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Politique - guerre au liban 2026

Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, confirme Katz

Des frappes ont particulièrement visé la région de Tyr, ainsi qu'une station d'épuration de Marjeyoun. La banlieue sud de Beyrouth bombardée à deux reprises mardi.

Un soldat de l'armée israélienne se tient debout sur un char Merkava déployé dans le nord d'Israël, près de la frontière libanaise, le 9 mars 2026. Photo Jalaa MAREY / AFP

Le ministre israélien de la Défense Israel Katz a confirmé mardi que l'armée israélienne continuera d'occuper le sud du Litani, le fleuve qui coule à une trentaine de kilomètres au nord du point le plus méridional du Liban, après la guerre et l'invasion du Liban-Sud, au cours desquelles toutes les habitations des villages frontaliers seront démolies. Cette déclaration a été lancée alors qu'Israël continue de bombarder le sud comme le nord du Litani, où elle a visé au cours de la journée de mardi une station d'épuration d'eau dans la région de Marjeyoun, tout en continuant à tenter d'avancer sur différents axes de la bande frontalière.

Dans une vidéo publiée par son bureau, M. Katz a déclaré qu'après les « opérations » de l'armée israélienne au Liban-Sud, celle-ci restera déployée dans une « zone de sécurité afin de se défendre contre les missiles antichars et de maintenir un contrôle sécuritaire de la zone située au sud du fleuve Litani »,. Il a réitéré qu’Israël va « démolir toutes les maisons dans les villages libanais proches de la frontière israélienne, comme à Rafah et à Beit Hanoun » dans la bande de Gaza, de façon à « éliminer de manière permanente les menaces à proximité de la frontière » pour les habitants du nord d’Israël. Il a ajouté que les plus de 600 000 résidents libanais déplacés du Liban-Sud par les attaques et menaces israéliennes « ne seront pas autorisés à retourner » dans cette région « tant que la sécurité et la sûreté des habitants du Nord ne seront pas garanties ».

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais. Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses « vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire » et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire. De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé, dans une publication en hommage à quatre soldats tués au combat au Liban-Sud, qu'Israël « continuera de frapper ses ennemis avec force afin d’assurer la sécurité des habitants du Nord et de tous les citoyens d’Israël ».

Combats à Aïnata près de Bint Jbeil

Pour établir cette « zone tampon », l'armée israélienne effectue des poussées en territoire libanais sur trois axes différents, dans l'ouest, où elle a pris Bayada, sur le littoral au sud de Tyr, dans le centre, où elle tente d'encercler Bint Jbeil et où le bruit des combats a été notamment entendu au niveau du village voisin d'Aïnata, et à l'est, où les affrontements au sol ont opposé dernièrement les soldats israéliens au Hezbollah au niveau de Qantara, Taybé et Deir Seriane, où des maisons ont été dynamitées.

C'est dans le centre de la bande frontalière que quatre soldats israéliens ont été tués au combat, comme l'a annoncé mardi l'armée israélienne, qui a fait état de tirs en leur direction. Le journal Maariv a précisé que cet incident était survenu au niveau de Beit Lif, à l'ouest de Bint Jbeil. Outre les combats près d'Aïnata, des sources de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, ont indiqué que des véhicules israéliens auraient été détruits par le parti-milice à Khiam, dans le caza de Marjeyoun.

C'est dans cette région que des membres de la Défense civile ont été hospitalisés, après avoir inhalé une substance au chlore lors de l’évacuation de blessés. Leur opération avait été menée après une frappe sur la station d'épuration de Marj el-Khoukh, selon notre correspondant. L'aviation et l'artillerie israéliennes ont en outre poursuivi leurs tirs et bombardements tout au long de la journée, visant notamment avec force la région de Tyr. Une fourgonnette y a été visée sur la route de Qasmiyé, au nord de la ville, faisant deux morts, selon les informations préliminaires de notre correspondant. Srifa a également été lourdement visée, ainsi que Mansouri, où un drone a, entre autres attaques, largué une bombe devant le centre de la Mission islamique (Rissala), liée au mouvement chiite Amal, à Mansouri Qlaylé, et la route menant du village désormais occupé de Bayada jusqu'à Amiriyé, où des soldats libanais ont été tués lundi dans une frappe.

La localité de Bint Jbeil a été frappée à plusieurs reprises, tout comme de nombreux sites environnants, notamment Aïta el-Chaab ou Baraachit. Dans le caza de Nabatiyé, au nord du Litani, un raid aérien a visé la zone dite de Ali Taher, située à la périphérie nord de Nabatiyé el-Faouqa et qui a connu de nombreuses séries d'attaques même pendant le cessez-le-feu, tandis qu'un raid sur Jebchit a fait deux morts : une femme, Alaa Hamad, qui était enceinte, et son mari, Akram Ibrahim.

