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Politique - guerre au liban 2026

Guerre au Liban : un Conseil de sécurité unanime face à la crise humanitaire et militaire

« Le prix que paie le peuple libanais à cause de ce conflit est lourd et épuisant. Il n'a pas choisi cette guerre ; elle lui a été imposée », lance le représentant du Liban.

Guerre au Liban : un Conseil de sécurité unanime face à la crise humanitaire et militaire

Une réunion du Conseil de sécurité le 18 mars 2026. REUTERS/Shannon Stapleton

Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni en session d’urgence le 31 mars 2026 pour examiner la situation dramatique au Liban, confronté à une escalade militaire intense entre le Hezbollah et Israël, ainsi qu’à une crise humanitaire sans précédent. La réunion, convoquée par la France, a rassemblé les représentants des États membres, les représentants du Liban, d’Israël, de l’Indonésie et de la Pologne, pour faire le point sur la situation et coordonner la réponse internationale.

Escalade militaire et dangers pour la Finul

Le sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix Jean-Pierre Lacroix a décrit la situation comme « dangereusement détériorée » et a détaillé les déplacements des Forces israéliennes jusqu’à onze kilomètres au nord de la Ligne bleue, dans des affrontements intenses avec le Hezbollah. « Les souffrances des civils continuent de s’accroître », a-t-il souligné. Il a également rappelé que la Finul a subi des pertes humaines : « Nous déplorons la mort de trois Casques bleus indonésiens en 24 heures et l’invalidité de plusieurs autres. » Jean-Pierre Lacroix a insisté sur l’impératif de sécurité pour les Casques bleus : « Tous les actes mettant en danger les Casques bleus doivent cesser immédiatement. L’inviolabilité des installations de l’ONU doit être respectée en toutes circonstances. » Il a salué le courage et l’engagement des soldats de la paix sur le terrain dans des conditions extrêmement dangereuses.

Les États-Unis soulignent le sacrifice des Casques bleus

L’ambassadeur Mike Waltz, représentant des États-Unis, a exprimé ses condoléances pour les Casques bleus indonésiens. Waltz a ajouté : « Leur sécurité doit être respectée par toutes les parties, en toutes circonstances. » Il a insisté sur la nécessité d’une enquête approfondie : « Je demande à ce Conseil et au monde de réserver son jugement jusqu’à ce que l’ONU puisse enquêter et évaluer pleinement ces tragiques événements. » Il a également rappelé les responsabilités du Hezbollah et de l’Iran : « Nous devons aider à soutenir les institutions étatiques libanaises, réduire les risques pour les Casques bleus et pousser le Hezbollah et l’Iran à cesser leurs activités déstabilisatrices. »

Le Liban appelle à favoriser la solution diplomatique

Le représentant du Liban auprès de l'ONU, Ahmad Arafa, a pour sa part appelé à une solution diplomatique au conflit avec Israël. « Seule une solution diplomatique peut garantir une sécurité et une stabilité durables et, en définitive, une paix juste. Des initiatives diplomatiques sont déjà sur la table ; il est temps de les saisir. Mettez fin aux violences immédiatement : c’est votre responsabilité et votre devoir », a déclaré M. Arafa. « Le Liban condamne sans équivoque les attaques perpétrées contre la Finul, qui menacent la sécurité de sa mission et de son personnel. Nous réitérons aujourd'hui notre attachement à la Finul », a-t-il dit. « Le prix que paie le peuple libanais à cause de ce conflit est lourd et épuisant. Il n'a pas choisi cette guerre ; elle lui a été imposée. Israël, qui n'a jamais respecté la déclaration de cessez-le-feu et continue de violer la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban, cible délibérément les civils et les infrastructures civiles. Il y a ensuite le Hezbollah, qui a décidé unilatéralement de faire la guerre au moment même où le gouvernement libanais était ouvert au dialogue », a souligné le représentant du Liban à l'ONU.

Quant au représentant israélien, il a affirmé que son pays « n'a pas l'intention de rester au Liban », appelant le Conseil à condamner le Hezbollah et à le classer comme « organisation terroriste ».

