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Moyen-Orient - frappes contre l'iran

Trump change de ton : il annonce des « négociations » et suspend toute frappe contre des infrastructures iraniennes

L’agence de presse iranienne Fars, citant une source, affirme qu’il n’y a aucune communication « directe ni indirecte » avec Washington.

Le président américain Donald Trump enlaçant Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, au Parlement israélien à Jérusalem, le 13 octobre 2025. Photo REUTERS/Evelyn Hockstein/Pool/File Photo

Coup de théâtre... cette fois-ci diplomatique. Donald Trump a fait état lundi de « très bonnes et productives discussions pour une cessation totale » des hostilités, provoquant le soulagement des marchés après trois semaines de guerre au Moyen-Orient. Ni Washington ni Téhéran n'avaient ces derniers jours évoqué publiquement de négociations bilatérales. Après un premier démenti, l'Iran a reconnu avoir reçu des « messages transmettant une demande américaine de négociations visant à mettre fin à la guerre », par des pays tiers.

Israël a également été pris par surprise. Des responsables israéliens ont déclaré que les propos de M. Trump les avaient surpris, « tant par leur calendrier que par leur fermeté », rapporte le journal israélien Haaretz. En soirée, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a indiqué avoir discuté dans la journée avec le président Trump, affirmant que ce dernier « estime qu'il y a une chance de tirer parti des formidables succès (militaires israéliens et américains) afin de réaliser les objectifs de la guerre dans le cadre d'un accord qui préservera nos intérêts vitaux ». « Parallèlement, nous continuons à frapper à la fois en Iran et au Liban », a encore dit M. Netanyahu dans un court message vidéo diffusé par son bureau, ajoutant: « nous protégerons nos intérêts vitaux en toute circonstance. »

Des responsables israéliens ont affirmé que les États-Unis et Israël s’abstiendraient de frapper les infrastructures civiles en Iran afin de permettre la poursuite des négociations, et qu’une éventuelle rencontre à Islamabad, au Pakistan, pourrait avoir lieu dès cette semaine, selon le Haaretz.

Report des frappes

Un responsable israélien a déclaré au site d'information Axios lundi que les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner s'étaient entretenus avec le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. Mais l'intéressé a annoncé lui-même lundi qu'il n'y avait « pas de négociations » avec les États-Unis. « De fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les Etats-Unis et Israël sont enlisés », a déclaré M. Ghalibaf. Le ministère iranien des Affaires étrangères a également nié « toute négociation avec les Etats-Unis au cours des 24 derniers jours de cette guerre imposée ». En revanche, il a reconnu avoir reçu ces derniers jours, « par l'intermédiaire de certains pays amis », des « messages transmettant une demande américaine de négociations visant à mettre fin à la guerre ». Parmi ces pays, médiateurs potentiels, pourraient figurer le Qatar, l'Égypte et le Pakistan, selon des informations de presse.

Les marchés ont immédiatement montré leur soulagement. Le pétrole a dégringolé de plus de 10% et les Bourses européennes sont reparties dans le vert (Paris +2,45%, Francfort +3,24%, Londres +0,52%).

Utilisant comme à l'accoutumée son réseau Truth social, Donald Trump a précisé que ces discussions « continueraient cette semaine ». Le président américain a aussi fait part d'un report « de cinq jours » de toute frappe sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran. Les déclarations du président américain semblent suspendre un risque dangereux d'escalade, alors qu'il avait fixé à 23H44 GMT un ultimatum exigeant de l'Iran qu'il rouvre le détroit d'Ormuz. A défaut, il menaçait « d'anéantir » le réseau électrique iranien. Le réseau du pays dispose de plus de 90 centrales, dont certaines situées sur le Golfe. Il est exploité via un système décentralisé, avec de multiples sites de production et des centaines de postes à travers le territoire.

Plus tard dans la journée, Donald Trump a de nouveau fait part en soirée de son optimiste quant à l'éventualité de trouver un accord avec l’Iran. « Nous négocions (avec l’Iran) depuis longtemps, et cette fois, ils sont sérieux », a-t-il dit, lors d’un événement dans le Tennessee. Il a réitéré que les discussions en cours avec l’Iran « se déroulent très bien ». « Ils veulent la paix. Ils acceptent de ne pas posséder d’arme nucléaire, etc., etc., mais nous verrons. » « Je dirais qu’il y a de très bonnes chances » de parvenir à un accord, a poursuivi M. Trump. « Nous nous donnons cinq jours, puis nous verrons où cela nous mène… Je pense que cela pourrait très bien déboucher sur un très bon accord pour tout le monde, aussi bon que si nous allions jusqu’au bout et que nous anéantissions littéralement l’endroit », a-t-il conclu.