Par ailleurs, l'armée libanaise a entamé son retrait de plusieurs villages du Sud, notamment les localités chrétiennes de Debel, Aïn Ebel et Rmeich, ainsi que de Baraachit, Tiri et Beit Yahoun dans le caza de Bint Jbeil. Une décision décriée par les élus locaux et la population.

Frappes sur la banlieue sud de Beyrouth

La banlieue sud de Beyrouth a également été bombardée mardi par Israël, qui a mené un raid sur un bâtiment de la zone de Bir el-Abed, dans le quartier de Haret Hreik, moins de 20 minutes après que l'armée israélienne avait réitéré son avis d'évacuation forcée des habitants de sept quartiers. Peu après, c'est un bâtiment du quartier de Ghobeiry, aussi dans la banlieue sud, qui a fait l'objet de menaces avant d'être frappé. Ce bâtiment est situé sur l'autoroute menant à l'Aéroport international de Beyrouth et a été décrit par le porte-parole de l'armée israélienne comme une « installation appartenant au Hezbollah ».

Frappe à Dékouané

Dans l'après-midi, une frappe a visé une aire de parking où sont entreposées des voitures neuves dans le quartier de Dekouané. Assaad Dagher Hayek, concessionnaire et PDG du groupe Dagher Hayek, dont l’aire de parking a été visée par la frappe a indiqué à L’Orient-Le Jour qu’aucune personne n’avait été blessée. « Nous n’avons aucune idée de la raison pour laquelle nous avons été ciblés. C’est un dépôt. Il y a des caméras et des gardiens, qui n’ont rien remarqué de suspect. Pour l’instant, nous ne savons rien. Nous sommes en train de constater les dégâts », a-t-il déclaré. La frappe a eu lieu sans avertissement dans ce quartier jusque-là épargné par la guerre entre le Hezbollah et Israël.




Le ministre israélien de la Défense Israel Katz a confirmé mardi que l'armée israélienne continuera d'occuper le sud du Litani, le fleuve qui coule à une trentaine de kilomètres au nord du point le plus méridional du Liban, après la guerre et l'invasion du Liban-Sud, au cours desquelles toutes les habitations des villages frontaliers seront démolies. Cette déclaration a été lancée alors qu'Israël continue de bombarder le sud comme le nord du Litani, où elle a visé au cours de la journée de mardi une station d'épuration d'eau dans la région de Marjeyoun, tout en continuant à tenter d'avancer sur différents axes de la bande frontalière.Dans une vidéo publiée par son bureau, M. Katz a déclaré qu'après les « opérations » de l'armée israélienne au Liban-Sud, celle-ci restera...
commentaires (3)

Et voilà! C'était prévu, et ce n'est pas fini. Israël présente une facture de plus en plus lourde pour l'arrêt des combats. Des dizaines de villages entièrement détruits, le Sud du pays occupé définitivement, le quart de la population déplacée, sans aucun espoir de retour. Tout cela n'est rien, pour le tandem Aoun Haykal, devant le risque de confrontation avec la milice iranienne. Faut-il le répéter: "Ne pas savoir risquer, c'est cesser d'être un chef". Le Liban a, désespérément besoin d'un CHEF. Où donc est-tu, Béchir?

Yves Prevost

08 h 27, le 01 avril 2026

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Commentaires (3)

  • Et voilà! C'était prévu, et ce n'est pas fini. Israël présente une facture de plus en plus lourde pour l'arrêt des combats. Des dizaines de villages entièrement détruits, le Sud du pays occupé définitivement, le quart de la population déplacée, sans aucun espoir de retour. Tout cela n'est rien, pour le tandem Aoun Haykal, devant le risque de confrontation avec la milice iranienne. Faut-il le répéter: "Ne pas savoir risquer, c'est cesser d'être un chef". Le Liban a, désespérément besoin d'un CHEF. Où donc est-tu, Béchir?

    Yves Prevost

    08 h 27, le 01 avril 2026

  • La milice savait très bien que s’attaquer au voisin une fois pour le hamas et une seconde pour venger un mort iranien, allait attirer sur nous tous ces malheurs gratuits. Ces écervelés promettaient d’occuper Israël et les barbus sectaires de le rayer de la carte. Tous deux savaient de quoi est capable ce criminel de natenyahu une fois attaqué. Pour la ènième fois on doit ramasser ce qui reste de notre pays. Il faut traiter la cause, pas pleurer les effets.

    NG

    07 h 13, le 01 avril 2026

  • Si les Israeliens s'immaginent qu'il leur sera facile d'occuper le liban sud, ils en seront pour leur frais. Etre oppose au Hezb parcequ'il nous a entraine dans une guerre illegitime au service des mollahs Iraniens n'est pas un motif suffisant pour tolerer l'occupation. Les Libanais, de toutes confessions et de tous les bords politiques, ont une longue et amere experience des guerrilas sous toutes leurs formes. A bon entendeur, salut MM. Netanyahu, Katz, Smotrich, Ben Kafir et autres fanatiques.

    Michel Trad

    22 h 24, le 31 mars 2026

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