Un homme tient les portraits des journalistes Ali Choeib et Fatima Ftouni à Beyrouth, le 28 mars 2026 ; tous deux ont été tués le même jour à Jezzine lorsque leur véhicule a été touché par une frappe aérienne israélienne. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
L'armée israélienne a confirmé lundi avoir tué un deuxième journaliste lors d'une frappe menée ce week-end au Liban, le vidéaste Mohammad Ftouni, le présentant comme un membre du Hezbollah, sans toutefois fournir de preuves à l'appui. Une source militaire libanaise avait indiqué samedi à l'AFP qu'Ali Choeib, de la chaîne al-Manar, affiliée au Hezbollah, ainsi que Fatima Ftouni, de la chaîne al-Mayadeen, proche du mouvement chiite, et son frère Mohammad Ftouni, caméraman, avaient été tués dans une frappe ayant visé leur véhicule dans la région de Jezzine au Liban-Sud.
L'armée israélienne avait indiqué dans la foulée avoir tué « dans une frappe ciblée » Ali Choeib, le qualifiant de « terroriste de l'unité de renseignement de la force al-Radwane » opérant « sous le couvert d'un journaliste ». Elle a indiqué lundi que Mohammad Ftouni avait également été tué dans la même frappe, le décrivant comme « un autre terroriste de la branche militaire du Hezbollah, qui opérait également sous le couvert d'un journaliste ». L'armée n'a fourni aucune preuve à l'appui de ces allégations pour les deux hommes. Contactée par l'AFP à ce sujet, elle a déclaré: « Ce que nous avons est ce que nous pouvons affirmer. » « Nous soulignons que l'armée israélienne dirige ses frappes contre des terroristes, et non contre des journalistes », a-t-elle ajouté.
Correspondant chevronné d'al-Manar, Ali Choeib couvrait depuis des décennies les conflits et la vie politique au Liban. Dans son communiqué, l'armée a également indiqué avoir « pris connaissance d'informations » selon lesquelles « une autre journaliste qui se trouvait avec les terroristes » aurait été tuée dans la frappe. Elle a en outre affirmé que deux autres membres présumés du Hezbollah, « qui étaient déguisés en secouristes et opéraient près d'une ambulance », avaient été touchés par la frappe après s'être approchés de la zone.
Depuis le début des affrontements entre Israël et le Hezbollah en 2023, auxquels un cessez-le-feu conclu en novembre 2024 a tenté de mettre un terme, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a recensé au moins onze journalistes et professionnels des médias libanais tués par Israël. Dans la bande de Gaza, ravagée par plus de deux ans de guerre entre Israël et le Hamas, 210 journalistes et professionnels des médias palestiniens ont été tués par l'armée israélienne, selon le CPJ.
Le Hezbollah est entré le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué à Téhéran. Israël a riposté par des frappes aériennes de grande ampleur à travers le Liban et une offensive terrestre dans le sud. Selon les autorités libanaises, plus de 1.180 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre. Cinq soldats israéliens ont été tués dans des combats dans le sud du Liban, selon l'armée.



On se demande de quel côté se trouvent les terroristes...
16 h 01, le 31 mars 2026