L’agence de presse iranienne Fars, citant une source, a d'abord affirmé qu’il n’y avait aucune communication directe ni indirecte avec les Etats‑unis. Fars a également indiqué que Donald Trump est revenu sur sa décision de cibler les centrales électriques iraniennes après les menaces de l’Iran de riposter en visant des centrales électriques dans la région. Selon l'agence iranienne Mehr, citant le ministère iranien des Affaires étrangères, « des initiatives existent » visant à réduire les tensions entre Washington et Téhéran, mais l'Iran « n'a pas initié la guerre » et les Etats-Unis doivent donc être le principal « interlocuteur ». Selon le ministère, les propos de Donald Trump visent à faire baisser les prix de l'énergie et à « gagner du temps pour ses plans militaires. »

Le bras de fer stratégique de la guerre se concentre, encore et toujours, autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures que l'Iran bloque depuis le début du conflit le 28 février. En réponse à l'ultimatum de Donald Trump, le conseil de défense iranien promettait que toute attaque des côtes ou îles iraniennes conduirait à ce que « les voies d'accès et les lignes de communication dans le Golfe persique et les zones côtières soient minées ». Téhéran menaçait également de fermer complètement le détroit et de cibler « toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau appartenant aux Etats-Unis », a prévenu l'armée iranienne, selon l'agence Fars. De leur côté, les médias d'Etat publiaient lundi des listes de cibles potentielles au Moyen-Orient. Le site Mizan Online, un organe du pouvoir judiciaire iranien, a diffusé une infographie montrant parmi elles les deux principales centrales électriques d'Israël, Orot Rabin et Rutenberg.

Le coup de « poker » iranien

Lundi, le directeur de l'AIE, Fatih Birol, a estimé que le monde avait « perdu 11 millions de barils par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies » des années 1970. Il a prévenu que la guerre au Moyen-Orient pourrait provoquer la plus grave crise énergétique mondiale de ces dernières décennies. Dans les faits, le transit de marchandises dans le détroit d'Ormuz s'est effondré de 95% depuis le début de la guerre, selon la société d'analyse Kpler. Seul un petit nombre de cargos et de pétroliers ont réussi à le franchir. Or, d'ordinaire, 20% de la production mondiale d'hydrocarbures y transite. « Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise si elle continue dans cette voie », a ajouté le chef de l'AIE.

Nombre de sites énergétiques des pays de la région sont sous le feu de l'Iran. D'après Fatih Birol, au moins 40 infrastructures énergétiques ont été « gravement ou très gravement endommagées » dans neuf pays, depuis le début de l'offensive américano-israélienne.

40 sites énergétiques touchés

Moscou a pour sa part fait état d'un entretien téléphonique entre les chefs de la diplomatie russe et iranienne, Sergueï Lavrov et Abbas Araghchi, après les discussions irano-américaines. « La partie russe a souligné la nécessité d'un arrêt immédiat des hostilités et d'un règlement politique », a indiqué Moscou.

Tôt lundi, l'armée israélienne a annoncé mener « une large vague d'attaques » à Téhéran, où des agences iraniennes ont signalé des explosions. D'après Fars, les frappes ont touché le nord, le centre, l'est et l'ouest de la capitale. Des explosions ont retenti lundi en début d'après-midi à Téhéran, a constaté un journaliste de l'AFP, sans pouvoir dire ce qui en était la ou les cibles. Elles ont été ressenties dans le centre de la capitale, faisant trembler les fenêtres du quartier. La nuit a aussi été le théâtre d'attaques aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et en Arabie saoudite.

Coup de théâtre... cette fois-ci diplomatique. Donald Trump a fait état lundi de « très bonnes et productives discussions pour une cessation totale » des hostilités, provoquant le soulagement des marchés après trois semaines de guerre au Moyen-Orient. Ni Washington ni Téhéran n'avaient ces derniers jours évoqué publiquement de négociations bilatérales. Après un premier démenti, l'Iran a reconnu avoir reçu des « messages transmettant une demande américaine de négociations visant à mettre fin à la guerre », par des pays tiers.Israël a également été pris par surprise. Des responsables israéliens ont déclaré que les propos de M. Trump les avaient surpris, « tant par leur calendrier que par leur fermeté », rapporte le journal israélien Haaretz. En soirée, le Premier ministre israélien, Benjamin...
commentaires (2)

Trump a beau dire que la guerre va se terminer personne n’y croit plus. En fait c’est tout une manipulation pour mettre les marches du pétrole dans le calme en attendant de repasser par les opérations militaires. L’Iran le sait d’ores et déjà et se prépare à la prochaine phase en menaçant de frapper très fort en représailles.

PT

20 h 20, le 23 mars 2026

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Commentaires (2)

  • Trump a beau dire que la guerre va se terminer personne n’y croit plus. En fait c’est tout une manipulation pour mettre les marches du pétrole dans le calme en attendant de repasser par les opérations militaires. L’Iran le sait d’ores et déjà et se prépare à la prochaine phase en menaçant de frapper très fort en représailles.

    PT

    20 h 20, le 23 mars 2026

  • A lui seul TRUMP fait son ONE MAN SHOW pour juguler et contrôler les marchés et la bourse. La seule différence avec les "one man show traditionnels" c'est que le Show de TRUMP c'est de l'improvisation continue sans base, sans queue et ni tête...

    LE FRANCOPHONE

    18 h 22, le 23 mars 2026

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