièrement vide : l’armée comme les habitants ont quitté les lieux, ces derniers ayant quitté le village avant le retrait de l’armée, durant les combats, et face aux menaces répétées qui pesaient sur eux.
Contacté plus tôt en journée par notre correspondant au Liban-Sud, Hanna Amil avait dit avoir été informé par l'armée de sa décision de retirer ses soldats, ainsi que les agents des Forces de sécurité intérieure encore présents, se retirer sur ordre de leur commandement respectif. M. Amil a précisé que plusieurs autorités officielles ont été contactées afin de revenir sur cette décision, dans le but de préserver les 6 000 habitants toujours présents dans ce village chrétien. Il a souligné ses craintes quant à la « prochaine phase », mettant en garde contre une « transformation » du village en « zone d’opérations militaires ». Il a affirmé qu’il n’y a pas de présence israélienne à l’intérieur de la localité, mais que l’armée israélienne est déployée aux environs.
De son côté, le président de la municipalité de Aïn Ebel, a également critiqué le retrait de l'armée libanaise de sa localité, selon les médias locaux, déclarant que l'État a pris la décision de les « abandonner ». « Nous voulions que l’armée reste à nos côtés pour nous protéger, et désormais nous ne savons pas ce qu’il adviendra de nous », a-t-il déclaré à la MTV.
Ces développements interviennent alors que le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a accusé le Hezbollah d’utiliser le village chrétien de Qaouzah (caza de Bint Jbeil) pour lancer des roquettes, des obus et des missiles antichars en direction du territoire et des soldats israéliens. « Le Hezbollah a pris le contrôle du village chrétien de Qaouzah, dans le sud du Liban, où ses membres l’exploitent pour mener des opérations terroristes », a-t-il affirmé dans un message publié sur X. « Récemment, l’armée israélienne a observé des tentatives délibérées du Hezbollah de s’implanter dans des villages chrétiens du sud du Liban et d’y opérer, pensant que cela leur conférerait une immunité et les protégerait des frappes israéliennes », a-t-il poursuivi. Il a enfin appelé les habitants des villages chrétiens à expulser le Hezbollah de leurs localités et à ne pas coopérer avec lui.
L’armée israélienne a pris le contrôle du village de Qaouzah dans le cadre de son offensive terrestre au Liban-Sud. Malgré cela, les forces israéliennes présentes dans le village continuent d’être visées par des tirs de roquettes du Hezbollah depuis les zones environnantes.



Le rôle d’une armée est de protéger les citoyens de son pays pour justifier son appellation. Sinon qu’on la dissout et que les citoyens se défendent seuls comme dans les années 70. Les citoyens des régions attaquées par ces vendus étaient mieux protégées que maintenant, alors qu’on arrête pas de parler de cette armée qui rechigne à jouer son rôle tout en se retirant des endroits où sa présence est plus qu’indispensable. Qui donne l’ordre de retrait à l’armée? Il devrait être sanctionné et jugé pour trahison de la nation et du peuple.
11 h 21, le 01 avril 2026