Crise humanitaire aiguë

Le secrétaire général-adjoint aux Affaires politiques, Khaled Khiari, a insisté sur la nécessité d’un renforcement de l’État libanais et de ses institutions pour préserver le pays des ingérences étrangères : « Le Hezbollah rejette non seulement les décisions du gouvernement libanais, mais défie activement l’autorité de l’État. Le gouvernement, pour sa part, ne cherche pas la confrontation, mais entend étendre son autorité sur tout le territoire. » « Le peuple libanais n’a pas choisi cette guerre. Il a été entraîné malgré lui. Il n’y a pas de solution militaire : seul le dialogue et la mise en œuvre intégrale de la Charte des Nations unies peuvent conduire à une paix durable », a-t-il ajouté.

Le sous-secrétaire général aux affaires humanitaires Tom Fletcher, en visite à Beyrouth, a, lui, décrit des scènes de « tensions et d’anxiété à des niveaux que je n’avais pas vus depuis des années ». Il a insisté sur le besoin urgent de protéger les civils et de garantir l’accès humanitaire : « Le droit international humanitaire exige que les civils et les services essentiels soient protégés. Le travail du personnel médical et humanitaire doit être facilité, et non entravé. »

L'appel de la France et de l'Europe

La représentante de la France a appelé à des garanties de sécurité pour la Finul et à l’arrêt immédiat des hostilités : « Israël doit garantir la non-agression contre la Finul, le Hezbollah doit se conformer aux règles de non-engagement et cesser de prendre le peuple libanais en otage au profit de l’Iran. »

Une déclaration conjointe des ministres européens des Affaires étrangères et de la Haute Représentante de l’Union européenne a réaffirmé le soutien à la Finul et au renforcement des institutions libanaises : « Le seul moyen de préserver le pays des ingérences étrangères est de renforcer l’État, les institutions et la souveraineté du Liban. Nous condamnons fermement toutes les attaques récentes contre la Finul et exigeons la sécurité du personnel et des installations. »

L’Indonésie exige une enquête

L’intervention de l’Indonésie a été particulièrement forte et émouvante. Elle a rappelé le sacrifice des Casques bleus, a condamné « dans les termes les plus forts » les récentes attaques et a exigé « le rapatriement rapide, sûr et digne des dépouilles des trois personnels décédés et le meilleur traitement médical pour les cinq blessés afin d’assurer leur rétablissement complet et rapide ». Le représentant indonésien a rappelé que ces incidents ne sont pas des accidents isolés, « mais des agressions délibérées visant à saper la Finul et à entraver sa capacité à remplir le mandat de la résolution 1701. Elles représentent également une menace directe pour la paix et la sécurité internationales et peuvent constituer des crimes de guerre au regard du droit international. » L’Indonésie a demandé une « enquête immédiate, complète et transparente par l’ONU, et non des excuses de la part d’Israël » et a insisté sur la nécessité de garanties fermes de la part de toutes les parties, y compris Israël, pour protéger le personnel de l’ONU et ses installations.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni en session d’urgence le 31 mars 2026 pour examiner la situation dramatique au Liban, confronté à une escalade militaire intense entre le Hezbollah et Israël, ainsi qu’à une crise humanitaire sans précédent. La réunion, convoquée par la France, a rassemblé les représentants des États membres, les représentants du Liban, d’Israël, de l’Indonésie et de la Pologne, pour faire le point sur la situation et coordonner la réponse internationale.Escalade militaire et dangers pour la FinulLe sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix Jean-Pierre Lacroix a décrit la situation comme « dangereusement détériorée » et a détaillé les déplacements des Forces israéliennes jusqu’à onze kilomètres au nord de la Ligne bleue, dans des...
commentaires (2)

Please tell me something I don’t know. C’est très joli tout ça, et après, la millième enquête, condamnation, on rouspète on se félicite, pendant ce temps, 1 million de déplacés y des crimes de guerre tout les jours, sans aucune solution en vue. Bravo le gouvernement fantôme, bravo à Nabih Khamenei , mais surtout bravo à cet ambassadeur, mort de rire, ce jouant de la terre entière.

Antoine Chouery

08 h 20, le 01 avril 2026

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Commentaires (2)

  • Please tell me something I don’t know. C’est très joli tout ça, et après, la millième enquête, condamnation, on rouspète on se félicite, pendant ce temps, 1 million de déplacés y des crimes de guerre tout les jours, sans aucune solution en vue. Bravo le gouvernement fantôme, bravo à Nabih Khamenei , mais surtout bravo à cet ambassadeur, mort de rire, ce jouant de la terre entière.

    Antoine Chouery

    08 h 20, le 01 avril 2026

  • Tour de Babel

    Moi

    20 h 37, le 31 mars 2026

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