L'ambassadeur d'Iran au Liban, Mohammad Reza Shibani (à g.), serre la main du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, mercredi 25 février 2026. Photo publiée sur le compte X de l'ambassade iranienne à Beyrouth/@IranEmbassyLB
Le mouvement Amal, allié politique du Hezbollah, a appelé mercredi l'État libanais à revenir sur sa décision historique de la veille de retirer l’accréditation de l’ambassadeur iranien, Mohammad Reza Shibani, et lui demander de quitter le territoire au plus tard dimanche, pour « éviter au pays de sombrer dans une crise politique et nationale. »
« La phase nationale critique impose à tous, en particulier aux responsables, d’œuvrer au renforcement des liens d’unité et de solidarité nationales face à l’agression israélienne », a souligné le mouvement dirigé le président du Parlement, Nabih Berry dans un communiqué.
Rejetée par le Hezbollah, le mouvement Amal et le Conseil supérieur islamique chiite, la décision de l'État d'expulser l'ambassadeur iranien constitue par ailleurs le défi officiel le plus important lancé par le Liban à Téhéran depuis des années.
Cette mesure intervient à l'heure où l'État libanais tente de se distancier autant que possible de l'Iran et des gardiens de la révolution, afin de se tenir à l'écart de la guerre opposant l'Iran et le Hezbollah aux États-Unis et à Israël. Elle intervient également au lendemain d'une frappe ciblée israélienne à Hazmieh, une banlieue de Beyrouth, visant un membre « de la force al-Qods » des gardiens de la révolution iraniens, son unité d'élite, selon les affirmations de l'armée israélienne. Début mars, le gouvernement libanais avait déjà interdit toute activité des Gardiens iraniens au Liban et considéré les activités militaires du Hezbollah comme illégales.
Dans son communiqué, la diplomatie libanaise avait précisé que cette décision concernait l'ambassadeur lui-même, et ne constituait pas une rupture des relations diplomatiques. Les lettres de créance de Mohammad Reza Shibani avaient déjà été acceptées, après l'arrivée du diplomate à Beyrouth le 26 février, deux jours avant le début de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Il n'avait cependant pas encore pris rendez-vous avec le ministre Raggi. Mohammad Reza Shibani avait déjà occupé le poste d'ambassadeur iranien au Liban entre 2005 et 2009, puis celui en Syrie de 2011 à 2016.

